LIVRE QUARANTE ET UNIÈME
tiens et des subsides, inquiéta tous les autres gouvernements îtalieRS. « Diminuez vos ennemis, écrivait-il au Directoire. L'influence de Rome est incalculable; on a très-mal Tait de rompre avec cette puissance"; tout cela sert à son avantage '.
Le Directoire céda à moitié aux. observations de Bonaparte, et le chargea de négocier lapais. Heureux de pouvoir faire un peu de bien, en empêchant beaucoup de ma) , il se hà(a d'exprimer ses véritables sentiments à M. Cacault, nature droite et élevée, a l'unisson de la sienne.
« Vous pouvez assurer le Pape de vive voix que j'ai toujours été contraire au traité qu'on lui a proposé, et surtout à la manière de négocier; que c'est en conséquence de mes instances particulières et réitérées que le Directoire m'a chargé d'ouvrir la route d'une nouvelle négociation. J'ambitionne bien plus le titre de sauveur que de destructeur du sainl-siége; vous savez vous-même que nous avons toujours eu là-dessus des principes conformes; et moyennant la faculté illimitée que m'a donnée le Directoire, si l'on veut être sage à Rome, nous en profilerons pour donner la paix à cette belle partie du monde, et tranquilliser les consciences timorées de beaucoup de peuples *. »
Le regret causé au roi de Naples et à l'empereur d'Autriche par la soumission du Pape , la vieille et
' Corresp. de Napoléon I", t. II, p. Si ; 8 oclobre 1796. 3 Ibid., t. n, p. 100; 18 octobre 1796.
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fW HISTOIRE DU DIRECTOIBE.
traditionnelle doiaÎDatioD exercée sur une partie du sacré-collége par la cour de Vienne, enfiiD la nature même des cKoses, qui voulait que ramoindris' sèment de l'Ëtat pontifical ne se fît pas sans réeistance, furent autant d'obstacles aux dispositiws intelligentes et généreuses de Bonaparte.
Poussé à la résistance par une partie du sao^collège, excité par Naples, encouragé par Vienne, qui, sans accepter hautement son alliance, lui facilita des levées et lui donna des armes et des généraux. Pie VI crut ne pas devoir exécular l'article 8 de l'armistice, relatif aux tableaux, aux statues et aux manuscrits, et l'article 9, relatif à la contribution de vingt et un millions ' . Quelque opinion que l'on ait de -ce refus, bien téméraire en face d'un vainqueur, on ne saurait s' empêcher de dire qu'il eût mieux valu , en tout cas, dans l'intérêt des pnncipes, se refuser aux articles qui livraient des territoires qu'à ceux qui stipulaient des œuvres d'art et de l'argent.
Chargé, à partir du mois d'octobre , de la négociatiou , Bonaparte, déjà aux prises avec les «oupçons do Directoire, ne ^KMivait pas bien évidemment négocier et traiter à meilleur compte. Il se résolut donc bien malgré lui, non pas à marcher contre Rome, ce qu'il ne voulut jamais faire de sa personne , mais à diriger contre l'État pontificat une expédition qu'il earacté- TÏsa lui-même en disant à ses soldats : k La seule gloire que vous ayezà acquérir dans l'expédition que
* Correspondance de Napoléon f", t. II, p. 371; l** février 17*6.