ARTICLE IL - ERMITAGES
Notre-Dame de Bailly, paroisse de Chaource, sous le vocable de T Annonciation, fondé par Marie Périnot, veuve de Jean Tuel, en i359 et habité au xvni« siècle par des ermites du diocèse ; il y avait une chapelle, une maison et un jardin fort convenables (4).
(i)R.L., t. lU. p. aia.
(a) B. G. a3, XXIII — a4o. Lalore a écrit la Brelonnière au lieu de la Bretonnerie (Liste des prieurés, etc. p. la).
(4) Get ermitage ne fut fondé que vers i4i4« diaprés VEiat de la paroisse de Chaource, p. 10.
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Labraux, paroisse de Chavaages : Temiite ayaot été assassiné, la fabrique de Téglise paroissiale jouissait des biens et disposait de la chapelle.
Lb Haybr. paroisse de Ghennegy, ordre de Saint- Augustin, fondé au xiv« siècle, réani au Petit-Séiiiinaire de Troyes. Les ermites vivant en 1790 étaient Jaeques Liger, dit frère Saint-Gabriel.néà Auxerre,le3o juin 1710, Camille-Séraphin Lemarchant et Laurent-François Gérard, dit frère Saint-Jean, né à Vitry-le-François le 19 août 1737. Ils recevaient du Petit-Séminaire 36o livres de pension et 60 livres pour indemnité de logement.
Saintb-Annb à Cunfln, ermitage joint à la chapelle Sainte-Anne, fondé en 1076 par Simon de Valois et habité jusqu'au milieu du xviii* siècle.
Saint-Hilarion à Ervy, fondé en 1610. Deux frères, nés à ChAteau-du- Loir, revenaient d'un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette et à l{ome, lorsque, voulant se retirer du monde et consacrer le reste de leur vie au service unique de Dieu dans uu lieu solitaire, ils consultèrent un jésuite de Nevers. Celui-ci les recomnianda à sa pénitente Catherine de Lorraine, fille du duc de Mayenne et duchesse de Nevers. En se rendant à Reims 011 se trouvait alors la duchesse, ils passèrent à Ervy où le bailli, M. Baillot, les accueillit favorablement. La duchesse lui enjoignit de choisir un lieu pour fonder un ermitage et donna le bois pour la construction de la chapelle.
Les biens de cet ermitage comprenaient au xviii« siècle, outre les bâtiments et la chapelle, des terres, vignes, prés, situés à Krvy et à Montfey et loués 160 livres par an. En 1^53, cet ermitage avait pour titulaire un prêtre habitué, principal du collège (i), qui en retirait aoo livres.
SAiNTE-VALDEBURGEà Lignières, le titulaire était Claude Lambert ; il n'était pas prêtre 'a).
(1) Arch.. C. ai39.
(2) II. L., t. I., p. 3a6, a écrit Sainte Valbarge.
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Saint-Maur à Lignol, habité an xviii« siècle par des ermites de la congrégation réformée de Saint- Jean-Baptiste. Ils y avaient leur chapelle particulière avec un noviciat. Ils étaient chargés de balayer et d*entretenir Téglise du prieuré de Belroy, situé dans le voisinage.
Saint-Antoine, à Magnant (i); titulaire Nicolas Brion, dit frère Charles, né le 3i septembre 1 780 ; il avait lait son noviciat à la solitude de Saint-Maur et reçu son obédience de Tévéque de Langres le 3i juillet 1764.
Saint-Rogh, à MaroUes-sous-Lignières, appartenant â la congrégation des ermites de Saint-Jean-Baptiste.
Saint-Yorlbs, à MaroUes-sous-Lignières» but d*un pèlerinage autrefois très fréquenté.
Saint-Hubbrt, au nord de Mussy-sur-Seine, établi en 1728 et supprimé en 174^.
Notrb-Dame du Touan (oudeTouhans ou de Thouàn),à Ricey-Bas (q), construit par M. Vignier en 1624 ; le Père Hilarion. dernier ermite, fut noyé dans la Laignes par un jeune homme qu*il avait élevé.
Saint-Bouin, à Saint-Mards, depuis longtemps détruit.
Notrb-Dame de Recouvrange, à Turgy ; la chapelle, dite des Gaudichots, fut uuie à la cure en 1690 et les b&titiments, cédés par le seigneur du lieu aux ermites de Notre-Dame de Grâce (3).
ARTICLE m. — GOMMANDERIES
Le diocèse de Troyes renfermait une commauderie dont toutes les maisons étaient situées dans le département de
(i) Bt non à Thieffrain. comme Tindiqae le Dictionn, topog. de VAube, p. i4o.
(a) Le bois de Thouan est sur BalnoUsar-Laignes, d'après le Dictionn topog., p. 160, qui, p. ii3, place le prieuré sur Ricey-Ba».
(3) D'aprè» la Revae Catholique de Troyes, année 1901, p. 388, il y aurait eu à Arrelies un ermitage attenant à la chapelle de Sèche- Fontaine; il n*existait plus depuis longtemps à la Révolution*
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TAube actuel et, de plus, quelques maisons appartenant à des commanderies des diocèses voisins.
