‹ Histoire du diocèse et de la ville de ChartresChapitre 59 sur 71 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De Gossault ou Gondesault, évesque de Chartres et des choses plus signalées, qui arrivèrent durant le tems de sa scéance.

/^ ossAUT, autrement Gondesault, après le déceds de Flavius, I -w- fut eslevé sur la chaire Chartraine, non en l'an 741 du VJ règne de Childebert, ainsi que l'avance le Catalogue de nos Evesques, mais en Tan 791 ou environ, soubz celui de Charlemagne. Quant à ce que porte ledit Catalogue, qu'il tint son siège dix-neuf ans, je ne le contredis pas, y aiant bien de l'apparence que cela puisse avoir esté , mais aussi je ne l'asseure pas. Severt a bonne grâce de reprendre Democharès et Chenu, d'avoir mis Gaubert en Tan 734; qu'il conteste devoir estre mis en cest endroit après Flavius; veu que lui-mesme a chopé lourdement, en la date du tems qu'il lui assigne, ne pouvant s'accorder avec celui que nos Prélats ont régi ce diocèse. Quoiqu'il en die, Gondesault doit avoir ici sa place, comme aiant succédé à Flavius. Chenu et Taveau escrivent qu'il n'a esté nostre pasteur que onze ans , Severt vingt-sept ans ; je ne croi ni aux

An. 791. uns ni à l'autre, et me tiens à ma première opinion, que j'estime plus probable, pour les raisons que je dirai au chapitre suivant. Toute ceste confusion n'est arrivée que par l'autheur du Catalogue de nos Evesques, lequel a voulu régler leur séance par le règne de nos rois, qu'il a très-mal assigné; et par ce désordre, en a causé un beaucoup plus grand dans l'histoire.

Pendant l'administration de Gondesault, les Huns ou Avares, s estant rebellés de nouveau, Charles se délibérant d'aller contre eux, pour les chastier, s'y disposa par jeûnes, qu'il fit publier les mercredi, vendredi et sabmedi, premiers de septembre; avec deffence de boire du vin durant iceux(l), et s estant mis aux champs, les deflBt sans espoir de ressource; et pour repeupler le païs, déserté par la guerre, y envoia des colonies de Bavières, avec commandement d'y bastir des égUses et monastères; où il y auroitde bons ecclésiastiques et religieux pour les instruire en la doctrine Chrestienne et congnoissance du vrai Dieu. Ce païs qui estoit le Noricum Ripense des Romains, print le nom d'Ostrich, que nous disons Austriche, pour ce qu'il est à l'orient de Bavières.

Charles, aiant heureusement achevé son entreprtnse, se retira à Ratisbonne , pour estre plus à main de ses païs nouvellement conquis , pour les secourir plus promptement, au cas qu'il arrivast du remuement ; et pour y célébrer un Concile contre l'erreur de Félix, évesque d'Urgel, ville des Pyrénées du costé de l'Espagne; lequel enseignoit que Jésus-Christ n'estoit fils naturel de Dieu, mais seulement adoptif. Le Concile fini, où l'autheur de ceste hérésie, qui y estoit présent avec Helipandus, archevesque de Tolède, qui l'espauloit, fut condamné (2), et arresté que Jésus-Christ, comme honmie, estoit vrai et naturel fils de Dieu ; il se descouvrit que Pépin , bastard de Charles , avoit complotlé de le tuer; il se contenta de faire crever les yeux à Pépin, qui estoit ime peine assez ordinaire en ce tems-là, et de le confiner premièrement au monastère de Saint-Gai, puis en celui de Prum; mais pour les complices , il les fit tous mectre à mort (3).

Ceste borrasque passée , il s'en leva mie autre du costé de Be-

(I) Carol., Epi. ad Faslrad,, Conc. Gall. t. H., p. 158. — (2) Alcuin, lih. 1. Contra. Eii)an(l. — (3) Abb. rspcrp.

