‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 114 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET UNIÈME

les barbares eux-mêmes. Les peuples avaient vu, en 453, la Papauté préserver Rome des colères d'Attila, et la relever peu à peu de ses ruines, lorsque Tolila, en 547, en eut fait un amas horrible de décombres, duquel, pendant quarante jours, disent les contemporains Marcellin et Procope, aucune créature humaine n'osa approcher.

Il était impossible que le spectacle d'une telle puissance et d'un tel dévouement ne Trappàt point les imaginations et ne gagnât pas lésâmes. Les Papes étaient donc à la fois pontifes et princes, au moins de fait, avant l'époque où les donations de Pépin et de Charlemagne constituèrent l'État de l'Église sur les bases ordinaires du droit public.

Cet Étal romain, gouverné en droit par un duc relevant des empereurs grecs, en fait par les souverains pontifes , comprenait alors , sur la rive gauche du Tibre, la Sabine et les deux Latium; sur la rive droite, toul. le pays compris entre Pérouse, Narni, la frontière toscane et la mer Tyrrhénienne.

A ce territoire vinrent s'unir ceux que l'inlervention des rois de France procura au saint-siége, lorsque les papes implorèrent leur protection contre les Lombards. ~

Ce fut le pape Etienne II qui , à l'exemple de deux de ses prédécesseurs, Grégoire III et Zacharîe, demanda cet appui à la France, en l'année 753. La France était déjà, à cette époque, la nation la plus puissante de l'Occident, et elle s'était toujours nion-

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trée, depuis la conversion de Clovis, invariablement dévouée au calhoticisme contre l'arianisme, l'bérésie la plus redoutable qu'ait jamais eue à combattre l'Église , et qui , après avoir agité le monde pendant près de trois siècles , n'est plus aujourd'hui , excepté aux États-Unis, pays des sectes, qu'une question d'histoire et de philosopbie.

Le pape Etienne II se rendit en France, auprès du roi Pépin , en l'année 75i ; il le conjura , au nom des intérêts de l'Église, de préserver Rome, menacée par le roi Âstolfe , et la religion chrétienne , outragée et persécutée par le sac des églises et des monastères.

Le roi de France, animé des sentiments et des principes traditionnels de ses prédécesseurs, reçut le Pape avec respect. Il réunit à Quierzy-sur-Oise tous les seigneurs du royaume, à l'occasion de la Tête de Pâques, qui, en cette année 754, se célébra le 1 4 d'avril. La situation de la Papauté y fut examinée, et il fut résolu par le roi, avec le consentement des seigneurs, que la guerre serait déclarée au roi des Lombards, en vue de lui arracher, pour être remis à l'Église romaine , les villes et les territoires usurpés sur les empereurs. En attendant, et en prévision des résultats de la guerre, te roi Pépin fit don au pape Etienne II et à l'Église romaine de ces villes et territoires à perpétuité, tant en son nom qu'au nom des deux, princes Charles et Cartoman, ses enfants.

Fidèle à sa promesse , Pépin et ses vassaux franchirent les Alpes et assiégèrent Astolfe dans Pavie.

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