‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 123 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET UNIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET UNIÈME

VOUS faites aujourd'hui, c'est celle qui résulte d'une bonne conduite ' .

Une seule division suffisait à cette entreprise. Bonaparte y employa la division Victor.

Partie de Bologne, elle arriva, lel" février 1 797, à Imola. La petiteannée pontificale, s'élevant de 3,000 à 4,000 hommra, s'était retirée derrière le Senio, et s'y était relranchée , après avoir rompu les ponts. Elle fît toute la résistance que Ton pouvait opposera l'armée française. Lannes, qui commandait l'avantgarde, et le général Lahoz, qui commandait la légion lombarde, enlevèrent la position, prirent l'artillerie, les drapeaux et i,000 prisonniers*. La campagne était fînie: car l'armée française ne tira plus un coup de fusil , si ce n'est à Faënza , où la populace voulut un instant défendre la ville.

Au reste , le caractère pacifique de cette expédition fut dô en grande partie à la modération de Bonaparte, qui fit régner partout l'ordre le plus sévère, et qm employa les moines à prêcher au peuple la confiance' et la eoumîssion '.

L'armée s'avança donc sans obstacle. Le quartier général fut transporté, le 3 février, à Faënza^ le (, àForli; le 3,àRiœiniet à Pesaro; le 8, àSinigaglia; le 9, àAncône, oùil resta jusqu'au \%; le ISfévrier, il fut transféré àLorette; le 14, à Hlbca'ata; le 16,

1 Corre^. Je t/ofoléom I", L Q, p. 394; i février 1797. ^ Ibid., p. âSC; 3 février 4797.

3 Ibid.

à Tolentino, où la paix, fut signée le 19, par l'entremise du cabinet de Naples.

DaDs cette courte campagne, Bonaparte eut à subir trois humiliations.

La première, ce fut d'être forcé d'envoyer à La Réveillère-Lépaux, qui l'avait demandée, la Madone de Lorette. Lui, qui respectera , en Egypte, la religion des musulmans, il était forcé d'insulter, en Italie , à celle des chrétiens. Au reste, l'humeur que lui inspirait un tel acte parut dans sa dépêche : « Je vous envoie, dit-il, ta Madone avec toutes les reliques. Vous en ferez l'usage que vous jugerez convenable, etc. ' ».

La seconde, ne fut d'être obligé de se justifier auprès du Directoire d'avoir donné un asile et du pain aux prêtres français émigrés. « Les trois quarts pleurent, dit-il, quand ils voient un Français '. » Cependant, comme c'étaient des émigrés, et de plus des prêtres réfractaires , il demande si la mesure ne contrariait pas les principes généraux. On sait que ces principes généraux étaient l'exil et la mort.

La troisième humiliation, ce fut d'élre réduit à se faire pardonner de n'être pas allé dicter à Rome des conditions à la Papauté vaincue. Les prétextes qu'il allégua, notamment la crainte des armées du roi de

1 Corresp. de Napotétm /", t. II, p. *«, 15 février 1797. — I L'enlèvement de la tienne Vierge de bois , qui éuit à LoreUe , paraissait à La Réveillère, écrit Carnol, une victoire bien plus importante que l'enlËvement des drapeaux du bataillon de Vienne. ' — Camot, Répom* à BaiOeui, p. 50.

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