‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 112 sur 204 · LIVRE OUABANTE ET UNIÈME. SiS · texte numérisé non relu

LIVRE OUABANTE ET UNIÈME. SiS

poursuivit néaDmoins la conquête des âmes sans Taiblir, sans s'humilier, sans condescendre à aucuue transaction, parlant toujours avec autorité, et n'admetlaDt que des hommes résolus à se soumettre à ses principes et à sa hiérarchie. Telle était sa force naturelle d'expansion , même réduite à elle seule et sans aucun pouvoir humain, qu'à la fin du deuxième siècle, , du temps de saint Irénée et de Tertullien, les Églises étaient déjà nombreuses, partout répandues, et en état de relations régulières les unes avec les autres.

Cest par sa propre vertu que le christianisme se fonda , qu'il se répandit, qu'il fit accepter l'autorité de ses principes et les règles de sa hiérarchie. Les luttes qu'il eut à soutenir, et desquelles il sortit victorieux , dépassaient tellement la mesure de la sagesse et de la force humaines, qu'aucun esprit sensé n'a jamais pu méconnaître dans ce triomphe miraculeux l'action directe de la Providence.

Il est donc vrai que la primitive Église ne s'appuya sur aucun pouvoir temporel. Sa mission et sa - gloire furent au contraire de vaincre les pouvoirs païens par la force de sa doctrine. Ayant d'ailleurs à substituer son action civilisatrice à celle des gouvernements antiques et à résister à leurs persécutions, elle ne pouvait pas invoquer leur appui-, mais quelles qu'eussent été les conquêtes morales de l'Église dans ces temps primitifs, il faut bien avouer cependant que la propagation du christianisme fut plus générale et plus rapide, à partir du moment où, gagné lui-

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ut HISTOIBE DU DIRECTOIBE.

môme à la doctrine de l'Évangile , l'empereur Constantin en favorisa publiquement l'essor.

C'était un des principes fondamentaux de la politique dans l'ancienne Rome d'associer étroitement le gouvernement et la religion ; si bien que des philosophes éminents, tels que Symmaque, crurent pouvoir attribuer la décadence de l'empire à l'abandon des anciennes divinités païennes. Fidèle à cette tradition , Constantin se considéra comme le protecteur naturel et néces.^ire de l'Église, et il promulgua saccessivement les lois que conseillaient sa sécurité et son agrandissement. Ces lois se voient encore, éparses dans le code de Théodose; et, au nombre des premières et des plus remarquables, est" celle qui établit la célébration du dimanche , et celle qui abolit le supplice de la croix.

Mettant le sceau à ce protectorat auguste, Constantin convoqua, en 3Î5, le concile oecuménique de Nicée. Présent aux mémorables discussions de cette première assemblée universelle de l'Église , dirigée par Osius, au nom du pape Sylvestre, et dans laquelle fut décrété le symbole qui porte son nom, Constantin en publia les ordonnances par une lettre adressée à tous les chrétiens de l'empire, et fit servir ainsi l'autorité souveraine à l'unité de la discipline et de la foi.

Abritée ainsi pendant plusieurs siècles sous la majesté des Césars , l'aulorité spirituelle de l'Église put pénétrer plus intimement et plus rapidement la so-

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