‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 93 sur 201 · RSUQUAIRBS ET OBJETS D ART · texte numérisé non relu

RSUQUAIRBS ET OBJETS D ART

Lanrent, de saint Urscu septième évéque de Troyes : de sainte Jale, de saint Aventin ; de sainte Hoylde.

En fixant au 17 décembre 1791 l'adjudication de 1 ancienne collégiale, le département avait expressément réservé les objets qui lui paraissaient avoir du prix ; ils avaient été déposés (i) au mois de février précédent dans la salle du Chapitre de Saint-Pierre ; c*étaient les l%mes des épitaphes, les tableaux, les boiseries, les grilles, les chaises, les fonts, les bancs, les pupitres, les chaires, les autels, les bénitiers, les marbres,la grande croix de cuivre, une couronne, les trois vitraux peints de la chapelle Notre- Dame, le vitrail du comte Henri, le vitrail de Notre- Dame de Pitié, le vitrail de la chapelle Saint-Nicolas, le vitrail de la chapelle Saint- Jean, représentant le martyre de Saint*Btienne (a), le vitrail de la chapelle Saint-Louis, le vitrail de la chapelle Saint-André et quatre portières de tapisserie, toutes les statues de la chapelle du fond, sitaée sons celle du palais. Le Q9 juillet, le chef et la châsse de saint Loup avaient également été déposés à la cathédrale. On accorda à la Fabrique les accessoires du reliquaire du grand évoque de Troyes, mais on ne voulut pas se dessaisir de Tautel et des boiseries qui paraissaient avoir une valeur réelle.

Peu nombreux sont les objets d*art fournis par les maisons monastiques supprimées. Le département décida, le II avril 179a, de conserver seulement le retable d'autel en albâtre de Larivour, un saint Pierre et un saint Paul en plomb et deux tableaux en marbre avec bas-reliefs en enivre doré relatant une fondation de Philippe Ghauvelin abbé de Montiéramey ; plusieurs groupes de figures en pierre sculptées, œuvre de Dominique et de Gentil, de

(1) J. Gréaa, Notice sur les collectiona dont se compose U muêés de Troyes, Introdadion, p. xiii.

(9) Dans le Voyage archéoL, page a8, Arnaud dit que ce vitrail était dans la chapelle Sainte- Aguèt.

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Saint-Martio-ès-Aires, une Mater dolorosa en pierre et le groupe des saints Grépin et Grépinien, ainsi que plusieurs épitaphes des Cordeliers ; le tableau de FAnnonciation par Louis Herluison et plusieurs petits tableaux de Téglise des Jacobins (i); trois grands tableaux sur toile de Téglise des Mathurins, une Gonception et un saint Jean-Baptiste eu pierre, et quatre grandes toiles peintes de Téglise de Montier-la-Celle (a).

Par ordre du département, tous ces objets d*art furent rassemblés dans le rez-de-chaussée de Saint-Loup. Les magnifiques vitraux de TArquebuse et ceux de Saint- Etienne y avaient déjà été transportés (3). La municipalité reçut Tordre de veiller à la conservation des vitraux de Saint-Pantaléon, et comme ceux du parvis de Saint- Remy avaient été enlevés, une enquête fut ouverte pour rechercher les auteurs de cette soustraction. On décida aussi de conserver en lieu sûr les ornements en marbre et en pierre des chapelles de la cathédrale ; par contre on ordonna Tenlèvcment des signes de féodalité du portail.

L'abbaye de Sceliières renfermait les tombeaux de Hugues et de ses deux femmes, les inoubliables Yondateurs du monastère et du pain de Pâques. Par un louable sentiment de reconnaissance envers ces généreux bienfaiteurs, la municipalité de Romilly-sur-Seine demanda que leurs tombeaux fussent transférés dans Téglise de la paroisse. Cette translation fut autorisée par Tévêque et par le département le lo juin 1791. On îigita aussi la question de transporter dans Téglise de Romilly les restes de Voltaire, inhumé en 1778, malgré Tautorité épiscopale, à Sceliières.

(i) C, t. II, p. 189 et a4o, donne quelques indications sur ces tableaux.

(a) Arch.,L. D. 1/18.

