‹ Histoire du diocèse et de la ville de ChartresChapitre 35 sur 71 · CHAPITRE VllL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllL

Response à r objection, que font les asserteurs des opirnions de Grégoire de Tours et Sévère Sulpice, touchant la mission de S, Savinian et S. Potentian à Sens.

CES Messieurs nient tout à plat que S. Savinian et S. Potentian aient esté envoies par S. Pierre en la ville de Sens, contre la croiance commune, et arguent leurs actes de supposition et de fausseté. Les moiens qu'ils produisent contre, sont plusieurs. Le premier, que les Actes de ces saints ne sont authentiques , d'autant qu'ils sont sans autheur, et n'y a personne d'authorité qui les appuie. Pour ce qu'ils se doutoient bien qu'on retorqueroit le mesme argiunent contre eux pour les Actes de S. Saturnin, ils viennent au devant, et disent qu'il V a bien à' dire entre ce» Actes; ceux de S. Savinian et S. Potentian estant sans nom d'autheur, et n'aiant pei^onne qui les appuie, ou ceux de S. Saturnin, bien qu'on ne sache l'aulhem* d'iceux, ils sont appuies de l'authorité de Grégoire de Toiu^; qui est autant que s'ils ue disoient rien, pour ce que cest escrivain est sans authorité , après ce que nous en avons dit ci-dessus, de manière que, s'ils veulent qu'on les croie pour les Actes de S. Saturnin , il faut qu'ils demeurent d'accord de ceux de ces Apostres de Sens , n'estant plus obligés de leur déférer qu'eux à nous.

Le second moien qu'ils allèguent est que les Actes de ces saints ont esté fabriqués depuis que le pape Jean VIII a domié aux archevesques de Sens la quaUté de Primat, affin de pouvoir la retenir contre ceux qui la leur pouvoient contester. Comme par le droit civil Dicenti i7icu7nbit probatio{\), aussi nos controlleurs dévoient prouver qui les a fabriqués , ce que ne faisant pas, on ne doit avoir aucun esgard à ce qu'ils avancent; car, encores que Surius les rapporte de Pierre des Noèls, qui vivoil en 1460(2), ce n'est pas à dire qu'ils aient esté fabriqués par

(l) Le Titia, De solulo matrimonio, lib. XXIV. — (2) Lib. II, ch. 25.

ledit des Noëls , veu que Vincent de Beauvais, qui vivoil en 1240, selon Trithemius, qui sont deux cent \ingt ans plustost, les rapporte, ou l'extrait d'iceux, du livre de son Mirouër hùtorial , qu'on ne peut dire non plus qu'il les aie fabriqués, d'autant qu'il les rapporte des Actes qu'il avoit veus , tirés des églises anciennes, ausquelles ils avoient esté conservés. De plus, Bède, qui vivoit en 702 , plus de cent soixante-dix ans devant Jean VIII, qui n'entra en la chaire Papale qu'en 871 , faisant mention de S. Savinian et S. Potentian en son Martyrologe, comment leurs Actes auroient-ils esté fabriqués depuis le pape Jean VIII, qui mourut en 881?

Ils opposent que, par ces Actes, ces Saints sont disciples de Jésus-Christ, desquels, il n'est en aucune façon parlé aux Actes des Apostres , ni dans les Epistres de S. Paul , ni dans les escrits des escrivains apostoliques, ni ne sont entre les soixante-douze disciples, rapportés par Dorothée, in Synopsi, et partant, qu'il est faux que ces Saints aient esté des soixante-douze disciples. Ces raisons ont quelque apparence, mais ne sont véritables; cai', en quel lieu des Actes et des Epistres de S. Pa\il les noms de ces septante-deux disciples sont-ils énoncés, pour mectre hors de leur nombre S. Savinian, S. Potentian et S. Altin. Il s'v en trouve quelques-uns, mais non pas tous, et S. Luc(l), qui a le premier escrit que le fils de Dieu avoit choisi soixante-douze disciples, a-t-il exprimé leurs noms, et ceux que rapporte Dorothée peut-on dire qu'ils soient les mesmes que ceux que Jésus-Christ choisit? Non certainement, considéré qu'il a farci de plusieurs mensonges son escrit, comme l'a remarqué Baronius (2), et qu'Eusèbe, qui estoit de son temps, escrit qu'il n'a point trouvé leurs noms en aucun autheur. Ce qui a donné sujet de croire que les noms de ceux que cest autheur rapporte sont pour la pluspart supposés et non de lui, pour les faire passer soubz son nom comme fort anciens. Mais qu'il soit vrai ou non, l'on ne peut dire qu'il n'y aie eu plus de soixante-douze disciples , d'autant qu'il est porté aux Actes des Apostres (3) que S. Pierre se leva au milieu des disciples, qui estoient environ six-vingt, qui excède le nombre de ces soixante-douze, de qua-

