SUR J.-B. SOUCHET
de Melun, Sébastien Rouillard qui vint, à cet époque, passer trois mois chez un de ses' amis , chanoine de T Eglise. • . de Chartres; à Pinvitàtion de ce «dernier, iV composa 'la Parthenie, ov Histoire de la très-avgvste et très-àévote . Eglise de Chartres, etc. (i). Histojirç diffuse^ remplie de naïvetez et assez difficile, à lire. Si elle renferme quelques bons documents j c'est grâce à. la communication qui :lui avait été faite d^une partie des archives du Chapitre . de Chartres, mais quel fatras et quelle* incohérence dans Tagencement des phrases! Le latin y fraternise souvent avçc le grec,' de même que la Mythologie s'amalgame avec rhistoire du Christianisme. Cette forme . historique , si commune au commencement du XVIp siècle , n'offi:'e aucune critique^ en fait d'histoire;, dlhagiographie , ou d'archéologie monumentale. Cet écrivain devait être un honnête homme, mais c'est, assurément, un. bien faible écrivain : aussi, Ta-t-on souvent désigné sous le nom du bon Rouil-
'' lard. Si, en 1642", Charles Challine, avocat du Roi au Bailliage de Chartres, fit imprimer son Panégyrique de la ville de Chartres {2) j dans l'avertissement, qui se trouve en tête de cet ouvrage, l'auteur annonce son œuvre comn^e n'étant que la préface â^une Histoire de Chartres qu'il préparait et pour, laquelle il adresse à ses concitoyens la prière suivante : « Comme ç^est une entreprise qui désire ï) beaucoup plus de labeur, que d'esprit, et qui'deâpeod » moins de l'imagination et de l'invention d'un autheûr que » de la cbnnoissance des ançieps tiltres qui sont gardez • )> dans les archives des communaùtez ecclésiastiques et sçcu- » Hères et dans les cabinets particuliers , cela est cause que » pimplore publiquement le secours de ceux qui les pos-
, » sèdent, etc. » Soit qu'on n'eut pas répondu à l'invitation de Charles Challine, selon son attente, ou que fouvrage
(i) (Paris, Rolin Thierry, M. DC. IX. ),.in-8".. /.
(a) (Paris, veuve- Guillaume Pelé, M. DG. XLIl.), in-4».
NOTICE BIOGRAPHIQUE
qu'élaborait, Souchet, sur ce même sujet, Teût effrayé, il transmit son œuvre cx>mmencée à son fils qui la continua; elle est restée manuscrite. Après lui, se succèdent les historiens Pintard , Doyen , Chevard , Ozeray, de Lépinois , etc. Ces auteurs, qu'on voit surgir, depuis la fin du XVI P siècle jusqu'à nos jours, ont successivement délaissé, dans leurs ouvrages, la forme antique de l'histoire locale et commencé à fronder le Clergé et la Noblesse, dans le but de glorifier le Tiers-Etat. Ces derniers écrivains prirent, comme base de leurs œuvres, V Histoire du Diocèse et de la Ville, de Chartres^ que renferme te manuscrit autographe do Jean-Baptiste Souchet ^ actuellement déposé dans la Bibliothèque publique de notre ville. Chacun de ces écrits indique les tendances et l'esprit de l'époque à laquelle il fut publié. Si tous ces. historiens ont puisé à la source com-t mune, pour les origines du Pays-Chartrain , ils ont tous écrit et chacun à son point de vue, en ce qui concerne les
• temps modernes.
Après ce court' préambule concernant les histoires relatives au Pays-Chartrain, nous abordons la biographie de Jean-Baptiste Souchet; mais, d'abord, nous devons dire quelques mots sur l'origine dç sa famille*
Souchet , dans son Histoire du Diocèse et de la Ville de Chartres [i)^ se glorifie de descendre, du côté maternel, du fameux Eudes-le-Maire, àxx.ChâlchSaini-Mars ; lequel, d'après nos chroniqueurs, fut choisi pour remplacer le roi
* Philippe I" qui avait fait vœu d'aller, armé de toutes '. pièces, visiter le tombeau de Notre-Seigneur à Jérusalem,
d'y suspendre ses armes et de l'enrichir de beaux présents. Les Grands du Royaume et les Prélats avaient , en cette occasion , fait observer au Roi , que son absence prolongée serait susceptible d'être préjudiciable à la France. Ce serait alors que Eudes-le-Maire, dit Châlo-Saint-Mars , déno-
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minarion empruntée au lieu de sa naissance ( i ) , aurait offert d'accomplir le voeu du Roi. Il partit pédestrement , armé en guerrier, portant en main un cierge qu'il allumait par intervalles. Etant arrivé au Saint - Sépulcre , il y déposa son armure et ses armes qu'on vit, pendant longtemps, suspendues , ainsi . qu'un tableau de bronze sur lequel était relaté le vœu du Roi. Eudes-le-Maire employa deux années pour achever ce pieux voyage. A son départ pour la Térre-Sainte , il mit son épouse, son fils Ansolde et cinq filles sous la garde et protection du roi (2). Ce dernier, pour récompenser ce dévoué serviteur, lui octroya, pour lui, pour sa femme et ceux de leur postérité nés et à naître, une charte, en vertu de laquelle ils devaient être exempts de tous péages, tributs et autres droits quelconques (3).
Souchet, dans son histoire (t. I, p. 140), dit, à ce sujet : « J'ai entre les mains les lettres de feu Guillaume Souchet, mon bisaïeul, qui jouissoit desdits privilèges, qui n'ont esté ostés à ceux de sa famille qu'en iSyS, et encores, par arrest du 24 mai rSgô , par l'opiniâtreté de quelques-uns d'icelle qui les vouloient trop estendre. » C'est peut-être la première raison qui aurait, dans la suite, engagé Souchet à devenir Ligueur. Nous allons offrir, ici, un tableau généalogique de sa famille tel que nous l'avons trouvé en partie consigné et écrit par notre auteur, dans les Mémoires manuscrits de Guillaume Laisné, prieur de Mondonville (t. III, p. 65). Nous avons complété cette filiation, soit d'après des actes authentiques, soit à l'aide des Registres des Paroisses de la ville de Chartres.
(i) Arrondissement d'Etampes (Seine-et-Oise).
(2) Le Père Montfaucon, da'ns ses Monuments de la Monarchie française i t. II, p. 2^16. PI. XLI, règne de Philippe IV, reproduit l'histoire et une gravure relative à ce fait singulier.
(3) Cette Charte de. franchise est insérée dans les Essais hist, de la ville d'Etampes y par de Mont-Rond , t. I, p. 204. Voyez encore : Hist. du Diocèse y etc., par Souchet, t. I, p. 140, note i, et {déni, de la Société Archéologique ^ t. III, p. 216..
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NOTICE BIOGRAPHIQUE