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CHAPITRE XIV

Du pays et ville de Dourdan, Hurepoix, Aulneau, EspernoUy Gallardon et autres lieux voisins.

COMBIEN que la ville de Dourdan ne soit en Beaulse, mais en un pays particulier près du Hurepoix , qui le costoye, je ne laisse d'en faire icy estât, comme si elle en estoit imé partie, à cause qu'elle y touche. Mais auparavant qu'en dire quelque chose, et afin qu'il n'y aye point d'interruption, je parleroy succinctement du Hurepoix, que Papire Masson (1) ap-

(1) Descripl. Gall. per /lumina . p. 188.

pelle Urapisium^ et suit le Pinserais. Le pays est long et estroit, qui prend son commencement soubz le Petit- Pont, dans Funiversité de Paris , d*où, costoyant la Seine, qui luy sert de bornes de ce costé-là , il va par Corbeil, Melim, Montargis, Fontainebleau et Moret ; d'où il s'estend jusques à Château-Regnard et Courtenay, où il est séparé du Gastinois par la Verrine, qui se descharge dans le Loing, puis descend à Estampes, d*où, tirant vers le couchant, s'en va gaigner Aulneau; et, passant le louf» de la Beaulse et pays Ghartrain , vient se rendre dans le faubourg Saint-Maurice-lez-Chartres, d*où, rebroussant tout court vers Maintenon , Espernon et la forest Iveline , il s'en retourne vers le septentrion à Paris, pour se rejoindre à l'endroit d'où il est parti. Cela ainsy posé, ce pays costoye Dourdan du mesme costé au delà de la forest et des vignes, où il est composé de collines et vallons avec quelques petits bocages et arbres finiictiers propres à faire du cidre.

La ville de Dourdan est bastie dans un vallon au respect du voisinage, qui est plus éminent; et au pied d*iceluy, sur la pente septentrionalle, coule une petite rivière nommée Orge, qui a sa source à Bréthencour; laquelle, grossie des eaux de quelques fontaines qui s'en vont dégorger dedans, fait tourner le moulin du Comte; et, sortant de la ville après avoir baigné cinq ou six maisons, porte son eau aux tanneurs et parcheminiers qui ont leurs ouvrouers sur son bord, et de là, par Chastres (Arpajon) et Savigny, s'en va perdre dans la Seine. Il y a en ceste ville deux parroisses , Time de Saint-Germain, qui est un prieuré cure dépendant de Tabbaye de Saint-Cheron-lez-Chartres, à laquelle Goslin de Lèves, évesque de Chartres, le donna avec les GrAnges-le-Roy, pour ayder à la nourriture des religieux qu'il avoit de nouveau introduits enicelle abbaye; l'autre est de Saint-Pierre, en laquelle il y a un prieuré simple, dépendant de l'abbaye de Morigny, près Estampes. Dans le milieu de la ville est le chasteau, bien basty et flanqué de bonnes tours, environné d'un profond fossé revestu de pierres de taille et en forte deffense. La plus grosse et plus forte de ces tours estoit autrefois détachée de ce chasteau, dans le milieu du fossé, pour servir de retraicte en cas de nécessité, et n'y avoit qu'ime entrée par un pont de bois en temps de paix, et par une casematte en guerre, jusques en 1608, que M'* Maximiïien de Béthune,

WÊÊm

chevalier, seigneur de Rosny, qui jouissoit de Dourdan par usufruit, la fit joindre, par un terrain, au chasteau. C'est de ceste tour que relèvent tous les vasseaux du comté de Dourdan ; sur le domaine duquel la reyne Marie de Médicis , veufve de Henry le Grand, a assigné à rœu\Te et fabrique de Téglise de Chartres, la sonune de trois cent soixante livres toiu'nois de rente annuelle et perpétuelle, pom* l'entretien de la lampe d'or qu'elle a donnée à ladite église, de cierges de cire blanche, pour brusler jour et nuit devant la Sainte-Châsse, ainsy qu'il est porté par ses lettres du 25 novembre 1621 , deubment vérifiées en la chambre des Comptes et cour des Aydes , à Paris , Tannée suivante.

