‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 10 sur 204 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME

Qai n'aurait fui devaat l'outrage, l'ioceDdie ou la

mort?

Aussi , la. secoude période de l'émigration jetal-elle hors de France des milliers de familles complètement étrangères à l'aristocratie. C'étaient les bourgeois de Lyon, d'Avignon, de Toulon, ou les paysans d'Alsace, couvrant au loin les routes de lugubres traînées de femmes, de vieillards et d'enfants, chassés du foyer par le bourreau.

Tant que dura le régime de la Terreur, qui avait pour mobile, avoué par ses auteurs, l'extermination d'une moitié de la France au profit de l'autre', on conçoit la violence des lois contre les émigrés : il était logique de bannir ceux qu'on n'avait pas pu égorger; mais depuis la chute de Robespierre et de son système, la disparition de la cause aurait dû amener la disparition de l'elTet.

L'établissement de l'égalité n'était qu'une dérision cruelle, tant que des milliers de familles, innocentes de tout crime , ralliées ou résignées aux nouvelles institutions de lenr patrie , n'étaient pas admises à en jouir. Les parents et les amis des victimes qui se trouvaient encore en France ne pouvaient que mau-

* Dans son rapport sur le gouvernement révolutionnaire, fait à la Convention te 10 octobre 1793, Saint-Just posait en principe rexlermination de quiconque ne travaitlenût pas activement au triomplie de la République.

■ Vous avez à punir noo-seulonent les tratlret, mais lea indifférents.... Entre te peuple et ses ennemis, it n'y a de commun que te glaive. » — Barrèrei'JKm., t. H, p. *<!.

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H HISTOIRE DU DIRECTOIHE.

dire un régime si injuste; el les étrangers ne pouvaient pas croire à l'établissement sincère de la liberté dans un pays où un très-grand nombre de citoyens, et, parmi eux, les plus illustres, n'étaient pas libres de vivre paisiblement au foyer domestique, en obéissant aux lois.

L'amnistie solennelle du 4 brumaire an IV, — 26 octobre 1 795 , — avait profité même aux assassins de septembre : était-il raisonnable d'eu refuser le bienfait aux personnes qui étaient coupables, pour tout crime , d'avoir été royalistes sous la royauté ?

L'obstacle opposé aux aspirations religieuses n'était pas moins injuste.

L'opinion publique, plus équitable que les révolutionnaires, parce qu'elle était plus désintéressée et moins passionnée, souffrait aussi partout, dans les ville» comme dans les campagnes , de la calme et froide persistance que mettait le gouvernement à. interdire la religion et à persécuter les prêtres.

Les abbayes, les couvents, les moines, n'avaient laissé aucun regret. Sans parler du relâchement des ordres monastiques, qui avait affaibli leur autorité morale sur le peuple, la fièvre de travail qui enflamr raait la génération nouvelle faisait jeter quelque dédain sur l'ancienne oisiveté du cloître.

Le haut clergé , généralement peu connu des populations, mondain, chasseur, dissipateur, avait peu

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