III. — Paroisses du diocèse
Des 377 curés du diocèse, 200 seulemeut ctaieut nommés par levêque ; les 177 autres étaieat désignés par des collateurs particuliers, en vertu de privilèges presque tous très anciens et se rattachant, le plus souvent, à Torigine môme et à la fondation de la paroisse. Six cures étaient à la nomination de Tévôque alternativement avec d'autres patrons, ce qui élève à tio6 le nombre des cures à la collation de révoque.
Dans larchi prêtre, l'évêque nommait à 9 cures sur 29 ; dans le grand doyenné, à i4 cures sur 4^ ; dans le doyenné de Villemaur, à i4 cures sur «23 ; dans le doyenné de Marigny, à 19 cures sur 33 ; dans le doyenné de Pont, k ai cures sur 3«j ; dans le doyenné de Sézanne, à 47 cures sur 74 ; dans le doyenné de Margcrie, à ao cures sur 4i ; dans le doyenné de Briennc, à 33 cures sur 55 ; dans le doyenné d'Arcis, à q3 cures sur 4a.
Pas une seule cure de la vilk n*était à la nomination de l'évoque.
Mais si le ciioix des curés par TévOque était limité, révoque était seigneur de plusieurs localités, telles que Aix-en-Othe, Saiut-Lyé, les Grandes-Chapelles, etc.
Aucun curé, aucun titulaire du second ordre, ne devait sa nomination à rintervention de TKtat, mais tantôt à Tévéque ou ù un abbé, tantôt à un coUateur indépendant, à un patron laïc, à un chapitre, à une commune, à un indultaire, et son revenu, grand ou petit, était sa propriété privée, le produit annuel d'une terre ou créance administrée par lui l't attachée à son oftice.
Libre vis-à-vis de l'Etat^ le clergé du second ordre était protégé dans son indépendance et sa stabilité contre l'arbitraire épiscopal par l'institution du concours, les droits conférés par les grades théologiques, Tattributiou des meilleures places aux plus savants, le recours au
LES FABRIQUAS XXI
tribunal diocésain en cas de disgprftce, le débat contradictoire par devant rofficialité, Tattache fixe par laquelle le curé titulaire une fois implanté dans sa paroisse s*y enracinait pour toute sa vie et se croyait lié à sa communauté locale, comme Jésus-Christ à T Eglise universelle, indissolublementy en vertu d'une sorte de mariage mystique.
Les Fabriques des églises étaient généralement mieux dotées qu'aujourd'hui. Les recettes de celle de Saint- Jean de Troyes, par exemple, furent pour 1791 de ia.329 livres 8 sous, et les dépenses de iq.Soq livres i3 sous La Fabrique donna 36Q livres, en 17B9, au curé pour l'acquit des fondations et des prières du carême, 0,60 livres pour l'entretien de l'école des Frères, ïi5o livres pour le traitement d'une sœur de Saint-Vincent de Paul. Le prêtre sacristain reçut 400 livres ; un prêtre habitue, aoo livres ; un autre prêtre habitué, 3o3 livres 10 sous, pour l'acquit de messes de fondation ; plusieurs autres prêtres de la paroisse reçurent également diverses sommes pour honoraires des messes dites par eux à là décharge de la Fabrique (i).
Citons encore la Fabrique de l église d'Ervy, bien que cette paroisse fit partie du diorèse de Sens. Le compte que nous avons relevé est de 1 79a ; les recettes y figurent pour 9.a58 livres 8 sous 6 deniers, y compris 841 livres 18 sous 4 deniers de recettes extraordinaires et le revenu de chaque confrérie. Les dépenses ne s'élèvent qu'à 8.71ÎI livres i5 sous 8 deniers et se répartissent ainsi : au curé pour honoraires de messes pour la Fabrique et les confréries de Saint-Edme, du Scapulaire. de Sainte- Anne, des Trépassés et de Saint-Nicolas, 55^ livres ; au suisse pour dix mois, 5o livres ; au bedeau, 92 livres ; aux sonneurs, 79 livres ; au serpent, ^4 livres ; au sacristain, 3o livres ; au chantre, io8 livres ; au porte-bannière, 12 livres ; aux enfants de chœur, 25 livres ; aux deux porte- Ci) Arch.. i5G. fol. 3^.