Le grand Archidiacre de Chartres y tient un Officiai et officiers pom* l'exercice de sa justice spirituelle : pour la temporelle, il y a un Bailly; les appellations duquel relèvent au Parlement de Paris, sinon, es cas de l'édit, qu'elles ressortissent à Chartres. Il y a aussy \m Prévost et Maître des eaux-et-forests, avec Election, qui estoit autrefois particulière, n'ayant point de bureau, et les collecteurs des tailles des parroisses qui sont dans le département d'icelle portoient leurs deniers au bureau de Chartres, jusques en 1577, qu'il en fust establi un audit Dourdan.

L'on a ignoré jusques à présent qui a posé les premiers fondements de cesle ville et luy a donné le nom. Il se veoid, à la vérité, dans la Vie de S^^ Mesme, dite en latin Maœinia, qu'elle estoit fille du roy Dordanus, qui veut dire qu'elle estoit fille du seigneur de Dourdan , ce nom Dordanus estant plutost appellatif que propre. Ainsy, en la Vie de S. Arnould, qui \ivoit du temps de S. Remy, archevesque de Reims, et estoit son filleul, il est faict mention du comte Dordingus , qui pouvoit estre gouverneur, juge ou seigneur de Dourdan, ou Dourdanois, du mot de Dourdan, qui est appelle, par le continuateur d'Aymoin, Oord'mgs,

Hugues le Grand , comte de Paris , se plaisoit audit lieu et y passoit une partie de son temps au déduict de la chasse qui y est belle, tant pour les bestes rousses que pour le vol à Toyseau et autres. Elle pouvoit luy appartenir pour ce qu'il y rendit les derniers soupirs de sa vie, et de ce que Hugues Capet, son fils, et ses descendants s'y divertissoient aussy quelquefois, comme en leur propre héritage. Ils y avoient eslably leur ga-

renne pour pouvoii- y chasser, et avoient obligé les habitants des Granges-le-Roy de bailler des pains au joui* de Noël, pour la nourriture de leurs muttes de chiens, et des poules pour leurs oyseaux.

Estant tousjours demeuré entre les mains des roys de France de père en fils, S. Louis le bailla à la reyne Blanche, sa mère, avec Mulanc, Pon toise, Estampes, Corbeil, Melim, Crespy en Valois, la Ferté-Milon, et Pierre-Font, pour assignat de son douaire, en eschange d'Issoudim et d'autres terres en Berry, qui luy auroient esté données par Jean, roy d'Angleterre, en faveur de mariage; après le déceds de laquelle il assigna le douaire de Marguerite, sa femme, fille du comte de Provence, sur ledit Dourdan, et partie des autres lieux cy-dessus énoncés, avec Poissy, Vernon et la Ferté-Meps, au lieu d'Orléans, le Mans, Mortaigne, Mauves, Checy, Chasteauneuf, Nonvillier et Cléry.

Philippes le Bel, roy de France, la bailla en 1307 à Louis, comte d'Evreux, son frère, pour la somme de quinze mil livres de rente en assiette de terre, qui luy avoient esté baillées pour partie de son appennage avec autres terres cy-dessus dénommées, sçavoii" est la Ferté-Aleps et Mulanc. Dourdan vint du depuis à Louis, comte d'Estariipes et seignem* de Lunel, fils de Chai-les, aussy comte d'Evreux et d'Estampes, fils de Louis, pareillement comte d'Evreux; lequel Louis second faisoit ordinairement sa principale demeure à Dourdan. Il fit plusieui^ biens aux rehgieux de Saint-Cheron de Chartres résidents audit Doui-dan. Je trouve, entre autres, qu'en Tan 1378, il leur donna « pour » la grande amour, dévotion et affection qu'il avoit tousjours » eue, et avoit en son église de Saint-Germain de sa ville de » Dourdan, en laquelle il avoit receu le saint sacrement de bap- » tesme, et pour les dévotes prières qui , en icelle, sont faites » chacun jour, et perpétuellement seront faites pour le salut et » remède de son âme, etc., aux rehgieux, piieur et frères de la- » dite égUse Samt-Germain , etc., la queste des bleds et autres » grains molibles en ses villes de la Forest-le-Roy, Auton , Riche- » ville et le Bréau, pour iceux bleds et autres grains mener et » faire moudre en leur moulin appelle le moulin de Choiselier, » assis sur la rivière d'Orge , etc. »