(1) Luc, 20. — C2) Afin. 45, num. 44. Eusèbe, lib. 1, ch. 14. — (3) Acla 17.

raute-huil; et S. Paul, en sa première aux Corinthiens, chapitre 15, escrit que Jésus-Christ Visus est plus quàm quin- Qcniis fralribus svmal, ex quitus multi marient tt^què adhucj où, par ce mot de fralribus, l'Apostre eutendort les disciples, du nombre desquels les SS. Savinian, Potentian et Altin pouvoient estre, mesmement n'y aiant aucun escrivain qui die qu'ils n'en estoient pas, que nos controlleure, qui le dénient sans aucun fondement que de leur caprice, dévoient rapporter, s'ils en scavoient quelqu'un. Autrement ils ne peuvent nier que le mot de Disciple fust le nom qu'on donnoit aux fidèles auparavant qu'ils eussent esté appelés Ghrestiens, ainsi que l'a remarqué Eusèbe (1), et Hugues de Flemu après lui, en sa Chronique, qui a couin longtems mal-à-propos soubz le nom d'Ives, évesque de Chartres, disant que llli qui ad fulem eonvertebaiitur et baplizahantur, non Chiistiani, sed discipuli tantiim engmmnnabantur ; née erat ulla norninis distinetio, inter cujusdam Dosithei, sive Theodsc. sive Joannis Baptiste Chnsiique di^erimlos, sed œqualiter omncsadliuc dùei])ulidicebantur : sed flore ntissi nui apud Antiochktm , eecleski eongreyata, prhnô Christi diseij)ulos ea'/nt appellare Christianos, diseer)iens eos à eimimuni prwfatorum voeabulo diseipulorum. Que si Vincent de Beauvais et Pierre des Noëls ont escrit que ces saints esloienl du nombre des soixante-douze disciples, ils pourroient sestre trompés , s'il estoit constant qu'ils fussent hors de leur nombre; mais cela n'estant encores bien certain , on ne peut l'alléguer contre eux, et en tout cas ils pourroient estre du nombre des autres disciples. Ce que ces autheurs aianl trouvé et n'aiant creu ou sceu qu'il y eust d'autres disciples que les soixantedouze qui avoienl esté choisis par Jésus-Clnist, ils auroient laissé par escrit qu'ils estoient du nombre des soixante-douze disciples , mais cela n'empesche pas qu'ils ne feussent du nombre des disciples en général , qui suffit pour asseurer qu'ils estoient du nombre des disciples.

Pour ce qui est de la Primatie, que ces Actes de S. Savinian portent qu'elle lui fut donnée par S. Pierre , lorsqu'il l'envoia à Sens, quel hiconvénient trouvent-ils pour l'impugner? Je ne veux point mettre en jeu les 2'" et S*" Epistres du pape Anaclet,

{\) Lib. I, ch. 3.

ésquelles il dit disertement que les Apostres, s'entend S. Pierre, S. Paul et S. Clément, ordonnèrent des Patriarches, Primats, Métropolitains et Evesques aux villes des provinces, où les Romains tenoient leurs Officiers , ni ce qu'en ont escrit les papes Anaclet I, Estienne I et autres (i), d'autant qu'ils ne plaisent à nos controlleurs, qui, connue s'ils estoient les seuls juges de toute Pantiquité, n'admettent que ce qu'il leur plaist, et pour leiu^ raisons , disent que les Archevesques , Patriarches et Primats du diocèse n'estoient encores en usage de ce tems-là en l'Eglise, et n'y ont esté quaprès le Concile de Nicée, auquel le nom d'Archevesque fut attribué premièrement aux seuls Evesques, plus illustres, qui gouvenioient les églises de Rome, d'Alexandrie, d'Anlioche et de Hiérusalem, tant s'en faut que ce nom d'Archevesque fust donné à tous les Métropolitains, comme le porte ceste Espitre du pape Anicet aux Evesques de la Gaule : si dirai-je pourtant que j'ai leu le Concile de Nicée, et en grec et en latin (2), et que dans icelui, il ne se parle un seul mot d'Archevesque, ni de Patriarche, ni de Primat, mais seulement de Métropolitain, d'Evesque et de Chorévesque, ainsi que pourront recongnoistre ceux qui voudront prendre la peine de lire ce Concile; duquel il se peut recueillir seulement, selon l'explication que veulent lui donner nos censeui-s, que aiant (juelques Prélats qui vouloient s'attiibuer, à cause de leurs églises, quelques prééminences par-dessus les autres, le Concile de Nicée restraignit ceste prétention à celles de Rome , d' Anthioche et d'Alexandrie, d'où il appert qu'auparavant le Concile de Nicée, les mots de Patriarche et Primat estoient en usage, et qu'ils furent délaissés à ces trois églises seulement, d'autant qu'elles avoient esté fondées et establies pai* S. Pierre, qui avoit siégé aux deux premières et envoie S. Marc, son disciple, en la troisiesme; car, pour l'église de Hiénisalem, on ne peut recueillir du canon 7 de ce Concile de Nicée qu'elle aie esté déclarée Patriarchale en icelui, mais seulement (|u'en raison que la rehgion Chrestienne avoit commencé en icelle, il auroit esté ordonné qu'elle auroit la quatriesme scéance es Conciles et Assem-

