‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 100 sur 204 · LIVRE QUARANTIÈME. îl · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTIÈME. îl

conde colonne , de lui enlever ses positions sur l'Avisio, et de la rejeter derrière la Brenla.

La colonne de Laudon se trouvant la plus éloignée, les opérations contre elle étaient ajournées.

Vaubois fut le premier engagé. Il attaqua le 3 novembre, avec succès, à Saint-Michel, niais sans réussir à prendre Segonzano.

Le 3 novembre, la colonne venant de la Carinthie passa la Piave. Bonaparte réunit à Vicence la division Augereau à la division Masséna, et le 5 il marche à l'ennemi; il le bat, et le rejette derrière la Brenta, qu'il avait passée.

Cependant Vaubois avait été forcé, le 3, de se replier sur Caliano, en redescendant l'Adige. Malgré la résistance héroïque de ses soldats, il dut, le 8, se replier encore, et prendre successivement position à la Corona et à Rivoli, réunis par un pont jeté exprès.

Instruit de ces revers dans le Tyrol, Bonaparte se replia sur Vérone , et y arriva le même jour avec les divisions Augereau et Masséna. Il se trouvait là au point vers lequel convergeait l'ennemi. Le 1 1 , Wurmser, poursuivant sa marche de Vicence sur Vérone, occupait l'espace compris entre Montebello et Caldiero. Le 12, au point du jour, l'armée française, sortie de Vérone, et s'étant avancée jusqu'à San- Martino, se trouva en face des Autrichiens, 13,000 hommes contre 22,000. Masséna et Augereau firent des prodiges; mais l'ennemi, fortifié d'un corps de

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réserve peadaat la lutte, restamattre des positions. Le soir, Bonaparte ramenait ses troupes à Vérone.

Un moment, sa grande âme sembla plier sous le poids de la responsabilité du moment. Il écrivit, plein de tristesse, les lignes suivantes au Directoire.

u Aujourd'hui, repos aux troupes; demain, selon les mouvements de l'ennemi, nous agirons. Je désespère d'empêcher le déblocus de Mantoue, qui, dans huit jours, était à nous. Si ce malheur arrive , nous serons bien tôt derrière l'Âdda, et plus loin s'il n'arrive pas de troupes.

» Les blessés sont l'élite de l'armée; tousnos officiers supérieurs, tous nos généraux d'élite sont hors de combat. Tout ce qui m'arrive est inepte, et n'a pas la confiance du soldat. L'armée d'Italie, réduite à une poignée de monde, est épuisée. Les héros de Lodi, de Millesimo, de Castiglione, de Bassano, sont morts pourleurpatrie,ousont à l'hôpital. Une reste plus aux corps que leur réputation et leur orç;uei!. Joubert, Lannes, Lanusse, Victor, Murât, Chabot, Dupuy, Rampon, Pijon, Chabran, Saint-Hilaire, sont blessés, ainsi que le général Ménard. J'ai perdu dans cette guerre peu de monde, mais tous des hommes d'élite, qu'il est impossible de remplacer.

» Ce qui reste de braves voit la mort infaillible au milieu de chances si continuelles , et avec des forces si minces. Peut-être l'heure du brave Augereau, de l'intrépide Masséna, de Berlhier, la mienne, est prête à sonner. Alors, que deviendront ces braves gens?

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