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larplis, 6 livres ; à la blanchisseuse du lioge» 60 livres ; à la Trotteuse des marches de Tautel, 3 livres ; à des ouvriers, 693 livres 18 sous; au curé de M ontfey, pour avoir dit une messe de onze heures pendant quatre mois, 5o livres ; à Tabbé Michaud, pour le même objet, 5o livres ; au curé de Davrey, pour Tacquit, pendant un an, d*une première messe fêtes et dimanches, i5o livres ; autres dépenses, 6.67a livres 17 sous 8 deniers (i).
Quelques paroisses du diocèse auraient dû être soumises à un remaniement plus en harmonie avec la situation des églises et avec le chiffre de la population. C'est ce qu'avait reconnu le gouvernement lui-même, qui n*avait pas hésité à démembrer plusieurs hameaux et succursales et à supprimer plusieurs cures, prieurés et autres bénéfices. Le ad février 1788, en effet, le roi avait ordonné Texécution « de ces arrangements pour le bien de la religion et du service divin dans le diocèse (a) ». D*après les lettres patentes expédiées à ce sujet, trois cures devaient être purement et simplement supprimées et réunies à d'autres : c'était Saint-Nicolas de Pont-sur-Seiue, qui n avait que aoo paroissiens et 700 livres de revenus, à réunir à Saint-Martin, dans le même bourg, dont la population était de i. aoo âmes ; Saint- A ventin-sous- Verrières, qui ne comptait que i5o habitants avec t^oo livres de revenus, à réunir à Verrières qui n*avait que 800 paroissiens et i. aoo livres de revenus et dont le curé pourrait payer un vicaire devenu nécessaire ; c^était enfin Saint- Pouange qui n'avait que 5oo paroissiens (3) et 5oo livres de revenus, à réunir à Saint-Léger, qui n'avait que 900 livres de revenus et 1. 100 paroissiens, chiflre qui, comme
(i)Arch., L. O. 651.
(a) B. C, 2i3, xxiii-a40.
(3) D'après C, Topog., t. III, p. 117 et i3o, il n'y avait à Sainte Pouange que i5o communiants ; à Saint-Léger^ 33o communiants ; à Verrières, ajo communiants y compris Buchères.
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les précédents, nous semble beaocoap au-dessus de la ▼épité.
Un nombre égal de paroisses devait être démembré, c'était Villeneave-la-Lionne, dont on devait distraire le hameau de Réveillon distant d*une lieue, pour le rénnir à Meilleray ; Saint-Jean-de-Bonneval dont on devait détacher le Cheminot, situé à plus d*une lieue de l'église, pour le réunir à Javemant, dont le revenu s*augmenterait de 3oo livres ; Piney, dont la succursale de Brantigny devait être rattachée à Villehardouin, qui gagnerait 5oo livres à cette réunion.
Aucune des paroisses de la ville ne devait, dans le projet, être supprimée ou démembrée ; mais la plupart des cures urbaines avaient besoin de secours. Saint- Jacques avec ^.^k)o habitants n avait qu*nn revenu de 704 livres et devait, dans le projet, en recevoir 848. Saint- Nicolas, qui n*avait que 83o livres et Saint-Pant<iléon 900, devaient en recevoir l*un et Tautre 400 ; Saint-Nizier, à qui on attribue 9.000 habitants (i), n'avait cependant que 1.190 livres de revenus ; on se proposait d'en ajouter 5oo ; Saiot-Reiny, avec ses deux succursales et une population de 5.000 âmes, n'avait que i.uoo livres de revenus et devait recevoir une augmentation de 700 livres ; Saiut- Avcntin, dont la population nous semble à tort portée à 8.000 âmes (q), devait voir son revenu de 600 livres augmenté de 700. La dlme de la paroisse ne rapportait que j'ju livres ; les fondations ne produisaient que 160 livres ; lecasuel était presque nul (3). Disons, en passant, que la portion congrue n'était pas payée aux curés de la ville ;
(i) D'après CTopog., t. 11^ p. 264. Saint-Nizicr comptait « plus de 6.000 communiants », mais d'après Arch., G. 34a, il n'y en avait que trois à quatre mille. ^
(9) C, attribue « environ i .900 communiants » à Saint-Aventin et Arch., G. a4a, lui en donne i.ooo. Le curé Fardeau estimait en 1779 que sa paroisse comptait plus de i.aoo communiants.