‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 119 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET DNIÈHE · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET DNIÈHE

compléteDoent libre chez elle, et ne relèveque d'ettemème.

Cette idée d'assister à la chute du pouvoir temporel de la Papauté , et même d'y aider , en s'en réservant les débris, n'effrayait pas alors les gouvernements réputés tes plus catholiques. Le chevalier Artaud de Monter, qui fut initié par sa position aux secrets de la politique européenne en Italie à cette époque, n'hésite pas à mentionner un traité fait à Naples , en 1799 , entre le roi Ferdinand IV et le cabinet de Vienne , traité dans lequel les deux puissances partageaient entre elles les États pontificaux'.

Dans nne lettre ao Directoire , du Sl6 mai 4 797, Bonaparte disait : « L'Empereur et le roi de Naples visent évidemment à l'héritage du Pape... Le marquis de Gallo désirerait fort la marche d'ÂocÀoe pour Naples. » Et, dans nne autre lettre au minisire des affaires étrangères, do 13 septembre, il ajoutait: > La cour de Naples voudrait la moitié des États du Pape , eC spécialement Ancône '. »

Les sentiments des deux cabinets parurent d'ailleurs dans loul leur jour, lorsque Pie VII vint occuper son trône, le 3 juillet 1 SOO : les Autrichiens restèrent à Ancôoe et dans les Lotions; les Napolitains, qui sortirent de Rome avec regret, gardèrent Bénévent et Ponte-Corvo ; et il ne fallut pas moins que la volonté du ■ Premier Consul , après la bataille de Marengo , pour

' Arlaud de Monter, Vie de Pu VII, l. I, p. 167. s CorrapOfidance de Nap<Jim I", t. DI, p. S6-391.

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faire restituer au Pape ces villes et ces territoires*. Les mentes ambitioas se manifestèrent de nouveau en 1 81 5 ; et ce fut alors le prince régent d'Angleterre et l'empereur de Russie qui , snr lesinstances du cardinal Cbnsalvi, firent restituer au saint-siége les portions liu territoire ponttBcal conservées par les gouvernements d'Autriche et des Deux-Siciles.

Cette tendance de la maison d'Autriche était ancienne; car Richelieu avait dit d'elle qu' u elle affectait particulièrement de paraître aussi religieuse devant Dieu, qu'elle l'était en effet à ses propres intérêts*. » Néanmoins , il faut reconnaître qu'en cherchant à atténuer ou même à détruire le pouvoir temporel de la Papauté, la maison d'Autriche n'écoulait aucun sentiment hostile à la religion elle-même. Son ambition , traditionnelle dans la maison de Habsbourg , procédait de celle des empereurs gibelins, et elle affectait le patronage de la Papauté , sachant bien le respect et l'autorité qu'un tel rôle assurait à une dynastie dans l'opinion des peuples.

■ Une telle politique ne pouvait, à aucun degré, être conçue par Bonaparte, en 1796, avec le déchaînement général qui régnait, en France, dans les assemblées politiques et dans le gouvernement, contre le clergé catholique et contre la Papauté.

< Pendant les négociations de Léoben , l'Autriche demanda qu'il lui Tût donné une partie des Légations. — Corresp. de A'apo/ébn J", t. II, p. 639; 16 avril 1797.

3 Richelieu, Histoire de la Mère et du Fils, t. II, p. 3*5.

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