‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 73 sur 201 · CHAPITRE DE SAINT-URBAIN S · texte numérisé non relu

CHAPITRE DE SAINT-URBAIN S

« Le laodi 8 novembre 1790, Messieurs de Ghallemaison, doyea, Missonnet, chantre, Léger, Tremet, Larmet, Dajot, Mocqueris, Duhaniet, Lerat, chanoines et moi, Dastrevigne, trésorier et greffier, tenant le troisième chapitre général et le chapitre ordinaire. Messieurs ont fait entrer les bas vicaires et le sonneur, et leur ont recommandé Tassiduité aux offices et au sonneur le soin de Téglise et des ornements.

« Messieurs assemblés extraordinairement, ayant été avertis par Monsieur le doyen qu'on Tavait pressenti qu*on devait venir au premier jour exécuter dans notre église les décrets de TAssemblée nationale, Messieurs, après avoir réfléchi sur leur triste situation, instruits que les décrets de TAsscmblée nationale pour l'extinction de tous les Chapitres eu France ont déjà été exécutés dans plusieurs endroits, ils doivent s^attendre très prochainement à éprouver le même sort, mais considérant, en premier lieu, que leur premier devoir est d'être les ambassadeurs du peuple auprès de Dieu, dont ils sont aussi chargés de lui porter les vœux, que, comme d'autres Moyses, ils doivent toujours lever les mains au ciel pour en attirer les bénédictions sur la terre, et que chaque chanoine, au moment de sou installation, s'est obligé, par serment, de rester fidèle au service des autels dans cette église et de remplir le devoir de la prière publique, dont aucune puissance sur la terre ne saurait le délier :

« Considérant, en second lieu, qu'Urbain IV, leur illustre fondateur, en bâtissaut sur le local de sa maison paternelle une église et en y dotant un Chapitre, son intention a été que le lieu de sa naissance fût consacré à Dieu, pour reconnaître tous les bienfaits dont il l'avait comblé pendant sa vie, pour y célébrer à perpétuité les saints mystères et un office canonial, que cette intention ne serait pas remplie, si le Chapitre était détruit et l'église démolie ou convertie en des usages profanes, ce qui serait

coQtraire aux décrets de T Assemblée, qui a déclaré qu'il serait pourvu à toutes les fondations ;

« Considérant, en troisième lieu, que TAssemblée nationale, en décrétant que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la nation,comme ayant été donnés par elle ou par des particuliers de cette nation à différentes églises et en ordonnant la vente, n'a pu comprendre dans son décret les biens qui viendraient d'une puissance étrangère qui en aurait gratifié une contrée particulière et se serait retenu une redevance annuelle pour preuve de la dépendance de cet établissement de cette souveraineté, que la dotation du Chapitre de Saint-Urbain n'a rien coûté à la nation et qu'il est entièrement fondé des trésors de l'église de Rome, qui s'est réservé une juridiction immédiate et une redevance annuelle d*une obolo d'or ; qu'on peut d'autant moins prêter cette intention à l'Assemblée nationale qu'elle a eu égard aux puissances étrangères qui ont des possessions en France et leur en a laissé la jouissance : ont unanimement arrêté de prendre tous les moyens honnêtes et légitimes pour pouvoir continuer leurs fonctions; qu'en conséquence, il serait présenté à l'Assemblée nationale un mémoire dans lequel seraient exposés, dans le plus grand jour, les moyens ci-dessus, que copie de ce mémoire serait dounéc à tous les ofliciers de la municipalité du district et dn départenieat, avec prière d'appuyer auprès de TAsseiublée nationale la justice de leur demaude ; mais si, malgré la justice et la force de ces moyens, l'Assemblée ne jugeait pas à propos de les exempter de la destruction générale, comme citoyens ils donneront l'exemple de la soumission à fautorité dans tout ce qui appartient au régime temporel, comme chrétiens, ils seront toujours inviolablement attachés à la religion catholique, apostolique et ronjaine ; comme prêtres et ministres du Seigneur, ils ne cesseront d'être les défenseurs de la discipline de l'Eglise ; et comme chanoines, ils se croiront toujours obligés à remplir les devoirs de leur état, jusqu'à ce que

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