‹ Histoire du diocèse et de la ville de Chartres (volume 2)Chapitre 32 sur 67 · CHAPITRE XIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIÏ

Jésuites reviennent en France, sont demandés à Chartrès. On offre la Théologalle et Préceplorialle pour un fond; sont remerciés. Mort de Jf de Montpensier. Mariage de M"^ le duc d'Orléans avec la fille d'iceluy, et de M"" de Vendosme avec mademoiselle de Mercœur. Première entrée de M"" Hurault en Véglise de Chartrès. Venue de la Reyne au dict Chartres. Le roi Henri IV le Grand, tué; son cœur, qu^on portoit à la Flèche, reposa à Cliartres. Service en l'Eglise du dict lieu pour Sa Majesté. Contestation pour les rangs et séances. Bout de Van dudict seigneur Roy, faict en la Cathédrale de Chartres, et aux Cordeliers par les officiers des Corps et Eschevins. Mort du duc de Mayenne Minimes de Cliartres.

An. 1607. TT 'année 1604, les Jésuites, ayant esté remis en France, par la bonté du Roy, Chartres les demanda en 1605 et les obtint. Ils n'y sont néantmoings venus, faulte d'un fond. La théologalle de l'église de Chartres ayant vaqué par le trèspas de messire Raoul Charpentier, décédé le lOmay 1607, fut un suject à ceux qui les désiroient de proposer à messire Hurault, nommé à l'évesché dudict Ueu et qui avoit obtenu du Roy la nomination aux bénéfices, durant la régale qui estoit en TEgUse de Chartres, de réserver ceste prébende, pour commencer le fond nécessaire pour leur entretien , avec ce que la ville a accoustumé de donner pour l'appoinctement d'un principal au collège, où on avoit arresté de les mettre. En Tan 1605, sur la proposition qui fut faicte de les demander, ce dict seigneur avoit rescompensé messire Nicolas de Baste qui exerçoit ceste charge, d'une prébende et chanoinie libre, pour leur bailler le revenu de celle qui est affectée pour un précepteur. Ceste prébende ayant vacqué environ deux ans, l'on remit

Taffaire sur le tapis et tascha-t-on de la renouer, le 26 juin de Au. 160T. ceste année, en rassemblée commune de la ville, attendu la nécessité de pourveoir de principal et de régents au collège : il fut arresté en icelle qu on prieroit MM. du Chapitre de Chartres de commettre quelqu'un de leur compagnie pour amener les Echevins en conférer avec ledict sieur Hurault. Le Chapitre commit maistre Jean de Reynes, chambrier et chanoine en Féglise dudict Chartres, le 7 juillet, pour avec eux veoir ledict seigneur sur ce suject et luy représenter que les prébendes préceploriale et théologalle estant vaquantes , le revenu d'icelles pouvoit facilement estre affecté à l'establissement des Pères Jésuites qui s'acquitteroient très-dignement et de Tune et de l'autre charge, ayant parmy eux personnes capables de prescher la parole de Dieu au peuple et d'instruire la jeunesse; joinct que leur établissement dans la ville la rendroit meilleure et le collège plus célèbre par le bel ordre qu'ils tenoient à l'instruction des enfans, tant es sciences qu'en la piété, religion et dévotion , et par le nombre des escholiers qui y viendroient des autres endroits, qui apporteroient delà commodité aux habitaus, soit en prenant des pensionnaires, soit en leiu* fournissant leurs nécessités, ou en quelqu autre façon , dont ils feroient quelque profict; que, pour un théologal, ils auroient toute une compagnie, laquelle estant garnie de gens doctes, satisferoient à ceste charge, qui avoit esté comme négligée par les précédents théologaux, qui se seroient assés mal acquittés de leur debvoir, le dernier, n'ayant depuis un longtemps faict une seule prédication ni leçon, de manière que le peuple estoit demeuré sans instruction, où ces Pères estant admis à ceste charge, s'estudieroient à si bien faire qu'un chacun en recepvroit de la satisfaction et du contentement; qu'il ne sepasseroit feste ny dimanche, qu'il n'y eust prédication; et, s'il se trouvoit dans la ville quelque habile homme de leur société, ils seroient fort ayses le faire ouyr en public. De plus , que dans la ville et par le diocèse, y ayant nombre d'ecclésiastiques qui, faulte d'occupation aux bonnes lettres, s'amusoient ou à la fainéantise, ou aux débauches, voyant qu'on feroit

An. 1614.

Page 1