LIVRE QUARANTIÈME
montait le cours du Tagliamento, et gagoait San- Danîele et GeniODa.
Le 1 9 , les deux divisions Bemadolte et Serrurier prennent Gradisca et passent l'Isonzo, faisant trois mille prisonniers sur les meilleures troupes du prince Charles.
Arrivée à Gemona, la division Masséna, remontant les gorges du Tagliamento, avait enlevé le fort de Chiusa-Veneta, forcé le pont de Casasola et poussé jusqu'à Pontebba ; elle y recul, le 31 mars, l'ordre de pousser jusqu'à Tarvis, pour y faire sa jonction avec la division du général Guieu, qui se dirigeait sur ce point par dormons, Cividale et Caporetto, chassant devant elle l'ennemi, qui essaya vainement de résister à Pulfero et à la Chiusa autrichienne, et tomba à Tarvis entre les mains de Masséna, lui hvrant cinq mille hommes, trente pièces de canon et quatre généraux.
Le 20 mars, les divisions Serrurier et Bernadotte se portèrent à Goritz, où elles entrèrent le 21 . Bonaparte y établit le même jour son quartier général, et donna l'ordre de se porter immédiatement en avant de Goritz, sur la roule de Laybach.
Le 32, le mouvement en avant se poursuivait. La division Guieu arrivait à Elagenfurt et la division Bernadotte à Wipbach.
Les trois directions données par Bonaparte à son armée avaieht toutes Klagenfurl pour but. La division Joubert y tendait par la vallée de la Drave , la
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230 IIISTOIHE DU DIRECTOIRE.
divisioD Guieu y arrivait par la vallée de l'tsoam, suivie des divisions Masséoa, Au^ereau et Serrurier, et le â6 mars, Bonaparte y donnait rendez-vous à bref délai à la division Beroadolte, engagée dans la direction de Laybach, occupant Gori(z et Trieste, et pouvant se rallier au corps d'armée principal par la vallée de la Save. Il semblait à Bcniaparle que lorsque ce mouvement de son armée serait bien dessiné, le prince Charles serait forcé de repasser la Drave, et de fie porter sur Gralz pour couvrir Vienne.
Dans celte hypothèse, d'elle-même assez plausible, Bonaparte pressait le Directoire de faire passer le ^lin par l'armée du Rhin et Moselle, aux ordres de Moreau, sous peine de voir toutes les forces de l'Autriche se réunir.coDtre l'armée d'Italie.
u Le Rhin est-il passé ? écrivait-il le 25 mars. Il est clair que d'ici à quatre ou cinq jours, où mon mouvement va être démasqué et où dès lors l'ennemi sentira dans quel danger il se trouve, on abandonnera à peu près le Rhin pour tomber sur moi. Si Moreau ne marche pas alors à doubles journées sur l'eanemi, de manière à le serrer et à pouvoir le joindre le plus tôt possible, je serai battu et obligé de regagner l'Italie'. »
Le Rhio n'était p<Hnt passé et ne le sera point avant la fin de la campagne, qui approche avec son dénoûmenl fatal et glorieux.
Bonaparte quitta Goritz le 28 mais, et porta le
> CamtpimicMBt de NapoUon 1", t. H, p. Sf 6-S.
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même jour son quartier général à Tarvis, et de là à Villacb , sur la Drave. Le 30 mars, il était à Klagenfurt, où la division Masséna rencontra et chassa devant elle l'ennemi en désordre et découragé.
Le 1" avril, la position de l'armée française était celle-ci : quatre divisions occupaient Kiagenfurt et avaient leurs avant-gardes à Friesach; un corps de cavalerie, remontant la Drave, opérait la jonction du corps de Bonaparte avec celui de Joubert; la division de Bemadotte étaità Laybacli, prête à rallier le centre, soit par la route de Kiagenfurt, soit par la route de Gratz, si Bonaparte poussait sur Vienne.
Dans cette situation , Bonaparte adressa une lettre simple et^digne au prince Charles, pour lui proposer de se faire le promoteur de la paix.
ic ÂvoDs-nous tué assez de monde? disait-il. L'Europe, qui avait pris les armes contre la République française, les a posées. Votre nation reste seule. Vous, monsieur le général en chef, qui par votre naissance approchez si près du trône et êtes au-dessus des petites passions qui animent souvent les ministres, ètes-vDus décidé à mériter le titre de bienfaiteur de l'humanité et de vrai sauveur de l'Allemagne ' ? »
Tout en proposant la paix, Bonaparte fortifiait Kiagenfurt et continuait sa marche sur Vienne.
1 CiHTMpondancxieiVfipoleon/", t.U, p.568-9;31 uars41iT.
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S32 HISTOIBE DU DIRECTOIRE.
Le 2 avril, il était à Friesach; le 4, au château (le Scheifïling; le 7, à Judenburg, où il concluait, à minuit, une suspension d'armes de cinq jours avec le général de Merveldt et le comte de Bellegarde. De là il portai tsuccessivementson quartier général, le 1 0, à Briich; le il, à Gratz; enfin le 13, à Léoben, où il signait avec le major général de Merveldt' une prolongation de l'armistice pour trois jours.
Cette prolongation d'armistice fut changée le 18 en préliminaires de paix, signés au château d'Eggenwald, près de Léoben, par Bonaparte, pour la France, par le marquis de Gallo et le comte de Merveldt, pour l'Empereur.-
(I M. de Gallo est venu chez moi à huit heures du matin, dit Bonaparte, il a dit qu'il désirait neutraliser un endroit où nous pussions continuer nos conférences en règle. On a choisi un jardin au milieu duquel est un pavillon ■ ; nous l'avons déclaré neutre, farce à laquelle j'ai bien voulu me prêter pour ménager la puérile vanité de ces gens-ci. Ce prétendu point neutre est environné de tous côtés par l'armée française et au milieu des bivouacs de nos divisions. Arrivés dans la campagne neutre, l'on a entamé les négociations'. » C'est dans la conversation de la veille et dès les premiers mots relatifs à la reconnaissance de la République par
* Ce pavillon porte, dans les préliminaires de paix, le nom de château tpEggeutcald.
s Correspondance de Napoléon I", t. II, p. 638; «6 avril M%1.
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