Lescorné, en ses Mémoires de Dourdan, a laissé par écrit ({ue ce comte Louis, n'ayant point d'enfans, et se voyant hors

d'espérance d'en avoir, il doima, par donation entre vifs, du 9 novembre 1381, à Louis, comte d'Anjou, fils puisné du roy Jean, en considération de ce que le fils aisné dudit comte d'Anjou avoit espouzé la fille du comte d'Alençon, sa niepce, tous les biens desquels il estoit lors saisy, à la réserve de rusulruit d'iceux qu'il se retint sa vie durant sur ledit comté d'Estampes; mais que la veufve dudit comte d'Anjou, estant parvenue à la couronne de Sicile, auroit transporté à Jean, duc de Berry, tout le contenu de ladite donation, par ses lettres du 1*' aoust 1385, dont il auroit recongneu le roy du vivant mesme dudit comte d'Estampes à la réserve que dessus. En quoy j'estime que Lescorné s'est trompé, l'un ne l'autre Louis d'Anjou n'ayant espouzé la fille du comte d'Alençon, attendu que le premier fut marié avec Marie de Bretagne, fille de Charles de Blois et de Jeanne la Boiteuse, sa fenune; et le second, son fils, avec loland d'Arragon, fille de Jean I, roy d'Arragon, et d'Ioland de Bar, en Tan 1400. Je ne veux pas nier que ledit Louis d'Évreux aye donné ou vendu ses comtés d'Estampes, Gien et Dourdan, à Jean, duc de Berry, pour ce que je trouve que ledit duc de Berry, du vivant de ce Louis, voyant qu'il n'avoit aucuns enfants masles, luy en estant mort deux, remit au roy Charles VI, Estampes et Dourdan; et du depuis, du consentement du roy, en fit don et de Gien à Philippes, son frère, duc de Bourgongne, en faveur de Jean, comte de Nevers, son fils aisné, filleul dudit Jean de Berry, le 28 janvier 1387. Mais je sçais bien que ledit Louis estoit encores seigneur de Dourdan en l'an 1386, veu que par lettres données, le 20 janvier dans la mesme année, ledit Louis, comme seigneur de Gallardon , confirma et admortit au Chapitre de Chartres l'eschange fait avec Hues du Boullay et Marguerite, sa femme, de la terre de Germonval, près ledit Gallardon, contre certains droits que ledit Chapitre avoit au Boullay- Thierry, dont lesdits Hues et Marguerite estoient seigneurs; et portent lesdites lettres qu'elles ont esté données par ledit Louis, dans son chasteau de Dourdan , qui monstre qu'il en estoit encores seigneur, à tout le moins par l'usufruit , en ceste mesme année.

Mais, sans m'amuser à une chose de si peu de conséquence, il est certain que Jean, duc de Bourgongne, laissa à PhiUppe II, son fils, dit le Bon, aussy duc de Bourgongne, les comtés de

Dourdan, d'Estampes etGien, qui les donna à Jean de Bourgongne, comte de Nevers, son cousin-germain, fils de Philippes de Bourgongne, et de Bonne d'Artois, fille de Philippes, comte d'Artois et d'Eu, et de Marie de Berry; laquelle Bonne ledit Philippes le Bon espouza en secondes nopces, quoyque veuve de son oncle, par dispense du pape Martin V.

Ledit Jean, comte de Nevers, jouit de ces comtés jusques en 1446, que le procureur-général, qui prétendoit qu'Estampes et Dourdan faisoient partie du domaine du roy, les fit saisir, et, par l'arrest donné Tan suivant, il en fut évincé , de façon que ce Jean demeura sans aucuns biens, et fut nommé Jean-sans- Terre, jusques à ce qu'estant puis après venu en une meilleure fortime par le déceds de Charles d'Artois, son oncle, il eut le comté d'Eu, l'un des plus beaux de France.

