‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 103 sur 204 · LIVRE QDABANTIÈME. SS · texte numérisé non relu

LIVRE QDABANTIÈME. SS

L'attaque sur Monte-Batdo donna lieu à la belle et rude bataille de Rivoli, commandée par Bonaparte, le 14 et le 1 S janvier 1797, et d'où le feld- maréchal Atvinzi ne s'échappa qu'avec peine, suivi de trèspeu de monde, laissant aux mains du vainqueur 13,000 prisonniers. La tentative faite sur Ânghiari, le 14 janvier, amena de nouveaux et brillante combats, et décida de l'issue de la campagne.

La division autrichienne qui avait réussi à passer l'Adige était forte de 1 0,000 hommes ; elle était aux ordres du général Provera, et se proposait d'introduire dans Mantoue un convoi considérable de bœufs et de grains.

La bataille de Rivoli ayant paralysé ce qui restait d'ennemis dans le Tyrol, Bonaparte dut songer à la colonne qui s'avançait sur Mantoue par le bas Adige. Poursuivi par la division du général Guieu , qui avait remplacé Vaubois, et par la division Augereau, le général Provera tila toute la nuit par Castellaro, arriva devant Saint-Georges, et l'attaqua le 15 au matin. N'ayant pas pu y pénétrer , il essaya de forcer la Favorite , de percer les lignes du blocus, et de se jeter dans Mantoue, à l'aide d'une sortie que devait faire Wurraser. Ces diverses tentatives donnèrent lieu , le 1 5 janvier, au combat de Saint-George, le 1 7 à la bataille de la Favorite. L'issue en fut malheureuse pour le général Provera, qui fut forcé de capituler, livrant à Bonaparte 7,000 prisonniers, parmi lesquels un régiment de hussards et tous tes voton-

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S16 HISTOIRE DU DIRECTOIKE.

tairea de Vienne , avec le drapeau brodé par l'impé- 'ratrice, et 30 pièces de canon.

Ainsi , en quatre ou cinq jours , à la suite de luttes dans lesquelles on ne sait ce qu'il faut le plus admirer, de l'aclivilé ou du courage, la cinquième armée envoyée par l'Empereur en Italie était détruite. Le vainqueur avait pour trophées 23,000 prisonniers, 60 pièces de canon et 2i drapeaux '.

Dès ce moment, la troisième campagne était réellement 6nie. Le 28 janvier, les débris de l'ennemi étaient en pleine retraite dans les montagnes du Tyrol , et , le î février, le feld-maréchal Wunnser signait la capitulation de Mantoue.

La prise de Mantoue, c'était la conquête de l'Italie ; mais ce n'était pas assez pour Bonaparte , qui voulait la paix et qui la voulait énei^quement , comme la France et comme l'armée. Dès le 23 janvier, Bonaparte rédigeait, de concert avec le général Glarke , des articles préliminaires approuvés par Barras , et qui restèrent secrets ' ; mais de nouvelles victoires et un danger sérieux pour les États héréditaires pouvaient seuls décider l'Empereur à entrer en négociation. En conséquence, dès que les premières tiédeurs du printemps le lui permirent, Bonaparte reprit l'offensive.

t CorrKfondatux de iVapoIéon i", t. U, p. 319; (7 janvier

' Les voir dans la Correspondance de Napot/ém /", t. H, p. 3U.

LIVBE QUARANTIÈME.

Depuis la bataille de Rivoli, l'armée française bordait à l'ouest et au sud la Piave et l'Avisio. Le prince Charles, qui avait succédé au feld-maréchal Âlvinzi , occupait l'autre rive de la Piave avec 16,000 hommes d'infaulerie, beaucoup de cavalerie et de canons. Il avait son centre derrière le Cordevoie , et appuyait sa droite à l'Adige, vers Satura.

Au moment de la reprise des opérations, l'année française était divisée en deux corps : l'un, aux ordres de Joubert, était à Trente, dans le Tyrol, 'destiné à marcher par Botzen, Brixen et Lienz, sur Klagenfurt; l'autre, le principal des deux, aux ordres de Bonaparte en personne, devait pousser versIaCarinthie parUdine, prendre Trieste, Laybach^ et une fois rejoint à Klagenfurt par la division Joubert, marcher sur Léoben, et de là, s'il le fallait, s'élancer sur Vienne.

Le i5 mars 1797, Joubert reçut ses instructions, qui lui ordonnaient d'attaquer par Botzen ou Bolzano, en vue de s'engager, une fois parvenu à Brixen, dans la vallée de la Drave.

Dès le 1 mars , Bonaparte avait pris l'offensive.

Le 1 oiars au matin , la division Ilfasséna s'étant portée à Feltre, l'ennemi évacoa, à son approche, la ligne du Cordevcrfe, et se retira à Bellune.

Le 12, la division Serrurier part d'Asolo, et passe la Piave en face et malgré les efforts de l'ennemi ,

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qui évacue son camp de Campana. Le même jour, la division Guieu passe également la Piave à l'Ospedalelo, et arrive le soir à Conegliano. Poursuivant sa route sur Sacile , le général Guieu y arrive le 1 3 , y surprend et y bat l'ennemi.

De son côté, la division Masséoa s'était avancée de Feltre sur Belluoe, avait poursuivi les Autrichiens en retraite sur Cadore, et leur avait fait des prisonniers.

Le 16 mars, la division Guieu, qui avait poussé jusqu'à Pordenone, en part à cinq heures du matin; la division Bernadole était partie de Sacile à trois heures; enfin la division Serrurier était partie de Pasiano à quatre heures; toutes trois se dirigeaient vers Vâlvasone, d'où Bonapartte voulait diriger le passage du Tagliamento.

Le même jour, à midi, tes deux divisions étaient au bord de la rivière; le soir, à l'entrée de la nuit, la bataille du Tagliamento était gagnée sur le prince Charles en personne, qui avait inutilement défendu le passage à ia tête de vingt-deux mille hommes.

Le 18 mars, la division Bernadette se dirige sur Palmanova, qu'elle dépasse, et prend position sur le torrent de la Torre, dans la direction de Gradisca. La division Serrurier tenait la droite, la division Guieu la gauche. Un régiment de chasseurs, aux ordres de Lassalle, se dirigeait, à gauche de l'armée, vers Udine. De son côté, la division Masséna, se ralliant de plus près au mouvement général de Bonaparte, re-

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