‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 101 sur 204 · LIVRE QUARANTIÈME. ÎI · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTIÈME. ÎI

Cette idée me rend réservé; je n'ose plus affronter ta morl, qui serait un sujet de découragement et de malheur pour qui est l'objet de mes sollicitudes.

» Sous peu de jours, nous essayerons un dernier efifort. Si la fortune nous sourit, Mantoue sera pris, et avec lui l'Italie. Renforcé par mon armée de siège, il n'y a rien que je ne puisse tenter. Si j'eusse reçu la 38* demi-brigade, forte de 3,500 hommes, connue à l'armée, j'eusse répondu de tout. Peut-être, sous peu de jours, ce ne sera pas assez de 40,000 hommes '. »

Cette amertume s'adoucit promptement dans l'âme de Bonaparte, peut-être par un pressentiment de l'une de ses plus brillantes victoires. Il devait dans huit jours écrire le bulletin d'Arcole.

Inforu que jg feld-maréchal Alvinzi s'approchait de Vérone ^g^ d'opérer sa jonction avec le corps de troupes ven^t ju Tyrol, Bonaparte y laissa Kilmaine avec 3i•^)o hommes, et descendit avec les divisions Vugere^ et Masséna le long de la rive droite de 'Adige, j,squ'à Ronco, où il fit jeter un pont dans » nuit du '4 au 13 novembre. L'armée passa la rivïe, avec la p,nsée d'arriver à Villaaova, sur la route'e Vicence à >^rone, dans la matinée, d'y surprend et d'y enlever^ parcs d'artillerie de

i Comtpoadoi d, ffapoléon 1", t. U, p. 1 39 ; 4796.

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l'ennemi, ses bagages, et de l'attaquer sur le flanc et sur ses derrières. Le quartier général d'Alvinzi était à Caldiero.

Il fallait, pour arriver aux Autrichiens, traverser le village d'Arcole, situé sur la rive gauche de l'Adige, au milieu de maraisetdecanaux. L'ennemi, informé des mouvements de l'armée française, y avait envoyé UD régiment de Croates et quelques régiments hongrois. Ces forces arrêtèrent nos divisions pendant toute la journée du 15 novembre. Il se fît, sur un petit pont situé au milieu du village d'Arcole, des prodiges inutiles de valeur. Comme le dit Bonaparte, trop de courage nuisit.

« Les généraux. Verdier, Bon, Verne et Lannes y furent mis hors de combat. Augereau, empoignap-' un drapeau, le porta jusqu'à l'extrémité du po'' '■ « Lâchesl criait-il à ses troupes, craignez-vou'*o"C tant la mort! » Et il resta là pendant plus'"''^ minutes sans produire aucun effet. Cependp*' " fallait passer ce pont, ou faire un détour de pi-sieurs lieues qui nous aurait fait manquer toute r'''* opération; je m'y portai moi-même, je dem'û'l*^ ^'^ soldats s'ils étaient encore les vainquei'S de Lod; ma présence produisit sur les troupes un mouement qui me décida encore à tenter ^ passage . ;

Celte suprême tentative, où Bonapfte fut renversé de son cheval, resta sans succ| comme les autres. Muiron et Elliot , ses aides de tf>p, périrent

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LIVHE QUARANTIÈME. îU

en le couvrant de leurs corps. 11 fallut attendre qu'une colonne commandée par le général Guieu, et qui était allée passer l'Adige à Âlbaredo , eût pris le village à revers. Elle n'arriva qu'à la nuit, mats Ârcole fut enlevé , pendant que Masséna arrêtait et culbutait une division ennemie descendue de Caldiero, entre l'Adige et la gauche de l'armée française.

Dans la nuit du 1 5 au i 6 , l'année française évacua le village d'Arcole, et s'en couvrit contre l'ennemi. Celui-ci avait eu le temps de faire filer ses parcs d'artillerie el ses bagages sur Vérone, et Bonaparte s'attendait à avoir toute l'armée d'Alvinzi sur tes bras au point du jour.

Le combat commença en effet au?L premières lueurs du jour. Masséna tenait la gauche, le général Robert était au centre, sur la chaussée; l'adjudant général Vial longeait la rive gauche de l'Adige, à droite, pour louraer ta gauche de l'ennemi.

L'attaque de Masséna eut un plein succès; il rejeta l'ennemi jusqu'aux portes de Catdiero. Le général Robert dégagea ta chaussée, et ta couvrit de cadavres autrichiens. La marche du général Vial fut arrêtée par des canaux et par des eaux profondes ; il ne put passer qu'avec moins de cent grenadiers; el sa diversion resta inefficace.

La nuit suivante, du 16 au 17 novembre, Bona- [larte fit jeler des ponts sur les canaux et tes marais; Augereau et sa division y passèrent; et à dix heures

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Mï HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

du matin, le 17, la lutte recommença; Màsséna, dans sa position des deux jours précédents, à gauche ; le général Robert au centre, comme la veille; Augereau à droite.

L'ennemi attaqua notre centre et le fit plier, menaçant notre droite. La célèbre 33* demi-brigade, presque toute composée de Languedociens et de Gascons, commandée parGardanne, et placée en embuscade, prit tout à coup l'ennemi en flanc, dans son mouvement -vers notre droite , et en fit un carnage horrible. La gauche de l'ennemi , masquée par des marais, tenait toujours. L'officier des guides, Hercule, prenant avec lui vingt-cinq hommes de sa compagnie, descendit l'Adige une demi-lieue, et revenant sur les derrières de l'ennemi avec une forte sonnerie de trompettes, il l'ébranla par une charge subite et imprévue. Augereau profita de ce moment d'hésitation pour presser plus énergiquement les Autrichiens; 'mais une colonne de 8 à 900 hommes, envoyée avec quatre pièces de canon , passa l'Adige à Porto-Legnago, les prit tout à coup à revers et acheva leur,déroute, qui fut complète. De son côté, Masséna, qui s'était porté au centre, marcha droite Arcole, qU'il emporta, et poursuivit l'ennemi jusqu'à San-Bonifacio, sur la route de Vicence à Vérone. La nuit l'empêcha d'aller plus avant '.

Telle fut cette bataille d' Arcole, qui dura trois jours, et oîi deux divisions désorganisèrent le corps

1 Correspondance de Napolàm I", t. II, p. ii»-9; H nov. 1796.

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