Le sieur de Gobaches jouit durant ce temps-là de Dourdan, et jusques à ce que le roy Louis XII le vendit, avec Meltm et Corbeil,"à M" Louis de Graville, admirai de France, lequel, dès la mesme année, il luy rendit par son testament, en recongnoissance des bienfaicts qu'il avoit receu de sa libéralité. Depuis ce temps-là, Dourdan demeura entre les mains du roy, jusques sous le règne de Henry III , roy de France , lequel , pour la nécessité de ses affaires, l'engagea à M"" Henry de Lorraine, duc de Guise, qui en jouit sa vie durant; et après son déceds, en exécution de Tédit du moys de septembre 1591 , pour la revente du domaine du roy, jusques à deux cens mille livres. Dourdan fut revendu en 1596, au sieur de Sancy, moyennant quarante mil escus, qui le céda à M"* Maximilian de Béthune, seignem* de Rosny, sur lequel le roy Louis XIII le retira en 1610, pour le bailler à la reyne, sa mère; laquelle en a jouy, pour partie de son douaire, jusques à son trespas, par lequel il le donna à la reyne Aime d'Autriche, son espouze.

De Doiu'dan l'on va par Châlo-Saint-Mars, pom' aller gaigner le long du diocèse d'Orléans, le Blésois et Dunois. C'estoit de ce lieu d'où Eudes le Maire, dit Châlo-Saint-Mars , avoit prins sa naissance; à la mémoire duquel, comme estant issu de sa famille, je doibs ceste remarque, que comme dès longtemps Philippes I, roy de France, pour amour et charité (je me sers des propres termes des lettres du roy), et en révérence et honneur du Saint-Sépulchre d'outre-mer, auquel il s'estoit voué,

avoit donné charge et envoyé , pour faire ledit voyage , un nommé. Eudes le Maire, son serviteur et familier, et pour la charge qu'il avoit tant de ménage que de femme et de six petits enfants, lesquels il print en sa garde, et pour le récompenser, laissa, donna et libéralement octroya ausdits Eudes le Maire, sadite femme, et à ceux de leur postérité nais et à naistre, privilège qu'ils fussent francs et exempts de tous péages, barrages, ports, passages, navaiges, plaisages, entrées de vm , vingtiesme, douziesme et huitiesme, taille, taillons, fortifications, corvées, emprunts, travers, coutumes, bois, chandelles, gardes, droits, gabelles et tous autres droits domaniaux, levés et à lever (1), et de toutes autres charges et servitudes quelconques: lesquels privilèges avoient esté depuis confirmés par les roys de France, ses successem^s, qui, afîin que les descendants dudit Eudes sceussent à qui avoir recours quand aucun empeschement leur seroit donné, auroient commis les Maistres des requestes de l'Hostel, commissaires, gardiens et conservateurs desdits privilèges et juges, pour congnoistre, juger, discuter et terminer de toutes questions, procès et débats qui pourroient sourdre au moyen et pour raison d'iceux , qui auroient esté enregistrés es registres des ordonnances de leur cour et auditoire du Palais à Paiis. J'ay entre mes mains les lettres de feu Guillaume Souchet, mon bisaïeul, qui jouissoit desdits pri\'ilèges, à cause de Jeanne du Temple, sa femme, fille de Jean du Temple, et Agnès Chartier, qui, de père en fils, estoient descendus jdudit Eudes le Maire, et n'ont été ostés à ceux de sa famille qu'en 1578, et encores par an'est du 24 mai 1596, par l'opiniastreté de quelquesims d'icelle qui les vouloient trop estendre.

Au-dessus de Châlo-Saint-Mars, naist la rivière de Loët, dite en latin ioa, delà fontaine de Sainte- ApolUne, qui va porter ses eaux dans l'estang de Moulineaux, et de là en la Juine, qui prend son origine dans la Beaulse, d'où, coulant à Estampes, à Villerey et Essone, elle se va rendre à Gorbeil, qu'elle enrichit de ses bleds pour les conduire à Paris (2). Geste rivière de Juine

(I) Chopin, de sacra polUica, tit. Il, art. 21 et 22, et de jurisd. Andegav., lib. I, art. 8. Bouteraye, lib. I, Hist. Franc. y p. 269. Lebret., en ses Arrests. — (2) Pap. Masson, Ann. in Ltuî. GalL, lib. V. Mer des Hisi/)ireSf ch. 99, p. 2.

abonde en écrevisses, qui sont des plus grosses et des meilleures qui soient en France.