(I) Anicet. I. Episl. Stephan. I. Epis. î cl hab. disi. Vrhc 23. Disserl. 2 — (2) Conc. Ni«en., «au. ii ot 7. Conc. Afric. in Hsdem qiiod csl dit^t.Gô. Mos annvs perdiuvl.

blées après les trois Patriaiches susnommés, par honneur seulement, sans que cela peust faire préjudice à l'église Métropolitaine de Césarée, de laquelle elle dépendoit, et à laquelle elle devoit demeurer sujecte, ainsi qu'auparavant, comme à la Métropole de la Palestine. Ce qui s'observoit encores du tems de S. Hiérosme; ainsi qu'il se peut recongnoistre par l'Episire de ce Père, qu'il escrit à Pammachius. Mais parce que cet ordre ou règlement n'est pas nettement expliqué dans le Concile de Nicée, il le faut rechercher dans l'action 16® de la seconde partie de celui de Chalcédoine, oïl ce 6* canon des Pères assemblés à Nicée est plus estendu et conceu en ces termes : Quod ecclesia Remise semper habnit Primatum (rà Tcpayrsîa), teneat autem et yEgyptus, ut Episcopus Alexandrie omnium habeat potestatem, quoniàm Romœ episcopo hœc est consuetudo ; similiter autein et qui in Anthiochia constitutus est ^ et in cacteris Provinciis , Primatus habeant Ecclesiœ civitatum ampliorum : Ce que le grec dit plus clairement ( 1 ) : ofxoicx; yuxi xoràt xy^^^ ^vziv^tiaa xai h TaT; dIfXXatç i-Tctxpj^^aiç t^ Tipayrela <T(oCécrô«t) xaiç lxxXy)aiatç. I. Similiter et secimdùni Antiochiam et in omnibus alxis provinciis Prmiatus servetur Ecclesiis. Ce qui est expliqué davantage ensuitte, quand il adjoute : Eas autem, quœ sunt in barbaris gentibus Dei Ecclesias, gubernari oportet secundumhancquœper Patres consuetudo tenet.

D'où il se peut inférer que combien que le Concile de Nicée ait réglé qu'il ne devoit y avoir que trois Patriarches, c'estoit sans préjudice des Eglises, qui estoient hors de la Grèce et de TAsie, qui pouvoient retenir leurs anciennes coutumes, de manière que s'il y en avoit de Primatiales ailleurs, qui sont bien confondues avec les Patriarchales (2), elles pouvoient demeurer en leurs anciennes possessions et dignités, de sorte que S. Pierre pouvant avoir donné à S. Savinian la Primatie, c'est-à-dire un certain pouvoir sur les cités de la Province de Sens , il pouvoit en user, et ses successeurs après lui. Ce qui ne doit estre trouvé estrange, veu que le pape Hilaire, qui vivoit en Tan 460, déclare Primat le plus ancien Evesque de la province (3), et qu'au

(l) Fol. I, Ep. 39. aid. Sirmund l- Coiic. Gall. — (2) Alii Paps décret. r2. Bulla con/irmationis primali Eccles. Lugdunensis. — (3) Conc. Tauriiien., can. 1.

concile de Turin, tenu auparavant et dès Tan 397, la Primatie ou Primauté, fut confirmée à Proculus, évesque de Marseille, sur ses paroisses et sur ses disciples, ou évesques, qui avoient esté ordonnés par lui ; tellement que S. Savinian aiant envoie des évesques à Chartres et à Troies, il pouvoit estre appelle lem* Primat par la mesme raison. D'ailleurs les Apostres et premiers souverains Pontifes aiant envoies leurs disciples, ou autres, qu'ils rescongnoissoient propres pour la prédication de l'évangile par les provinces , ils les dispersèrent aux grandes et meilleures cités, ausquelles il y avoit plus de monde, affin d'avoir plus de moien d'espandre cette semence , pour la faire multiplier davantage, et posèrent les Patriarches et Primats aux très grandes villes, les Archevesques et Métropolitains aux plus grandes, et des Evesques aux moindres, qui n'estoient en si grande considération (1). Ce qui pourroit avoir donné sujet au jurisconsulte Modes tin, en la loi : Si dvas, liv, III . ff. de excusât, tut, et tempor. eorum, de faire ceste partition des cités en trois, des moindres, de plus grandes, et de très grandes, qu'il appelle Métropoles Gentium, que la glose sur le mot Maœimœ prend pour les villes Métropolitaines et Archiépiscopales. Mais d'autant que le mot de Métropolitain emporte plus qu'Archevesque, j'estimerois que ce seroit les villes ausquelles on avoit establi des Primats, qui sont appelés par Balsamon 'sÇapyobç t^ç i-ïrap^eiaç. Principes sacrorum Provincùv, ou Métropolitains et Primats des provinces, que le mesme autheur sur le iS** canon du concile de Carthage confond et prent pour une mesme qualité, et ausquelles villes ou cités, qui tenoient les premiers rangs dans les provinces , se faisoient les assemblées du païs, et qui pour ce sujet s'appelloient dans Tite-Live et Pline (2) Capita regionurn, ou Métropoles, comme les mères des autres \âlles, d'où on envoioit les colonies ailleurs, dans les autres provinces, ou bien, pour ce qu'en icelles demeuroient les Préfets du Prétoire, comme celui des Gaules résidoit à Tours: à cause de quoi