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nevent, où, pour la dissiper, envoia promptement Louis, roi An. 793. d'Aquitaine, pour secourir Pépin , son frère, qui s'y trouvoit enveloppé; mais Tannée d'après, qu'on comptoit l'an 793, la révolte générale des Saxons qui avoient défait Thierri, son neveu et estoient retournés à leur idolastrie, et la descente des Maures dans la Septimanie en Languedoc, où ils avoient deffait les capitaines François, qui gardoient la frontière, avoient fait une rafle sans perte des leui^, lui donnèrent plus d'affaires. Ne trouvant quelle pièce y coudre, il s'en alla à Francfort, pour y passer son desplaisir et y tenir un Concile de trois cens Evesques, tant de France, d'Italie et d'Allemagne que d'Angleterre, contre l'erreur de Félix, évesque d'Urgel; lequel, condamné en rassemblée de Ratisbonne, il y a deux ans, ne laissoit de publier son hérésie , et taschoit d'en infecter les prélats François.

Ce Concile rompu , chacun troussa bagage pour s'en retourner chez soi, et Falstrade, espouze de Charles, ploia le sien pour faire voiage en l'autre monde. Le roi lui aiant fait ses obsèques, comme à personne de sa naissance et condition, il la lit transporter à Mayence, et inhumer en l'église de Saint- Alban, où elle gist. Au mesme tems, les Saxons se rebellèrent encores, pour rompre la contumace desquels, et les empescher de se soulever à l'avenir, Charles en print une troisiesme partie , qu'il transporta vers le pais de Flandres et du Besin ; aux habitans desquels endroits ils communiquèrent leur mauvaise humeur, de sorte que ces peuples ont presque toujours esté rebelles à leurs naturels seigneurs. C'est pourquoi on disoit dès lors que Charles avoit fait d'un diable deux, c'est-à-dire que d'un peuple mutin et désobéissant, il en avoit fait deux.

Ces tumultes appaisés, le roi retira son armée de Saxe, et néamoins aiant un Parlement à Cortheim, ville sur le Mein, il y fut résolu que les Saxons seroient contraints par toutes voies à reprendre la reUgion Chrestienne, de laquelle ils avoient apostasie, et quicter l'idolastrie à laquelle ils estoient retournés. Le roi estant rentré dans leur païs, en fit passer plus de trente mille au fil de l'espée, de quoi le reste estant effraie, promit d'obéir, et donna des ostages de sa foi, que ledit prince emmena avec lui à Aix-la-Chapelle, où il passa Noèl et Pasques.

Le pape Adrian estoil décédé dès la veille de Noël précédent, et Léon 111 avoit esté subrogé dès le jour mesme en son

An. 795. lieu. Les neveux de son prédécesseur, qui le haïssoient , raiant outragé en une procession publique qui alloit à Saint- Laurent in Lucina, ou de la Grille, il s'eschappa de leurs mains, et fut trouver le roi, qui estoit lors à Paderbrun; il fut fort bien receu de lui, qui Taiant régalé quelques jours et obtenu de Sa Sainteté qu'il érigeast l'église du Heu en cathédrale et la dédiast, le renvoia à Rome avec Hildoald, maistre de sa Chapelle et Annon, évesque de Saltzbourg, commissaires pour congnoistre de ce qui s'estoit passé. Le Pape fut fort bien receu du clergé et des bourgeois de Rome, le 29 novembre, et les commissaires commencèrent à travailler au procès. Paschal et Campule, autheurs de la sédition, n'aiant peu prouver les crimes quils avoient imposés à Léon, il fut receu à s'en purger pai» serment; ce qu'aiant fait il fut absouls par les commissaires, et ses accusateurs condamnés à mort; laquelle, à la prière du Pape, leur fut commuée en une prison qui leur fut assignée en France.