L^ordre du Temple, moins ancien que celui de THôpital de Saint-Jean de Jérusalem, fut fondé en 1118 à Jémsalem par plusieurs seigneurs qui s'étaient croisés. Quelques-uns de ces pieux fondateurs, entre autres Hugues de Payns. de la maison des comtes de Champagne, vinrent en iiaS au concile de Troyes pour soumettre aux prélats assemblés les statuts du nouvel institut. Après en avoir obtenu Tapprobation, gr&ce à l'appui de saint Bernard, ils se rendirent à Home auprès du pape Honorins II, qui leur en accorda la confirmation ; puis ils revinrent en France où ils séjournèrent quelque temps pour enrôler sous leur bannière un grand nombre de chevaliers. C'est alors qu*en témoignage de tout l'intérêt et de tout rattachement qu'il portait à l'ordre, Hugues lui fit don de sa terre de Payns. Cette donation eut pour conséquence la fondation de la couimanderie de Payns, la première que les Templiers créèrent en France. D'autres commanderies prirent naissance dans la suite, mais quelques-unes furent réunies ensemble, de sorte qu'au moment de la Kévolution leur nombre se trouvait sensiblement diminué.
Chaque commanderie payait au trésor de Tordre une contribution annuelle qu'on appelait responsion et qui variait selon sa classe et l'importance de ses revenus. Cette contribution était ordinairement le cinquième de ce que la commanderie rapportait.
Les revenus des prieurs, baillis et commandeurs, consistaient dans le produit des domaines, des droits féodaux et des dîmes. Indépendamment des responsions, la plupart des commanderies étaient grevées de pensions établies par le grand- maître au profit des novices de l'ordre (i) • reste de l'obligation imposée autrefois aux commandeurs
(i) Mémoires de l'ordre de Malte^ p. a6.
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de nourrir plusieurs chevaliers qui vivaient en commun avec eux.
L*ordre de Malte joignit, en 1775, à ses anciennes possessions en France, les biens de l'ordre de Saint*Antoine qui lui ont été réunis par deux bulles du pape Pie VI (i).
L'ordre de Malte était entièrement exempt de la juridiction ecclésiastique des évéques ; il percevait la dime, mais ne la payait pas.
Les terriers des commanderies devaient être renouvelés tous les cinq ans.
Ce fut le bailli de Crussol, député de la noblesse de Barsur-Seine, qui se Ût à T Assemblée nationale le défenseur de Tordre de Malte. Il prouva, dans la séance du 4 janvier 1790, qu*il était injuste de s'emparer des biens de l'ordre, à cause de son utilité générale, de son utilité particulière en France, de ses relations politiques avec les puissances de l'Europe et de la prépondérance que la France a toujours conservée dans ces relations : mais il eut beau montrer les inconvénients graves qui naîtraient de la rupture entre la France et la souveraineté de Malte. La suppression de Tordre fut décrétée sur la motion de Camus, député de Paris (a).
Le grand prieuré de France comptait, au moment de la Révolution, 53 commanderies, parmi lesquelles 'celle de Troyes. Le duc de Berry avait le titre de grand prieur depuis 1789 (3).
(i) Jacques Fraoçois Le Bâcle d'Argenteuil, chevalier, grand-croix de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, mestre de camp de cavalerie, commandeur de Saint-Mauvis, procoreur {général de rordre.commissaire de l'ordre de Malte, avait pris le 18 jaillet 1777 possession de la maîtrise spirituelle de Saint- Antoine de Troyes par son fondé de pouvoirs Jean- Charles- Louis de Mesgrrigny» chevalier profès de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Saint-Etienne de Renneville, capitaine au régiment du roi.
(a)A. P.,t,Xl,p.89.
(3) Mannier, Les Commanderies da grand prieuré de France, t. 1, p. xxxvi.
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L origine de la commanderic de Troyes est la donation faite à Tordre par Raonl le Gros de la terre de Preise avec la maison, les prés et les vignes en dépendant. D'autres libéralités et plusieurs acquisitions augmentèrent ce domaine. Mais au xviii* siècle, il ne restait à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem que trois maisons : la commanderiez dans la rue du Temple, avec sa petite église dédiée à Sainl-Jean-Baptiste, une maison à trente pas de cette commanderic et Thôtel du Sauvage. Le domaine de Preixese trouvait réduit à une trentaine d arpents de terre.