(l) Dist. 21. eau. Cleronix in Doc, lib. VII. Ethinolog., ch. 12. ModestinuSj Si duas ff. excusai, tut. et iempot^m. — (2) Plutarch., in Numa. Balsamo, conc. Calcéd., epist. Advent., cpist. Metens. ad Nicol. I, apud Sirmimd. f" 3. Conc. can., p. 2i2. T. Livius, lib. V, ch. 25. Plinius, lib. lll,ch.29.

300 HISTOIllE DU DIOCÈSE

Philippes Bertier (1) eu sa deuxiesme Exercitation. ch. 4. prétend qu'il y a Primalie. Aussi est-elle appellée la Métropole des Gaules dans le Code Théodosien, et très grande, par Zozime. Liv. III, qui pourroient lui avoir acquis ce droit de Primatie. Pour les plus grandes cités, c'estoient celles où le mesme Balsamon met 'éîapj^oùç Tîiç ^viç Sioixyi<i««)ç, qui équipole à Archevesque et Métropolitain, qui avoit des Provinces, c'est-à-dire , d autres villes soubz lui. En ces cités, les Propréteurs, Proconsuls et Présidents faisoient leur résidence, et se lit dans la Notice de l'Empire d'Occident, qu'il y avoit à Sens, un Président pour les Romains; et pour les souverains Pontifes y ont establi un Archevesché, d'autant qu'aiant désiré former Testât ecclésiastique sur le modèle du ci\il, ils conser\'èrent aux cités, en la distribulion des offices et dignités de l'église, le mesme rang qu'elles tenoient soubz l'Empire, tant que faire se peut, et Tordre n'en a esté changé que lorsqu'il a pieu aux souverains Evesques d'en créer de nouvelles dans les provinces, pour en honorer les principales villes d'icelles: mais cela n'empesche pas que les Apostres, envolant S. Savinian à Sens, ne lui eussent donné la Primatie ou surintendance sur les evesques, qui dévoient estre un jour soubz sa direction et de sa dépendance.

On pouri'oit opposer ce qu'escrit Filesac, en son livi-e : de sacra Episco]x>rum auctoritate Ch. 8 g 10, que le Primat n'est le mesme que le Métropolitain, et le prétend prouver par le recueil des canons ou décrets que le pape Adrian donna à Angilramne, évesque de Metz, au 25« desquels il dit qu'il se lit : Nulliis Arc/iicplscoporumy qui primas sedes tenenty appelletur Primas, aut princcps sacerdotum, aut summus sacerdos, vel aliquid hujusmodi, scd tantiim qui in Metropoli sedet, aut Melropoliianus aut Archicpiscopus vocetur, et (lie qui primam sedcm rciinct, tantuminodo primx sedis appelletur Episcopus. et adjoute qu'en la nouvelle édition des Conciles, on a adjouté le mot Msi, après ceux-ci: Nullus Archiepiscopus , nisi qui primas scdes tcncl, qu'il conteste devoir estre effacé. Je ne scai pas de quelle édition des Conciles il prétend parler, mais ces décrets du pape Adrian ne se trouvent ni dans l'édition de Crabbe, rordelier de Malines, imprimée à Colongne, on 1551, ni en

(I) Diatribe II, v\\. 4.