Charles, aiant passé son hiver à Aix-la-Chapelle, lequel fut si rude que la mer Majeure gela jusques à ceste ville de cinquante coudées d'espois; il partit, sur la mi-mars de Tan 800, pour visiter la coste marine de France depuis le Brabant jusques en la Bretagne- Armorique, ety mectre des garnisons, pour s'opposer aux courses des Danois , qui muguetoient la Flandres. Après y avoir donné l'ordre nécessaire, il alla passer les festes de Pasques, qui estoient le 19 d'apvril, en Tabbaïe de Saint- Riquier en Ponthieu, et de là fut à Rouen et à Tours, où Louis d'Aquitaine, son fils, le vint trouver. Durant le séjour qu'ils y firent, Luitgarde, que Charles avoit espouzée en quatriesme nopces, y décéda, le 5 juin, et fut inhumée en l'église de Saint- Martin (1). Le dueil achevé, le roi print son chemin par Orléans et Paris, pour s'en retourner à Aix.

11 avoit toujours en sa pensée de faire un voyage en Italie, tant pour venger l'affront qui avoit esté fait au Pape, que pour autres considérations ; il ne voulut l'entreprendre sans l'avis de ses sujets, qu'il fit assembler à Mayence, au conunencement d'aoust, où ce voiage fut résolu. Aiant disposé son,armée, il partit sur la fin de l'automne, avec Pépin , son fils, ils se rendirent à Rome, le 24 do novembre. Le Pape fut au-devant jus-

Ci) Aflclard. Alb. Krantz, lib. IV, ch. 41. Abb. Usperg.

ques à Nomento à douze milles de Rome où le Roi le receut fort An. 800. honorablement et soupèrent ensemble; sept jours après, aiant fait trouver en Téglise Saint-Pierre le clergé et le peuple, il leur exposa le sujet de sa venue, et que comme Patrice de la ville, il désiroit remectre toutes choses en leur premier estât et couper chemin aux séditions qui poiu*roient naistre à Tadvenir ; qu'il avoit courru force mauvais bruits du Pape , qu'il estoit là pour en faire justice, que si quelqu'un avoit à se plaindre ou proposer quelqu accusation contre lui, il Tescouteroit très volontiers, et lui en feroit raison. Personne ne s' estant présenté, le Pape monta dans le pulpitre de l'église, où suivant l'ancienne forme, il jura sur les saints Evangiles qu'il estoit innocent des crimes qui lui avoient esté imposés par ses haineux.

Le jour mesme, Zacharie, prestre, que le Roi avoit envoie en Hiérusalem porter ses offrandes, arriva à Rome, et lui présenta, de la part du Patriarche de ceste sainte cité, deux moines, l'un du Mont des Olives, l'autre de Saint-Saba ou Bethléem, qui lui firent présent des clefs du Saint-Sépulcre de Nostre-Sauveur, avec une bannière, que quelques-uns ont estimée estre l'Oriflamme de laquelle se servoient nos Rois en leurs armées , mais, comme il se verra ci-après, elle n'est si ancienne.

Léon, afiranchi de la crainte qu'il pouvoit avoir de ses ennemis, pensa à faire quelque chose pour gratifier le Roi. Les Empereurs d'Orient estoient fort mal dans l'esprit des Romains, qui n'en pouvoient retirer de secours. L'hérésie du brisement des images qu'ils avoient commandé d'oster des églises, les avoit décrédités, et la cruauté d'Irène envers son fils qu'elle avoit privé de la veue, de l'empire et de la vie, lui avoit concilié la haine des Occidentaux, qui ne pouvoient se résoudre à obéir à une femme. Tout cela joint ensemble , il fut fort facile au Pape de persuader aux Romains de redonner à leur ville son premier lustre et splendeur en jectant les yeux sur Charles, auquel et à ses prédécesseurs l'égUse et le peuple Romain avoient de grandes obligations ; lui déférer la dignité d'Empereur, dont l'eslection lui avoit esté ostée pour la transporter au Levant. Plusieurs goustant ceste ouverture, et croiant qu'ils ne pouvoient faire un meilleur choix que de ce prince valeureux chargé de palmes et lauriers, de tant de glorieuses victoires et conquestes, approuvèrent d'un commun consentement la proposition de ce

An. 800. souverain Evesque, et conclureut de le publier Empereur, le jour de Noël prochain, comme ils firent. Theophanes , autheur grec , ignorant peut-estre que Tannée Romaine commenroit audit jour, a escrit que Charles avoit esté couronné Empereur, les calendes de janvier, èsquelles commence l'année commune, bien lom de ce qu'en dit la grande Chronique de Saint-Denis manuscripte , que ce fut le jour de la Trinité , que le copiste a volontiers prins pour celui de la Nativité.

