‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 75 sur 201 · CHAPITRE DB SAINT-URBAIN · texte numérisé non relu

CHAPITRE DB SAINT-URBAIN

ticiilier que nous chérissons, qui a toujours eu une prédilection pour notre église, qu*elle peut dire la sienne, à la conservation de laquelle elle a marqué tant d'intérêt dans plusieurs circonstances où il a été question de la réunir à d*autres établissements, pour nos concitoyens auxquels les bienfaits temporels et spirituels que nous leur avons prodigués nous attachent si étroitement, heureux encore dans notre affliction, si elle ne pouvait jamais avoir d'autres «objets que nous-mêmes (i) ».

Tel est, pour ainsi dire, le testament de la collégiale de iit-Urbain. Après Tavoir annexé à son procès-verbal de suppression, Paupe ût observer aux chanoines qu'ils ne ;*ouvaient continuer l'office. Ils lui répondirent qu'ils se contenteraient de dire des messes basses. Puis le chantre et le fabricien accompagnèrent le . commissaire pour le récolement des objets inventoriés. Paupe nomma le sonneur gardien de ces objets. Avant de se retirer, les deux chanoines recommandèrent au sonneur de tinter seulement les messes basses (a). Ils ne pénétrèrent plus dans le chœur sur les portes duquel les scellés furent posés, non toutefois avant que le tabernacle du maltre-autel eût été transféré dans une des chapelles collatérales et la lampe éteinte et enlevée.

Cependant, tous ceux qui, dans la ville, s'intéressaient à la conservation de la collégiale et de la splendide église de Saint-Urbain, élevèrent la voix, comme ils l'avaient fait en faveur de Saint-Etienne et protestèrent contre la suppression du Chapitre, « gage, disaient les signataires de la pétition, de la piété et de l'illustration d'un de nos concitoyens. Si les efforts de MM. les ofliciers municipaux étaient vains, au moins ils pourront s'en faire le mérite qui passera à la postéi^ité. Nous élevons la ^^x, et nous réclamons dans ces jours de deuil et ces églises et les

(i) Arch., 10 G. 37.

(ajApch,, I Q. 3362.

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restes précieux qu'elles reoferment...; c*est à Tombrede ces monuments que nos cœurs chercheront à se consoler des désastres et des ruines qui nous environnent de toutes parts.... Les canonicats que ces églises renferment sont le patrimoine de nos enfants. Messieurs les officiers municipaux sont priés de vouloir bien présenter ce vœu au district et au département de l'Aube qui le feront parvenir à TAssemblée nationale dont nous recevons les décrets avec soumission ». Sigpié: les citoyens de la ville de Troyes (i).

Comme ceux de Saint-Pierre et de Saint-Etienne, les chanoines de Saint-Urbain se dispersèrent, et l'antique collégiale devint provisoirement un simple oratoire, fréquenté par quelques àines pieuses aimant à s'y recueillir en dehors des réunions civiques, mais où les accents de la prière publique ne retentirent plus de longtemps.

Chaque chanoine reçut une pension de i479 livres 3 sous 3 deniers, elle était proportionnelle au produit peu élevé des prébendes et des autres bénéfices. Depuis longtemps, la collégiale avait vu, en effet, ses ressources sensiblement diminuer. Le pouillé de 1761 lui assigne seulement 10.000 livres de revenu. Cependant, en 1790, différentes recettes donnèrent au Chapitre 27.416 livres, y compris les cousives levées sur plus de 83 maisons éparses dans trente-cinq rues de la ville. Aussi dès 1749. M**" Poncet de la Rivière avait-il formé le projet d'unir le Chapitre de Saiut-Urbaiu à celui de Saint-Pierre. Si ce projet n'aboutit pas, ce fut à cause de l'opposition qu'il rencontra de la part des chanoines de la cathédrale (a).

A la veille de la Révolution, les quatre vicaires ou officiers laïcs ne touchaient que 3i livres par mois chacun. Les douze prébendes valaient chacune 1.968 livres lo sous 4 deniers (3).

(i) B. C, a3, xxxiu-a55.

(a) Arch., G i3ii reg., fol. 374.

Ci) A. Babeau, Saint- Urbain, p. 66.

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