celle de Biiûus, imprimée à Paris eu 1636. Je ne sçai aussi s'il y en a une autre, pour n'avoir veu que celles-là, mais je peux assurer qu'aiant cherché aux endroits qu'il cite des Conciles de Carthage 3 et 7 , sous le nom du concile Africain , comme aussi du livre VII des capitulaires, ch. 17, il n'y a rien qui approche de ce qu'il dit. Je trouve bien dans le 3** Concile de Carthage, ch. 26, ce canon : Prima' sedis Episcopus non appelletur Pnncepssacerdotum, aut summus sacerdos, aut aliquid aliud htijusmodiy sed tantùm prinur sedis Episcopxis, qui ne sert de rien pour prouver ce qu'il veut, ce canon se devant seulement entendre du Pape, qui doit estre appelle seul Evesque du premier siège, qui est celui de Rome, et non des autres Primats, et tout de mesme ce qu'il rapporte du Concile Africain, où il n'y a que les mesmes canons du Concile de Nicce, et quand aux Capitulaires, il se trouve seulement livre VII ch. 341. Nulli alii Me- Iropolitani appellentur Primates , nisi illi qui primas sedes ienent, et quos sancti Patres synodali et Apostolxcd auctoritatc Primates esse decreverunt. fieliquiverôqui alias Metropolitanas sedes siint adepti, non Primates, sed Melropolitani voceniur. Qui ne fait rien contre ce que disent Vincent de Beauvais et Pierre des Noëls; car, ce capitulaire ne dit pas absolument qu'aucun Métropolitain ne sera appelé Primat, mais qu'il n'y aura que ceux qui occupent les premières chaires ou églises , soit par décret do quelque synode, ou par Tauthorité du Saint Siège, et pour les autres, qui occupent les églises Métropolitaines, qui ne sont de ceste qualité, ils s'appelloient simplement Métropolitains, et non Primats, de manière que S. Savinian, tenant son authorité des Apôtres, il pouvoit estre appelé Primat. Autrement Messieurs nos censeurs doibvent montrer par authorité d'escri vains authentiques, que ce privilège ne lui avoit esté donné par les Apostres.

Il se pourroit faire que tous les MétropoUtains usurpoient la qualité de Pnmat, comme de fait ces deux qualités se trouvent confondues dans l'Epistre 91 , que S. Léon, pape, escrit à Théodore, évesque de Friouli ou Fréjus, et estoit besoin de les distinguer, comme ils le sont à présent, pour éviter confusion; car, tous les Métropolitains ne sont Primats, comme il se veoid des Archevesques de Tours, Auch et Tolose, et de quelques autres, ausquels vont les appellations des officiaux des Evesques,

leurs suffragaiits , et des leurs , au Primat , et de celui-ci au Pape ; qui commet in Partibus. Néamoins cela se pratiquoit encore du tems du pape Adiian, que les Métropolitains se disoient Primats, ainsi qu'il se peut veoir dans Flodoard, livre II, chap. 17, en l'Epistre que ce pape escrit à Tilpin, archevesque de Reims; aiant esté lui qui a renouvelé ce décret que les Métropolitains ne s'appelleroient plus Primats , et qu'il n'y auroit que ceux qui Festoient d'ancienneté, qui en pourroient retenir le titre; ainsi qu'il est porté par le 25*" chapitre des décrets qu'il donna à Ingilramne, évesque de Metz, rapportés par Sirmond en son troisiesme volume des Conciles de France. Aussi ces Messieurs ne laissent pas se tromper , disant que ce fut seulement le pape Jean VIIÏ, qui doima ceste qualité de Primat à Ansegise, Archevesque de Sens, veu qu'en l'Epistre que ce Pape escrivil aux Evesques de France et d'Allemagne, il n'est parlé un seul mot de Primat, ni Primatie, mais seulement qu'il faisoit Ansegise, son Vicaire, pour prendre garde en son absence à ce qui se passeroit en leurs provinces, et pour assembler les Synodes, toutesfois et quantes que la nécessité le requerroit.

Je ne suis ignorant qu'iVimoin, livre V de son Histoire chap. 33, interprète ce Vicariat pour institution de Primat, donnée à Ansegise; mais qui voudra considérer les termes, dont il use, et le procédé, qui fut tenu au Concile de Pontygon., qui est dans le diocèse de Chaalons, soubz la Primatie de Lion, où il prétend que ceste Primatie fut instituée et receue, et dont il rapporte les décrets, il se trouvera que ce n'est qu'im Vicariat, que le pape Jean octroia à Ansegise, archevesque de Sens, pour représenter sa personne es causes qu'ils traicteroient en son absence , et pour ce , on lui donne rang après les Légats de ce sou veram évesque de Rome. Ce qui paroist dans les signatures de ce concile de Pontygon, où Ansegise signe immédiatement après Jean, évesque de Tuscoli, en ces termes : Ansegisus, Senonum Metropolis Episcopus sanctœ et apostolicx sedis per Domnum Joannem, summum Pmitificem, Papam, Vicarius, interfui, cansensi et subscripsi y où, si c'eust esté en qualité de Primat, les Archevesques de Reims, de Lion, de A'ienne lui eussent contesté la préséance, se prétendans Primats, mesme celui de Vienne, qui se dit Primat des Primats, ou celui de Lion, ceste assemblée se faisant dans un diocèse de sa sufTragance. Il est