Charles se voiant au faiste des grandeurs qu'il pouvoit espérer, passa le reste de l'hiver à Rome, pour donner ordre aux affaires d'Italie et réformer beaucoup d'abus, qui s'y estoieut glissés, par la longue absence des Empereurs et Patrices; ayant disposé toutes choses selon ses intentions, il partit de Rome le 24 apvril de l'an 801 , pour se rendre à Pavie, où il récent les nouvelles que les ambassadeurs de Arachid-Bila-Haruiî, caUfe de Perse, estoient desjà à Pise, pour le venir trouver, de la part de leur maistre. Il envoia au-devant pour les complimenter et les conduire vers lui. Nicole Giles veust quentr autres présents que ce prince envoia au nosti*e , fust la Chemise de Nostre-Dame, dont nous traicterons ci-après, un éléphant, qui estoit le seul qu'il eust, duquel il se voulut priver, pour tesmoigner à Charles l'estime qu'il faisoit de son mérite.

Les nouvelles de l'eslection de Charlemagne (ainsi le nommerons-nous doresnavant) estant arrivées en Constantinople , estourdii'ent les Grecs, mesmement Irène, laquelle ne sachant conunent parer à ce coup de la disgrâce, depescha vers l'Empereur pour lui demander la paix , et lui en mariage. Il accorda le premier et lui refusa le second, et pour conclure la paix avec elle, il lui envoia Jessé, évesque d'Amiens, et le Comte Helingault; mais auparavant qu'ils y arrivassent, Nicephore Logothete (qui estoit conune le Chancelier de l'Empire du Levant), averti par le patrice Arthemie de ce qui se passoit , craignant ({ue ceste femme ambitieuse, qui avoit violé les loix de la nature pom* régner, ne fit de mesme de celles de l' Estât, et ne tiansportast l'Empire hors de la Grèce, se saisit d'elle et des marques de l'Empire, le premier de novembre 802, et la relégua en Tisle de Lesbos, autres disent Pathmos, où elle moiu'ut l'an suivant. Mais comme les usurpations sont dangereuses, et ceux qui les font courent bien souvent risque de leur vie , Nicephore ne se

fiant aux Grecs et craignant d'ailleurs que Charlemagne ne le An. 802, troublast en sa possession, il traicta fort humainement les ambassadeurs François, qui estoient arrivés après ce changement ; et Tannée suivante envoia les siens avec eux, qui trouvèrent l'Empereur à Salis, où il estoit venu d'Aix, où il avoit passé les festes de Noël et son hiver.

Chacun avoit peur de son compagnon, et tous deux craignoient qu'à leur nouvel avènement , il ne se brassast quelque chose contre eux, pour les troubler en leurs possessions, ce qui les obligea de faire la paix ensemble. Charlemagne, après avoir depesché les ambassadeurs du Grec, partit pour la Hongrie, où ayant donné ordre, il s'en vint passer Noël de l'an 804 , à Aix. Toutes les nations sembloient estre bien contentes de l'eslection de Charlemagne à l'Empire. Il n'y avoit que les Saxons, qui ne pouvoient veoir de bon œil tant de prospérités en une personne, qui leur avoit causé tant de fascheries, croiant que le rehaulsement de ce prince devoit estre leur abaissement, et sa gloire, leur confusion . Geofroi, roi de Danemai'k, puissant en biens et en hommes fomentoit l'aliénation des volontés de ses sujets envers leur seigneur, et leur conseilloit se retirer de leur obéissance, auparavant que ses affaires fussent mieux establies, estimant un coup de pai1,ie d'attaquer le premier son ennemi. Charlemagne, adverti de ces menées, gaigna Tavantage par sa diligence, aiant jecté son armée dans la Westphalie, qui fut fort aise de faire joug soubz les lois du vainqueur et de recevoir la religion Chrestienne ; et le Danois bien content de faire sa paix avec l'Empereur. Les Saxons se voiant abandonnés de ceux en l'assistance desquels ils avoient toute leur confiance, et qu'il falloit que leur malheur cedast au bonheur des armes de Charlemagne, firent comme les autres, et se soumirent entièrement à la volonté de leur vrai et naturel seigneur.

