‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 115 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. â5t · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. â5t

Un traité intervint, par lequel le roi des Lombards et les seigneurs de sa natiou s'engagèrent à restituer promptement Ravenne et les villes usurpées. Pépin et les Français se retirèrent; mais Astolfe et les Lombards, au lieu d'exécuter le traité, mirent le siège devant Rome au moisde janvier 755, brûlèrent les églises suburbaines, massacrant partout les prêtres, les religieuses et jusqu'à la population paisible des

Cette mauvaise foi et ces cruautés eurent leur châtiment; Pépin passa de nouveau les monts, força le roi Astolfe à lui demander quartier et à exécuter le traité de l'année précédente , par la remise de toutes les places et de tous les territoires , dont il fit à nouveau donation à saint Pierre, à l'Église romaine et à tous les papes , a perpétuité.

Des commissaires se rendirent, avec des députés du roi Astolfe, à Ravenne, ainsi que dans toutes les villes de la Pentapole et de l'Emilie, dont les clefs furent apportées à Rome et déposées , avec la donation de Pépin, sur la Confession de saint Pierre. Le Pape se trouva mis ainsi en possession de ces villes , au nombre de vingt-deux , savoir : Ravenne , Rimini, Pesaro, Fano, Ceseua, Sinigaglia , Jesi , Forlim- Popoli, Forli, Castrocaro, Monte-Feltro , Acerragio, que l'on ne connaît plus, Monte-Lucari, que l'on croit être Nocera, Serravalle, San-Marini,Bobbio, Urbino, Caglio, Luccoli, Eugubio, Commachio et Narni.

Tel fut le premier fondement politique et public

de l'État de l'Église*. Le Pape, jusque-là souverain de fait, accepté par la volonté et par la reconnaissance populaires, se trouva investi d'une souveraineté régulière et complète, grâce à des territoires dus à une cession fondée sur la conquête.

Dix-neuf ans plus lard, Charlemagne avait succédé à Pépin, Adrien 1" à Etienne III, et le roi Didier à Aslolfe.

Didier surprit quelques villes de l'exarchat , assiégea Ravenne et menaça Rome. Charlemagne accourut au secours de la Papauté; il assiégea Didier dans Pavie, à la fin de l'automne de l'année 774, et, pendant le siège, qui dura six mois, il se rendit à Rome, oi!i ilarrivalaveille de Pâques, llavaitalorsvingt-septans.

Mû par les principes qui avaient dirigé son père, il confirma la donation de Quierzy, et y ajouta de grands territoires, la Vénétie, l'istrie, le duché de Spolète et celui de Bénévent. De leur côté, les Lombards qui habitaient Rieti se donnèrent au pape Adrien , en quoi ils furent imités par les habitants de Fermo, d'Osimo, d'Ancône et de Foligno.

Tel fut l'accroissement que reçut l'État de l'Église par les mains des rois de France.

' Au moment où Pépin descendait en Lombardie pour la seconde fois, deux envoyés de l'empereur d'Orient, Constantin IV, dit Copronyme, allèrent le trouver devant Pavie, et le supplièrent de rendre Baveane et les autres places de l'exarchat à l'empereur.

Ce fait constate que l'epin dut lui-même à la conquête, c'est-àdire au droit de la guerre, les villes et le territoire qu'il donna à l'ËgUse.

Page 1