DE CHAUTllES. LIVRE II. 303

\Tay que dans autres Actes de ce Concile, rapportés par Sirmond, nombre 7 ( I ) , les Evesques de France recongnoissent Ansegise pour Vicaire du pape Jean , et Piimat des Gaules et de Germanie. Mais dans les Actes du Concile de Pavie, tirés de Saint-Remy de Reims, rapportés par le mesme, eusuitte de ces derniers Actes, nombre 6, Ansegise est appelle simplement Vicaire du Saint- Siège. Taveau, en son Catalogue des Archemsques de Sens, escrit que ce fut en ce Concile de Pontygon, qu'il fut salué comme Primat des Gaules et de Germanie, au mpport d'Odoran, moine de Saint-Pierre-le-Vif.

Le fragment de cest Odoran, qui se trouve après les Annales (le France ramassées par Pilhou, porte bien qu' Ansegise succéda à Wenilon en 865, en Tarcbevesché de Sens, qu'en 876, ce concile de Pontygon fut tenu, et qu' Ansegise mourut en 883 ; mais pas un mot de Primat, aussi estimai-je qu Ansegise pouvoit estre desjà Primat, et que ce Vicariat , que le Pape Jean lui donna, ne fut qu'une amplification de sa dignité, pour la tenir à tiltre plus avantageux que les autres , qui prenoient la mesme qualité en France ; car, si selon Severt (2), les archevesques de Lion et de Vienne ont prins le tiltre de Primats, à cause que S. Irénée avoit esté recongneu par les Evesques des Gaules, ausquels il présidoit, et d'autant que Vienne estoit plus ancienne que Lion, on pourroit dire la mesme chose pour Sens, qui estoit semblablement plus ancien que Lion (3), et que S. Savinian y avoit esté envoie en mesme tems que S. Zacharie à Vienne ; mais sans me mettre davantage en peine de prouver la Primatie de Sens sur les Gaules et la Gennanie , que je n'asseure ni ne nie, y aiant des raisons pour et contre, est-ce à dire qu'il faille rejecter les Actes de S. Savinian , à cause que Vincent de Beauvais et Pierre des Noëls lui ont attribuée, cela ne faisant rien contre la vérité du reste contenu ésdits Actes ; car parlant selon la practique de leur tems, comme on qualifioit Primats les Archevesques de Sens, ainsi que les cardinaux Du Prat, en la pubUcation du concile de Sens, tenu à Paris en 1528, Jean de Nanton en celui de 1428, Jacques Davy, cardinal du Perron en celui de 161 1 , et longtems auparavant, Seguin en celui de Saint-

(I) Page 445. Conc. Ticinens. — (2) In Décret., § 3. — (3) In sacerd. Lugdun., § 2.

304 mSTdlUE DU DIOCESE

Denis on Franco, l'an 1000, en prenoient la qualité; ils ont (Tou qu'elle leur estoit veneue de ce premier Apostre de Sens.

('outre ce que nos censeurs allèguent que celui qui a escrit les Actes de ces saints estoit ignorant et mal versé en la congnoissance des affaires de l'Empire, quand, parlant des enfants de Louis le Débonnaire, il fait son second fils du mesme nom, Empereur, quoyqu'il ne l'aie jamais esté, on leur respond que c'est chercher, comme l'on dit, un nœud dans un jonc, et faire paroistre trop de passion à vouloir picoter, d'appeller un autheur avoir mis un mot, duquel la suitte ou tissure de son discours Tobligeoit se servir, pour n'interrompre l'ordre naturel, quidevoit estre entre ces frères et celui de leur naissance, plustost que de leurs dignités, attendu, que, mettant Louis qui estoit le second en l'ordre de la génération, entre son aisné et son puisné, qui effectivement ont esté Empereui^, il ne pouvoit escrire autrement qu'il a fait, disant : Tempore Lotharii, Ludovici, et Caroli Imperatorum , m\on qu'il eust dit : Tempore Lot harii ImperatoriSy Ludovicis régis et Caroli Imperatons; ou bien encores : Tempore Lotharii et Caroli^ Imperatorum, et Ludovici, Régis; au dernier desquels Tordre de la naissance eust esté violé, pour ce qu'on eust mis ce troisiesme devant le second. C'est estre bien délicat et trop exact de prendre à si peu de chose, qui ne vaut pas la peine d'estre considérée, et pour la- (luelle on ne doit appeller une personne absolument ignorant.