Le revenu de la maison de Troyes était, en 178a, de Q.640 livres. Au xiv® siècle, les hospitaliers en prenant possessession des biens du Temple, avaient réuni à la commanderie de Troyes, celle de Payns qui en était voisine. Au siècle suivant, celles deBeaulicu, d'Orient et de Rosnay en partie, y furent aussi réunies. Vers la même époque on y adjoignit la commanderie de Goulours, celle de Barbonne, de la ChapcUe-Lassonet Thùpital du Perchois-Saint-Phal. En 1598, la commauderie de Saint-Jean de Latran.à Paris, fat substituée à celle de Troyes, comme chambre prieurale, et la commauderie de Goulours fut rétablie. Dès lors la commanderic de Troyes ne comprit plus que les dépen* dances dont nous allons parler.
ioSancey-Saint-Juijen, fondé vers i2o5. La maison était située près de Téglise. 11 en dépendait auxviii* siècle 45 arpents de terre arable et 65 arpents de pré, le tout adcriné avec les dimes, cens et droits seigneuriaux, a. 000 livres en 1782.
•j' Mknois, sur la paroisse succursale de Rouilly Saint- Loup. Kl Le ne comprenait plus qu'une petite quantité de terres el de censives (i).
'5° Veuiukres. Le commandeur y avait toute justice et seigneurie ; la terre valait q.qoo livres en 1782. Le fief portait le nom de Villers, il remontait à Tannée 1209.
(1) On poiil en voir le détail dans Caulin. Quelques ieignenries, p. 44M4H.
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4<^ BouiLLY. Cette maison a^existait plus au xviii* siècle, mais les rentes des terres qui avaient été données à cens perpétuel se percevaient encore à la Révolution.
5^ Sbrrb, delà paroisse succursale de Montceaux. Le domaine comprenait une maison avec une chapelle sous le vocable de Saint- Jean-Baptiste ; i} était loué, en 17821, 3.000 livres.
6® Brrey, paroisse de Messon. Les terres, d'une contenance d'environ i3o arpents, étaient affermées, en 1757, a4o livres.
7* Payns. Les terres qui comprenaient 5oo arpents rapportaient, en 178a, a.aoo livres.
8p Bonlieu, paroisse de Piney. Les Templiers défrichèrent et mirent en culture une grande partie des bois qu'ils avaient reçus ou acquis et en formèrent des domaines qui dépendirent de la commandcrie de Bonlieu. C'était i) Maurepaire, paroisse de Piney. Cette ferme comprenait 400 arpents de terre en labour et prairie affermés en 1783 a. 100 livres.
a) La MiLLY, paroisse de Brevonnes ; le domaine avait 3oo arpents de labour et de pré loués, en 178:1, i.35o livres
3) La Picarde, paroisse de Géraudot ; elle contenait 160 arpents d'un revenu de 540 livres en 178!!.
4) La Loob-Lyonnb, appelée d abord la Loge-d'Orient, paroisse de Brevonnes : le revenu était en 178a de a.o5o livres.
A la Révolution on ne disait plus la messe à la chapelle de Bonlieu ; les terres du domaine comprenaient en 178a plus de 5oo arpents divisés en trois petites fermes louées 3.oo«> livres.
9<^ Orient. La maison de cette commanderie, appelée aussi l'Hopitau, était située au nord de la paroisse de Géraudot; elle n'existait plus à la Révolution, mais il y avait encore la chapelle dédiée à Saint- Jean-Baptiste où le curé de Géraudot disait la messe une fois par semaine.
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Cette chapelle, dite du comte Henri, possédait d'asseï belles sculptures qui sout aujourd'hui an musée de Troyes (i). Le revenu du domaine était en 178a de 9.3So livres. De plus il y avait plusieurs étan^ qui se louaient séparément.
10° Trouan-le-Grand. La maison n'existait plus en 178a; les 167 arpents de terre qui eoi dépendaient étaient avec la dlme et les droits seigneuriaux affermés 1.700 livres.
ii^" Chapelle-Vallon. La maison fut détruite pendant les guerres du xv* siècle ; les terres d*une contenance de 170 arpents étaient louées avec les revenus seigneuriaux :i6o livres en 178a.
i'j<* Arcis-sur-Aube. On voyait au xv« siècle sur le chemin d'Arcis à Villette une maison avec une chapelle nommée la Belle-Dame d'Arcis; c'était un ancien établissement du Temple. Il n'en restait au xviii< siècle qu'une soixantaine d'arpents de terre. Les Cordeliers disaient la messe dans la chapelle une fois par semaine moyennant: une rétribution de i5 livres par an.
i3° SivREY, paroisse d'Auxou. Ce domaine rapportait en 1783, 40ÛO livres ; auprès de la maison, il y avait une chapelle en bois, dédiée à Noire-Dame des Vertus
14'* Le Perchois, paroisse de Saint-Phal. Les terres qui en dépendaient comprenaient i.aSo arpents et rapportaient en 1782 5.000 livres. Le château et une chapelle entourés de fossés en faisaient partie.
ib'' Forêt-Chenu, paroisse de Saint-Phal. Le commandeur y avait, comme au Perchois, la haute, moyenne et basse justice. Le revenu était de 4^^ livres en 1789, le domaine comprenait 216 arpents de terre.
La coninianderie de Troyes avait un revenu total de 46.124 livres. Le commandeur nommé en 1789 était Pierre
(I) Les Templiers et leurs établissements dans la Champagne méHdionaley par Boatiot, p. 39.