‹ Histoire du diocèse et de la ville de Chartres (volume 2)Chapitre 29 sur 67 · POTTIER · texte numérisé non relu

POTTIER

En suitte de quoy, ayant faict venir de Saint-Denis en France, le 21 juillet, des prélats et ecclésiastiques, le 23 du grand matin fit venir Tarchevesque de Bourges, Philippe du Bu, évesque du Mans, et Jacques Davy du Perron, nommé àl'évesché d'Evreux, avec lesquelz ayant conféré environ six heures des points sur lesquels il avoit quelque doubte et estant instruict et résolu sur iceux, rendit grâces à Dieu d'avoir illuminé son entendement, pour cognoistre la vérité et ces Messieurs de la peine qu'ils avoient prins de Tesclaircir de ses doubtes. Le Légat, qui estoit à Paris, adverty de ce qui se passoit, tascha le mesme jour d'empescher ou traverser ce bon œuvre , alléguant que ceste réconciliation ne se pouvoit faire que par le Pape, personne ne pouvant deslier ce quia esté lié parluy, menaçant d'excommunier ceux qui entreprendroient de le faire, ou y assisteroient. Touttes ces remontrances n'empeschèrent les prélats de passer oultre, craignant que le retardement ne fust dangereux et que les ligueurs procédassent, cependant qu'ils amuseroient le Roy de ces terreurs, à l'élection d'un autre, et que les PoU tiques se retirassînt de sou obéissance, ou qu'autres inconvénients survinssent, ausquels ilneseroit facile d'apporter le remède, s'asseurèrent que Sa Saincteté, informée de leurs motifs, qu'ils avoient eu de ce faire, auroit leur procédé agréable.

Ainsy, le dimanche 25 juillet, feste de saint Jacques, Sa Majesté fit abjuration de l'hérésie en l'église Saint-Denys, entre les mains de l'archevesque de Bourges, et en receut l'absolution de luy en présence du cardinal de Bourbon , des évesques de Chartres, Nantes, Séez, Digne, Malezais, le Mans et Angers,

An. 1593. des nommés aux éveschez de Bayeux et d*Evreux, des doyens de Paris et Beauvais, quelques abbés et les curez de Saint-Eustache, de Saint-Sulpice, de Saint-Gervais, de Saint-Merry, qu'il avoit fait venir de Paris, nonobstant la défense du légat et du duc de Mayenne. Il donna cependant ordre d'envoyer des courriers partout pour advertir ses sujects d*une si agréable nouvelle. Elle arriva à Chartres, le mardy 27 , et le mercredy 28, les lettres du Roy ayant esté leues au Chapitre après Matines, fut ordonné procession générale estre faitte à Saint- Père, dès le mesme jour, au retour de laquelle fut chanté le Te DeurUy en Téglise de Chartres , et sur les sept à huict heures du soir fut faict feu de joye devant la Porte-Royalle.

Quoyque le Roy fust occupé à ces afifaires si importantes, il ne laissoit de tenir Dreux assiégé, dès le 9 juin, où M' de Montpensier fut blessé, vers le commencement de juillet. Le 23 dudict moys, le Roy fit jouer une mine et saulter une tour qui estoit détachée de la ville et du chasteau et print tous ceux qui estoient dedans, desquels il fit pendre sept ou huict. Le sieur Talmontier, lieutenant du sieur de Vieux -Pont, qui commandoit dans le chasteau, voyant qu'il ne pouvoit résister après la prinse et ruine de cette tour, tascha de retirer son advantage du péril auquel il se trouvoit. Il s'en alla avec autres se rendre à ses pieds et protester leur obéissance

(1) Une lacune considérable existe en cet endroit dans le manuscrit de Souchet. Une note collée sur bande et écrite par le savant abbé Brillon porte ce qui suit -. Ici devroit se trouver le récit du sacre de Henri IV dans la cathédrale de Chartres. C'est en effet toute cette partie , qui eût été si intéressante pour nous , qui a été enlevée , certainement à dessein, des manuscrits de notre consciencieux historien. Pour quel motif? Il est assez difficile de l'expliquer, car Souchet ne nous paraît pas enragé Ligueur. Heureusement nous avons pour combler cette lacune un livret, publié en 1594 à Paris chez Jamet Mettayer et Pierre Lhuillier, et intitulé : Cérémonies opservées au sacre et couronnement du très-chrestien et très-valeureux Henry IIII, roy de France et de Navarre , ensenible en la réception du cordon de V ordre du Saint-Esprit en V église N.-D. de Chartres , es 27 et 28»» jours du moys de fevbrier 1594.

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