Aussi ne rencontrent-ils pas mieux, quand ils allèguent que Pierre des Noëls, duquel ils prétendent que Surius a extrait les Actes qu'il rapporte de ces Saints, appelle Cenilon, l'archevesque de Sens, qui fit la translation de leurs reUques, ne considérant pas que c'est aussitost une faute du compositeur, ou correcteur de l'imprimerie, que de l'autheur, qui auroit prins im G pour un G, et un U pour un N, ce qui arrive souvent en imprimant, ceux qui se meslent de la composition et correction, prenant une lettre pour une autre, pour ne scavoir les noms propres, ausquels il est si facile de se tromper, quand ils s'escri vent diversement, comme il appert en celui-ci, qu'on escrit Wenilon, ou Genilon, desquels deux noms, ce prélat est indifféremment appelé dans le concile tenu cà Savonnières, qui est au faubourg de la ville de Tout, en 859; en celui de Vemes, tenu en 844 ; en la préface du concile de Meaux, en 845; en celui de

Paris, 846 et 847; en celui de Carisi, en 848 ; en TEpistre qu'il envoie la mesme année à Amulus, archevesque de Lion, qu'il qualifie seulement de Métropolitain; au concile de Tours, tenu en 849; en celui de Soissons, en 853; et de Vermerie en la mesme année, et en plusieurs autres ésquels il est toujours appelé Wenilon: en la soubscription du concile de Tousi,il est nommé Wanelon, ou Ganelon, les doubles W se prononçant comme un G ; et en la cause 3, quest. 9. can, il est dit : Galion, Senensis Archiepiscopus , et pour ceste mesprise voudroit desbattre de faux les canons de ces Conciles et du décret.

Contre la huitiesme raison de nos controlleurs , je dis que si Usuard escrit que S. Savinian et S. Potentian ont esté envoies par le Pontife Romain, c'est mal-à-propos qu'ils le reprennent, veu que parlant simplement du Pontife Romain et sans adjoint, cela ne se peut entendre que de S. Pierre qui par emphase est appelé Pontife Romain, pour avoir esté le premier qui a siégé en la ville de Rome ; autrement, qu'ils nous cottent le nom du Pape qui les a envoies. Alléguer qu' Usuard estoit proche de Sens et ne pouvoit ignorer l'ancienne tradition de l'église de ceste ville, je l'accorde, mais que peuvent-ils tirer de là? Sinon leur confusion ; puisque, disant que ces saints y ont esté envoies par le Pontife Romain, qui comme dit est, se réfère à S. Pierre, il faut malgré eux qu'ils recongnoissent que ces saints ont esté envoies à Sens par S. Pierre.

Leur neuviesme raison est tout à fait sans raison, qu'es Litanies de Sens, insérées dans le Manuel d'icelle, imprimé en 1555, ces deux saints Savinian et Potentian sont mis seulement après S. Laurens et S. Vincent, diacres, d'où ils voudroient bien conclure qu'ils n'ont souffert le martyre qu'après ces deux lévites, le premier desquels souffiit en 263, soubz l'empire de Valérian ; le second en 303, soubz le règne de Dioclétian; et partant, que S. Savinian et son collègue n'ont peu avoir subi le martyre cpi'après Dioclétian, ou, en tout cas, sur la fin de son administration de l'Empire Romain. Mais on leur respond qu'ils ne srauroient tirer de cet argument aucune bonne conséquence ; pour ce que les noms des Saints ne sont mis dans les Litanies selon la chronologie, ou ordre des tems qu'ils ont vescu, ou souffert le martyre, mais selon le rang qu'ils ont tenu, de Patriarches, Prophètes, d'Apôstres, Disciples, Martyrs, Confesseurs, Vier- I, 20

ges et Veufves; voire, ainsi qu'il a pieu à ceux qui les ont dressés. Car, quelle raison ont eu ceux qui ont disposé les Litanies du bréviaire Romain, de mettre S. Fabian, pape et mar- {yr, après ces deux Diacres, veu que, comme Pontife Romain, et aiant souffert le martyre, dès Tan 252, soubz Dèce, il devoit Gstre mis devant S. Laurens, qui ne triompha des feux et des bourreaux, que soubz Valerian, qui ne conunença sa persécution contre les Chrestiens, qu'en 260, en laquelle il enveloppa S. Sixte II, et son diacre S. Laurens; etdemesmeonpeutdire de S. Vincent, qu aiant souffert soubz Dioclétian, cinquante ans après S. Fabian ils dévoient estre inscrips dans les Litanies après ce Pontife Romain. Entre les Confesseurs, Evesques et Docteurs de l'Eglise, S. Grégoire est mis le premier devants. Ambroise et S. Augustin, qui estoient près d'un siècle devant lui : entre les Confesseurs non Pontifes , S. Benoist est mis devant S. Antoine (1), quoiqu'il fust postérieur à cetui-ci de près de deux cent ans , l'un estant mort en 358 , l'autre en 543. S'il falloit juger du tems qu'ont souffert les martyi*s par l'ordre qu'ils tiennent dans les Litanies, S. Savinian et S. Potentian sont tant dans les anciemies, escrites à la main, qu'es imprimées en 1555, incontinent après S. Clément, qui est le quatriesme entre les martyrs ; qui feroit veoir comme ils sont des premiers martyrs de l'église, incontinent après les Apostres, dont DOS correcteurs ne demeurent d'accord.