L'Empereur, ayant ainsi abattu ces courages mutins, s'en alla à Colongne vers la mi-septembre, où il rompit et congédia son armée, et fut faire sa chasse d'automne aux Ardennes et passer son hiver à Aix-la-Chapelle. Vers l'esté de l'an 805, Charlemagne vint tenir son Parlement à Poissi dans ce diocèse , à la fin duquel, il envoia son fils Charles, contre les Bohesmes, lesquels ayant mis îî la raison, il s'en revint trouver son père, qui faisoil sa chasse d'automne au pais de Vange, et s'en re-

An. 806. vindrent passer l'hiver à Thionville. Sur le commencement de l'an 806, Charlemagne partagea TEmpire à ses enfans, duquel il se réserva seulement Tusufruit sa vie durant, et sur le renouveau de 807, il receut, dit l'abbé d'Usperg, de très riches présents du Persan. On pourroit penser que ce fut les mesmes, que nous avons rapportés ci-devant, mais une distance de sept ans de l'un à l'autre, me fait estimer que ce Calife peut lui avoir envoie deux fois des présents pour se mamtenir en son amitié; chacun toutefois en croira ce qu'il lui plaira.

L'Empereur, se voiant en paix du costé du temporel, appUca ses soins au spirituel, et commanda à Pierre des Noëls de dresser son Catalogue des Saints, et à Paul Warnefrid, cité plus souvent sous le nom de Paul Diacre, de composer les Légendaires des Samts, qui se lisent d'ordinaire en l'Eglise. Aiant passé les festes de Noël, à Aix, il vint célébrer le Caresme et Pasques à Nimèghe, l'an 808. Les festes passées, il s'en retourna à Aix, où il demeura le reste de l'année. Sur le commencement de l'an 809, il y eut quelque guerre entre les Grecs et les François qui dura peu, et Louis aiant enlevé Tortose, qu'on croioit imprenable, sur les Mores d'Espagne, en vint rendre compte à son père qui estoit à Aix, où ils passèrent les festes de Noël.

L'année 810 fut funeste à Charlemagne, Rothrude sa fille aisnée, qu'il avoit promise à Constantin le jeune, estant décédée le 8 des ides de janvier, et Pépin, roi d!Italie, son fils, le 8 des ides de juillet , Tan 33" de son asge. Ce fut donunage de ce prince, qui ne promectoit rien moins que ces aïeux ; il fut inhumé dans le cemetière de Saint-Zenon de Viterbe, qu'il avoit basti et doté richement. N'aiant esté marié, il ne laissa qu'un bastard nonuné Bernard et cinq filles. Le père porta fort impatienunent la perte de ce fils qu'il aimoit uniquement, et plusieurs ambassades lui estant venues pour demander la paix, il la leur accorda, et aiant disposé des affaires de Saxe , selon que le tems lui pust permettre, il s'en alla à Aix, au mois d'octobre , où il fit la paix avec Hemninge, neveu de Gotric ou Godefroi, roi de Danemark, tué, peu auparavant par un sien soldat, et qui lui avoit succédé en ses Estais (1).

(1) Abb. Usperg., ad. 811. Joan. Mag. Hist. Goth. et Sue, lib. XVII, ch. 11.

Si nostre Gondesault a occupé la chaire épiscopale de Char- An. 810. très dix-neuf ans , il pourroit estre décédé ceste année , comme il y a bien de l'apparence, mais je n'ose l'accuser pour certain, sans autre preuve ou authorité.

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