LIVRE QUARANTE ET UNIÈME
bien vivre avec le Pape et de traiter avec lui pour le rélablissemeot de la religion en France. Le cardinal Martiniana écrivit au Pape, le 26 juin, pour lui faire part de ces ouvertures. Pie Vil répondit, le 1 juillet, qu'il lee acceptait avec joie ; et, le i &oM, le prélat CoDsaIvi était nommé cardinal , pour suivre les négociation» du concordat '.
Ce gentiWnt profond et vrai de la religion , que Bonaparte avait coniservé au milieu du scepticisme de son tempe, ne s'afCàiblit jamais dans son àme^ il y puisa les principes de tolérance , de modération et de respect qu'il fit éclater, durant sa campagne d'Ila- Jie, danf ses rapports avec la Papauté.
Nous l'avons déjà dit , les instructions du Directoire lui ordonnaient de renverser le pouvoir lemporel de l'Église, sous le prétexte d'obtenir satisfaction du meurtre de Basville, secrétaire de légation à Naples, assassiné à Rome, dans une émeute, le 13 janvier 1793. Il rappelait avec tristesse , en 1 800, les maux qui lui avaient été ordonnés à cette époque et qu'il n'avait pu qu'adoucir. « Tous les changements qui arrivèrent alors, principalement dans la discipline, se firent contre mon inclination et ma façon de penser. Simple agent d'un gouvernement qui ne se souciait en aucune taçoo de la religion catho-
» Artaud de Montor, Vie de Pie VII, 1. 1, p. Hi-S.
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Ki HISTOIRE DU DIBECTOIKE.
lique, je ne pus alors empêcher tous les désordres qu'il voulait excitera tout prix, à dessein de la renvereer ' .
Si Bonaparte avait été le maître, le Pape aurait obtenu, en 1796, le même Irailement que le roi de Sardaigne, le doc de Parme et le grjind duc de Toscane, c'est-à-dire un armistice, en attendant la paix. Une lettre de Bonaparte au Directoire, du 7 juin 1 790, fait connaître les offres de contribution de Pie VI, et les dispositions de la cour de Rome à s'employer à pacifier la Vendée*. Ses instructions ne lui permirent pas d'accepter ces ouvertures; Bologne et Ferrare furent occupés; et le Pape, incapable de se défendre, ratifia , te 27 juin , un armistice conclu le 23 , à Bologne, par l'intermédiaire de M. d'Azara, ministre d'Espagne. Aux termes de celte convention, l'armée française restait en possession de Bologne, de Ferrare, et recevrait Ancône en dépôt. Le Pape s'engageait en outre à donner cent tableaux, bustes, vases ou statues, à livrer cinq cents manuscrits, et à payer une contribution de guerre de vingt et un millions de francs '.
Les événements justifièrent les pressentiments de Bonaparte. Cette rupture violente envers un Ëtat faible , qui demandait la paix en offrant des répara-
' Correspond, de Napoléon I«, t. VI, ji. iî6-7; 5jum<80<l. * Ibid., 1. 1, p. 459; 7 juin «96.
3 Voir le texte de l'armislice dans la Correap. de Napoléon I", t.I, p. 638-9; S3 juin 1796.
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