Lem* dixiesme raison est qu'Adon doit estre corrigé en son Martyrologe, par celui d'Usuard, quand il dit que ces deux Martyrs ont esté envoies par les Aposlres, pour ce que cètui-ci estant plus proche de Sens qu'Adon, et plus ancien, il avoit mieux sceu que ce dernier par qui ils avoient esté envoies, voire, que Robert d'Auxerre, qui vivoit il n'y a qu'environ 450 ans% A quoi on leur respond , que si Adon doit estre corrigé par Usuard, comme plus ancien, Usuard le doit estre par Bède, qui estoit devant lui. Or, est-il que Bède, eu son Martyrologe, porte le 31 décembre : SenoniSy beatorum Savini et PotenUaniy quia Beatis Apostolis ad praedicandum directi, prœfat<im urbem martyriisui confessioiie illusWem fecerunt. Où, par les bienlieureux Apostres, il entend S. Pierre et S. Paul, conune

(1) Osmensis.

nous l'avons montré ci-dessus, comme estant par excellence ainsi aj^pellés par-dessus tous les autres de leur collège, d'où Von peut conclure que ces saints ont esté envolés à Sens par S. Pierre et S. Paul.

Contre l'onziesme raison, qui est que chacun, du tems d'Adon et de Robert, chanoine régulier d'Auxerre, taschant de tirer l'origine de son Eglise des Apostres, auroit porté ceux de Sens au mesme dessain , pour avoir la préférence sur Paris , qui se glorifie d'avoir receu la foi par S. Denys , envoie par S. Clément, disciple et successeur des mesmes Apostres , on lem- respond que ceste raison est tout à fait impertinente, veu que l'Eglise de Pans ne pouvoit loi^s contester ceste primauté de tems contre l'Eglise de Sens , à laquelle elle estoit sujette , et l'a esté jusques en l'an 1622, qu elle en fut distraitte et séparée, et érigée en Archevesché par le pape Grégoire XV, par sa bulle du 13 des calendes de novembre audit an, et de plus, pour ce que nous l'avons montré ci-dessus de S. Innocent I , et du concile de Troislé, toutes les églises de France recongnoissoient avoii* esté instituées par S. Pierre.

Contre leur dernière raison qui est, que Melchior Ganus (1) escrit contre Vincent de Beauvais que : Non t<im dédit opcram^ ut res vcras certasque dcscribcrct , quam ne nihil omnino prxferiret , qxiod scriptum in scheduUs qiiibuslibet reperireluTy je dis que Hilduin et Baronius escrivent le mesme de Grégoire de Tours, qui a rempli ses œuvres de quantité de choses, qui tesmoignent sa simplicité et trop grande facilité à croire, y emploiânt beaucoup de discours, desquels il se fust bien passé, et que, si les Actes de S. Savinian et S. Potentian ne sont authentiques pour cest« raison, ceux de S. Saturnin ne le doivent non plus estre par là mesme. Pour ce que si ces Messieurs désirent de Vincent un plus ample tesmoignage, pour confirmer la vérité de son dire , nous en demandons tout de mesme de Grégoire, que Baronius argue de mensonge, tant en ses Annales qu'en ses Notes sur le Martyrologe Rornam, qui diminue beaucoup de la croiance qu'on pourroit avoir à ses escrits (2).

De toutes lesquelles responses, ci-dessus rapportées, il se prouve que les Evesques, dont parle Grégoire de Tours, ne sont

<1) Lib. II. De locis, — (2) Ann, 1000, num, 9 et in Martyr, octobr.

venus soubz Dèce, mais plutost du tems mesmedes Apostres ou voisin d'iceux , et que la foi Catholique n'a esté receue si tar dès Gaules que le dit Sévère Sulpice , et que les mai^tyrs y ont esté veus dès la naissance de la religion Chrestienne, et sitost qu'elle y a esté preschée; mais c'est le malheur du tems, auquel personne ne veut croire que ce qu'il lui plaist, et où il se trouve des esprits qui, pour montrer qu'ils en ont et faire parler d'eux, sont bien aises de révoquer en doubte tout ce qui estoit establi par l'antiquité, n'en considérant peut-estre la conséquence qui en est très-dangereuse, que pensant esclaircir trop la vérité, on la pert et n'y a plus rien d'asseuré, de manière que nous pouvons faire la mesme que le comique qui dit (1) :

Nostra œtas non multum fidei gerii ,

Tahulx notantur, adsunt testes duodechn TempuSy locumque scribit Actuarius ; Tamen invenitiir Rhetor, qui factvm nec/ef.

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