‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 113 sur 204 · LIVRE QUAIUNTB ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUAIUNTB ET UNIÈME

ciétécivileetia société politique; améliorer les mœurs el les gouverneinents; gagner à la civilisation, l'un après l'autre, ces flots de barbares que l'Orient et le Nord versaient sur l'Europe, Goths, Hérules, Vandales, Looabards, Bourguignons, Francs; limon grossier qui eût couvert et étouffé les lettres, les arls, la philosophie, enfin toutes les conquêtes et toutes les gloires de l'antiquité grecque et romaine, si l'action bienfaisante du chrisliaDisme n'en avait fait une terre féconde, réservée à de nouvelles et à de plus riches moissons.

Tant que le patronage des empereurs s'étendit efiîcacement sur l'Église , cette dernière n'eut donc pas besoin, pour sa défense, d'une autorité temporelle qui lui fût propre ; et il est évident que, dans cette situation , aucune autorité de ce genre ne se serait jamais formée, parce que sa formation aurait été à la fois sans cause et sans objet.

Mais lorsque le pouvoir des empereurs, amoindri en Italie, transporta son siège de Rome à Ravenne, et surtout lorsque, chassé même de Ravenne, ce pouvoir, plus nominal que réel, ne fut personnifié à Rome que par un duc, relevant de Constantinople, mais à la merci des rois lombards ', l'Église, en

' En l'année i04, Honorius ûl de Ravenne la cag^tale de l'Mnpire d'Occident.

Odoacre, roi des Hëniles, y Sxa le siège de son pouvoir après SToir détrôné Augustule, en 476 ; el Tbëodoric, roi des Ostn^tlis, y rëeida pareillemeot, après avoir vaincu Odoacre, en 493.

Après avoir renversé l'en^ire des Ostrogolhs, Narsès 6t de Ra-

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m HISTOIBE DU DIBECTOIBE.

butte aux violences des chefs barbares, outragée, dépouillée par les factions, dut chercher, à défaut d'un protectorat extérieur ancien, qui lui manquait désormais, à se donner à elle-même une puissance matérielle assez efficace pour faire r^pecter son siège et ses institutions.

L'Église n'avait pas pu répandre librement sa doctrine sans acquérir par cela même un immense empire sur les populations. Les libéralités volontaires des premiers chrétiens lui avaient constitué un patrimoine incessamment accru; et ce patrimoine, toujours accessible et ouvert aux misères publiques ou secrètes, avait fait de l'Église la consolatrice universelle des afflictions.

Celte autorité morale de l'Église avait même eu la vertu de frapper toujours, et de fléchir quelquefois

venne le si^ge d'un exarchat, en 568 ; mais cet exarchat fut détruit, en Tài, par AsUilphe, roi des Lombards.

En 754, Pépin le Bref, roi de France, enleva Bavenne k Astolphe, et la donna au saint'Siëge en la personne du pape Etienne II.

Borne et son petit territoire étaient devenus un duché.

Ce duché était censé relever de Constantinople ; et le duc qui le gouvernait représentait les empereurs d'Orient.

On retrouve ce fonctionnaire à Borne jusqu'au temps du pape Paul l"; son autorité dut fort diminuer, â supposer qu'elle existât encore, à partir de cette époque, à raison des territoires que le sajnt-siége reçut de Pépin en pleine puissance ; et elle ne put subsister h partir de l'année SOO , puisque Charlem^ne fut alors sacrj empereur d'Occident à Saint-Pierre, par le pape Léon II[.

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