LIVRE'QUARANTE ET UNIÈME. iH
porté aucune atteinte à son indépendance et à son autorité religieuses. Les faits ont confirmé cette appréciation. Remis en possession des Légations et de la Romagne par les traités de 1815, le saint- siège n'a puisé aucune force nouvelle dans ces territoires; en 1 821 , le pouvoir temporel a dû être protégé par rAutriche; eQl8i9,il a dû être rétabli par la France.
La possession des Légations et de la Romagne a offert, il est vrai, un peu plus de ressources au trésor pontifical, Un peu plus d'emplois aux familles attachées à la cour de Rome. Elle n'a donné à l'État pontifical lui-même aucun appui essentiel , et dont la privation doive èlre considéré comme un péril sérieux pour l'autorité spirituelle.
L'État pontifical, en le supposant tel qu'il était avant feutrée de Bonaparte en Italie, serait-il, par lui-même, et avec !es changements survenus en Europe depuis deux, siècles, en situation de se préserver au milieu d'une commotion générale ? — Évidemment non. Depuis qu'il n'est plus en état de se défendre par sa force propre, il faut qu'il cherche sa défense , non dans un peu plus ou un peu moins de territoire , ce qui serait illusoire, mais dans la protection des grands États, intéressés à sa conservation.
Deux conditions essentielles résument la situation et la forme sous laquelle, dans l'état présent de l'Europe, doit exister le pouvoir temporel de l'Église.
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t73 HISTOIRE DU DIRECTOIRE.
La Papauté doit posséder an Ë(at, afin d'y être indépendante et complétetnent maltresse de son organisation. Il est bon que cet État confine à la mer, afin que les catholiques du monde entier puissent, sans être Torcés d'emprunter le territoire d'aucun prince, se rendre auprès dn saint-siége. La possession de cet État est, dans la situation du monde moderne, la meilleure condition et la garantie ta plus sérieuse du libre et plein exercice de l'autorité spirituelle. Si le Pape n'était pas cliez lui, il serait chez quelqu'un ; s'il n'était pas souverain, il serait sujet.
Ce n'est pas seulement l'intérêt de l'Église qui exige cette indépendance ;■ c'est encore et au même degré l'intérêt de la civilisation, dont le catholicisme est la source la plus pure et la plus abondante. Plus l'Église sera libre, plus son action sera elfîcace. Elle a tant Tait pour les peuples modernes, auxquels elle a infusé les principes de moralité, de justice, d'ordre etde travail , qui rendent les nations libres, fortes et grandes, que le moins qu'on lui doive, c'est un petit territoire oii elle continue en paix son œuvre providentielle.
Il n'est pas jusqu'aux victimes éventuelles des révolutions modernes qui ne doivent faire des vœux, pour qu'il existe, au centre de l'Europe, et dans la patrie la pins ancienne des lettres, des arts, de ta religion et de la philosophie, un asile hospitalier toujours ouvert aux cœurs blessés et aux espérances
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