LIVRE QUARANTE ET UNIÈME
Papauté y fut déchirée encore pendant cinquante et un ans par le grand schisme d'Occident, terminé en 4 429, sous le pontificat de Martin V, Othon Colonne ; mais depuis ce moment, Rome se releva tout à fait de ses ruines; le souverain pontificatfit rentrer successivement sous son autorité toutes les villes distraites de son domaine; Givita de Gastello, en 1503; Imola, FaSnza, Forli, Rimini, en 1509; Rologne, en 1513; Pérouse, en 1520; Camerino, en 1538; Ferrare et Commachio, en 1558; Urbino, en 1636.
C'est l'époque du plus grand éclat du pouvoir temporel de l'Église. Ce pouvoir reçut alors l'organisation et l'extension qu'on lui vit jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. C'est l'époque de Jules II, de Léon X, de Grégoire XIII, de Sixte V, l'époque des arts, des lettres, des monuments; mais c'est aussi l'époque des schismes de Luther et de Calvin , qui séparèrent de Rome l'Allemagne, l'Angleterre, l'Ecosse , la Suisse et une partie de ta France.
La Révolution venait en outre d'en détacher la France entière; et Bonaparte , s'il avait exécuté fidèlement les ordres du Directoire, et!tt pris Rome et mis fin au pouvoir temporel de la Papauté. Heureusement pour la France et pour l'ordre général dans le monde, Bonaparte, était, comme Charlemagne, une de ces natures d'élite suscitées par la Providence, laquelle emprunte les mains d'un homme pour opérer les œuvres divines.
La pui^ance temporelle de l'Église atteignit ainsi ,
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vers la fin du seizième siècle, son plus haut degré d'influence et de gloire; mais tandis qu'à partir de cette époque , elle s'énervait dans une paix de près de deux cents ans, un travail actir et ininiense de rénovation transformait la vieille Europe.
La Suède perdait son rang ; la Turquie son presse; la Pologne son existence. La Prusse se créait; la Russie se faisait accueillir dans la famille des grands Étals; la France, momentanément troublée, refondait ses institutions séculaires au creuset d'une révolution encore pleine de menaces et de mystères.
Sur toutes les mers, des flottes telles que n'en virent jamais les Doria ou les Dandolo, déployaient les couleurs d'Espagne, d'Angleterre ou de France; et des armées de deux à quatre cent mille hommes étaient jetées par une seule nation sur les champs de bataille.
Perdue au milieu de ce déploiement de forces nouvelles, la puissance temporelle de l'Église n'était donc plus en étatde remplir le rôle de protection extérieure en vue duquel elle avait été créée. Sans efficacité comme force militaire en face des grandes puissances, l'armée pontificale conservait à peine pour elle-même une force suffisante de police; et en effet, depuis la un du dernier siècle, l'Étal et le gouvernement du sîiiat-siége n'onl pu exister qu'à l'abri de la protection étrangère.
Le pouvoir temporel de la Papauté, par suite des changements survenus en Europe depuis la fin du
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