Rentrant dans le diocèse de Chartres, Ton trouve Rochefort, appartenant autrefois aux comtes de Montfort, desquels il vint, en 118<S, à Guillaume des Barres, qui se croisa avec Louis le Jeune, royde France, au voyage du Levant; et, par un partage fait entre loland et Jeanne de Montfort, en 1317(1), il est porté que les appellations de Rochefort se releveroient audit Montfort, et se trouvent lettres du 14 juillet 1380, par lesquelles la comtesse de Roucy est authorizée , au refus de Louis de Namur, son mary, de vendre et aliéner de son patrimoine en cas de nécessité; ensuite de quoy elle vendit à Louis, duc d'Anjou, la chastellenie de Rochefort pour quinze mille livres d*or (2). Elle appartient maintenant à M'* Hercules de Rohan , duc de Montbazon, gouverneur de Paris.

Saint-Arnould-en-Iveline vient ensuite, bourg fort bien basty, le long duquel, par le dehors, coule le Rabet, petit ruisseau qui sert pour les timneurs et taintimers, et à faire tourner un moulin. De là Ton vient à Abluis {Ablis), autre petit bouig, de Testang duquel , et de quelques sources vers Prunay, sort im ruisseau qui fait mouldre le mouUn de Handret, appartenant aux Célestins d*Esclimont, et, passant au travers du parc dudit lieu, en va faire mouldre un autre dans la cour du chasteau; d'où sortant, s'en va par Bleury gaigner la Voise, près Gallardon. Ce ruisseau de la Voise passe au bas d'Amieau, célèbre dans nos histoires par la défaitte des Reistres en Tan 1588, le 25 novembre, par le duc de Guise; et, coulant au travers du Guay-de- Long-Roy, va se rendre audit Gallardon , et de là, comme nous l'avons dit cy-devant, se va desgorger dans la rivière d'Eure.

Gallardon est une ville ancienne, qui a eu longtemps ses seigneurs particuliers, qui en portoient le nom, desquels Madame Jeanne, reyne de France et de Navarre, l'acquist et la donna à dame Marie d'Espagne, comtesse d'Alençon, qui l'engagea à Philippes LhuiUier, capitaine de la Bastille , des mains duquel elle la retira du depuis, et vint entre celles de Pierre, comte d'Alençon et du Perche , puis de Jean , son fils , qui le donna à

(I) Baquet, Droits de justice , cb. 26. ~ (2.) Chopin, Coust. d* Anjou, lib. III.

Pierre, son bastard. Je trouve néamoins un acte du bailliage de Chartres contenant les lettres du don, que le roy Charles VII fait, le 16 febvrier 1438, du rachapt deub par Pierre, bastard d'Alençon, à cause de la donation qui luy avoit esté faitte de ceste seigneurie. Dans la mesme, il s'en trouve une autre qui dépend de la Tour de Marly (1), qui estoit anciennement dans la maison de Montmorency, et du depuis a appartenu à M" Louis, comte de Crussol, qui la vendit à W Everard de Puissieux, dit Capdorat, en 1464; lequel, Tannée suivante, la bailla au comte d'Alençon. Charles en fit honunage au roy, le 2 de septembre 1516, à cause de son comté de Chartres, duquel ses fiefs relèvent; après le déceds duquel ils auroient esté vendus au sieur de Refuge, duquel M''*' Philippes Hurault, comte de Chivemy, chancelier de France, Tauroit acquis, et M^ Henry Hurault, son fils, Tauroit vendu à M"" Claude de BuUon, intendant des finances, en la famille duquel elle est encores de présent.

Je ne parle point icy d'Espemon, qui a esté longtemps dans la maison de Vendosme, et qui a esté distrait de Montfort et érigé en duché et pairie en faveur de M" Jean-Louis de Nogaret de la Valette; auquel il y a un beau prieuré de Tordre de S. Benoist, donné par Amaury I, comte de Montfort, par lequel il avoit esté fondé , à Tabbaye de Marmoutier.

Voilà ce que j'ay peu dire succmctement de toutes les villes du diocèse de Chartres, laissant à en escrire plus amplement à ceux qui ont plus de loisir et plus de congnoissance que moy, des particularités d'icelles et du pays; ce que j'en ay fait n'estant que pour les convier à suppléer à mes défauts.

Voyons maintenant quel estoit le gouvernement politique de nos anciens Gaulois et Chartrains, auparavant qu'ils eussent embrassé le Christianisme.

(I) Invent, des tilt. d'Alençon.

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