‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 70 sur 201 · CHAPITRE DE SAINT-ÉTIBNNB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DE SAINT-ÉTIBNNB

Elle ne peat voir dans cet acte et dans rinterdiction aux juges légaux d*en connaître qu'une infraction aux lois et qu'une violation de la propriété, qui détruirait l'existence d'un grand nombre de citoyens, sans apporter de soulagement marqué dans les finances.

« La noblesse, en faisant cette réclamation, ne peut oublier que le palais dans lequel elle délibère fut celui de ses anciens souverains, que la mémoire des bienfaits dont ils ont comblé la province et la ville de Troyes les rend présents, en quelque sorte, à ses délibérations, et que ce sont eux qui la sollicitent de veiller à l'exécution de leurs dernières volontés. »

(( L'article L(I du cahier du clergé dit : « Le clergé du bailliage de Troyes, justement alarmé, ainsi que les autres ordres du même bailliage, sur ]e sort du (Chapitre Saint- Etienne de la dite ville, forme un vœu commun pour sa conservation et demande, en conséquence, que le roi soit supplié qu'il ne soit donné aucune suite à l'arrêt du conseil du ii mars 1787 pour la suppression des saintes chapelles du royaume ».

« Messieurs lesoificiers municipaux de Troyes peuventils, d'après ce vœu formel et général, balancer à réclamer la conservation de cette église et des monuments respectables qu'elle renfertnc ? Les municipalités des campagnes attendent que celle de Troyes leur en donne l'exemple pour l'imiter. Le sort de l'église de Saint-Urbain ne les intéresse pas moins, puisqu'elle est un gage de la piété et de l'illustration d'un de nos concitoyens.

« L'intérêt et l'honneur de la patrie leur en fait une loi ; et si, ce que nous ne pouvons croire, les efforts de Messieurs les officiers municipaux étaient vains, au moins ils pourront s'en faire le mérite qui passera à la postérité.

« Nous élevons la voix, et nous réclamons dans ces jours de deuil et ces églises et les restes précieux qu'elles renferment, dont les siècles qui se sont écoulés ne peuvent

278 SUPPRESSION DES CHAPfTRSS

nous séparer. C*est auprès de ces tombeaux sacrés où reposent en silence la grandeur et la bieniaisance, c'est à l'ombre de ces monuments que nos cœurs chercheront à se consoler des désastres et des ruines qui nous environnent de toutes parts; nous y contemplons toujours avec une nouvelle sensibilité et une admiration respectueuse Timage auguste de ces pères des peuples, de ces bienfaiteurs des malheureux, de ces héros qui joignirent la piété à la gloire, et qui conciliaient Thumble et sage philosophie qu éclaire la religion avec la science de gouverner les peuples, et de les rendre heureux. Les canonicats que ces églises renferment sont le patrimoine de nos enfants

« Messieurs les oiliciers municipaux sont priés de vouloir bien présenter ce vœu au district et au département de TAube, qui le feront parvenir à TAssemblée nationale, dont nous recevons les décrets avec soumission (i) >>.

Municipalité, district et Département furent sourds aux justes et sages réclamations des citoyens qui s'intéressaient à la conservation des monuments de la libéralité des comtes de Champagne. Il ne restait plus qu*à fixer le traitement et la pension des chanoines. Ils fournirent létat de leurs n* venus pour servir de base à la somme cjiii leur était due. Kn attendant qu'elle fftt arrêtée, ils reçurent une pension provisoire qui monta à 3.3oo livres 6 sous (3 deniers pour le doyen et à 2.S5o livres pour chacun des autres chanoines. Le doyen retirait à peu près la même somme des divers bénéfices dont il était titulaire. Son prieuré de Jussac valait à lui seul, plus de i.6aa livres. En y ajoutant les rentes que les curés de GilFaumont, de Verrièn*s et des Kssarts lui versaient chaque année, les redevances des receveurs du Chapitre et des hôpitaux, les censives qu'il prélevait sur plusieurs maisons dans la

(I) B. C. 2Î. xxxiu-a.V».

Page 1