(3) Les vitraux de l'Arquebuse furent amenés à Salnt-I^uple a5 septembre 1793, d*après J. Gréau. Notice sur Les collections dont se compose le musée de Troyes, Introduction p. xvi.

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11 n'est pas étonaant que la Société des Amis de la Constitution ait songé à rendre cet hoiiueur au chef des philosophes et des encyclopédistes (i). Ne poussait-t-elle pas alors l'audace jnsqu'à faire célébrer des services religieux pour Mirabeau, ce Démosthène moderne, coiuiiie ou l'appelait, qui venait d'être enlevé à TËurope et à la Constitution française ? Et le directoire du iiépartenient n*était-il pas assez'faible pour porter le deuil du fougueux révolutionnaii-e et prononcer Téloge de ce génie (|ui avait déchaîné tant de maux irréparables sur la France ? Il est vrai que le conseil général avait décidé de faire transporter aussi dans le chef-lieu du département les corps de Voltaire, d'Héloîse, d'Abéiard et de saint Bernard ; mais cette proposition était restée sans eflet. Seul, Voltaire trouva grftce auprès de Tadministration: ils étaient dignes Tunde l*autre.

Ce n'était plus, hélas ! le temps où rAssembléc nationale refusait l'hommage de la nouvelle édition des œuvres du fameux philosophe par Palissot (u). On avait vu alors, c'était dans la séance du 25 septembre 1789, le député Grégoire s'unir à rarchev<>que de Paris, de Juigué et à Tévêquede Clermont, de Bonal, pour rejeter « la dédicace des œuvres de Voltaire qui sont entachées d'impuretés 1». Que de chemin parcouru dans ces vingt mois ! Curieuse est la requête des Amis de la Constitution adressée, le qo avril, aux administrateurs du département :

« Messieurs, Quelques obligations que nous ayons à nos augustes législateurs, nous n'en avons pas moins à ceux qui leur ont préparé les voies, en dissipant les préjugés sur lesquels s'appuyait le despotisme. La Société des Amis de la Constitution^ établie à ïroyes, vient d'arrêter qu'il

(i) Sur cette Société et ses origines, voir B. H., t. 1, p. 43a- (a) A. P., t. IX, p. 182).

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serait érigé ail trophée à la mémoire de M. de Mirabeau, comme étant an des principaax apôtres de notre liberté : doit-elle moins faire pour celui qu'on peut en regarder avec raison comme l'heureux précurseur ?

« Vous savez, Messieurs, avec quelle constance, avec quel succès M. de Voltaire a combattu les préjugés et les abus qui opprimaient noire patrie. Vous savex comment ses ennemis, tant de fois vaincus, ont cherché k se venger même après sa mort, des coups qu'il n*avait cessé de leur porter pendant toute sa vie ; vous savez comment ses précieux restes turent amenés comme furtivement, par un de ses neveux, à Tabbaye de Scellières où on a été obligé de le dérobera de justes hommages pour lo soustraire à d'injustes fureurs.

« Nous venons d*apprendre que cette abbaye venait d*étre mise en vente, et que le dernier asile de ce grand homme allait ôti*e compris dans les démolitions. 11 est k présumer que la municipalité de llomilly, sur le territoire de laquelle se trouve ce précieux dépôt, se ferait un devoir de le recueillir dans son sein et de lui consacrer on monument digne de sa mémoire ; mais où pourrait-il être mieux que dans le chef-lieu du département ? Où peut être mieux placé le corps de M. de Voltaire que dans une ville, près de la(|uellc il voulait autrefois fixer son séjour, que dans une ville, enfin, uii le génie de la liberté va se déployer de plus en plus sous les auspices d*une administration aussi sage (ju'éclairce ?

« La Société dt^s Arnia de la Constitution vous prie donc, Messieurs, de vouloir bien Tautoriser à enlever et amener dans celle ville le corps de M. Arouet de Voltaire qui se trouve maintenant liéposé dans réglise de la ci-devant abbaye île Scollii'res, sauf à le placer ici, dans tel lieu et i lui ériger tel monument que l'on jugera convenable, se chargeant, au surplus, la dite société de tous les frais qu'occasionnerait le dit transport, ainsi que de la pompe qui doit raccompagner, trop heureux de pouvoir donner

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