‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 12 sur 204 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME. SI · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME. SI

Il n'y avait pas plus d'adiiiiDistration que de fiaances. La manie délibérative de 1789 avait remplacé l'action concentrée et directe des intendants et des subdélégnés par des corps délibérants, auxquels la présence d'un commissaire du gouvernement 6tait l'initiative , et dans lesquels le renouvellement perpétuel détruisait l'esprit de suite. On délibérait au département, au canton, à la commune, et le manque d'impulsion centrale était cause qu'on n'agissait nulle part.

La justice était un mot, car si, à la rigueur, il y avait des juges , il n'y avait pas de lois. L'ancien droit n'était plus, et le nouveau n'était pas encore.

La Convention, avant de se séparer, avait voté des écoles; mais aucune n'élait sérieusement organisée, faute de professeurs pour occuper les chaires et de budget pour les payer.

Quant au culte, qui n'est pas seulement, pour l'immense majorité des habitants d'un pays, l'unique pain des âmes, mais qui est encore le mobile et le lien de la sociabilité, il avait disparu.

Les habitants des campagnes ne se réunissaient plus , le dimanche , autour des églises , abandonnées depuis la Terreur; plusieurs avaient été vendues, toutes étaient eSbndréesou déshonorées. Dieu n'était plus invoqué qu'en secret, dans le mystère du foyer

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n HISTOIRE DU DIRECTOIRE,

domestique, et il semblait s'être retiré de la société tout entière , avec l'ordre , la justice et toutes les vertus qui croissent à l'ombre de son nom.

Pendant la durée de la Terreur, tes enfants n'avaient pas été baptisés. Un grand nombre même n'avaient pas été inscrits sur les registres de l'état civil. Les agents municipaux de ce temps, nommés par les comités révolutionnaires, avaient la prétention d'imposer aux enfants, malgré les parents, les noms de Maral, de Challier, de Robespierre, et beaucoup dç familles avaient refusé de subir cet affront'.

fit si , à ce tableau k peine esquissé du déaordr« moral, on ajoute que depuis l'abolition de la corvée, en 1780, on n'avait plus travaillé ni aux chemins, ni aux routes; que la proscription des monnaies, sous le régime de la Terreur, avait commencé la ruine du commerce, et que la proscription des assignats, BOUS le Directoire, l'avait achevée; que la guerre continentale avait supprimé les transactions par terre , et la guerre maritime la navigation marchande, — on verra que le désordre matériel n'était pas moindre.

Une nation aussi profondément désoi^anisée appelait donc av6« ardeur le retour du oalme , de la confiance, du travail, des transactions, enfin de tout ce qui constitue la vie normale des peuples. Un pareil état de choses avait pu, pendant un oertain

' Voir le MoniUur du 9 juin 1797, motion de Dauchet au Conseil dM Ciat<:eaia, i^tmcv du S.

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