‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 127 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. !7b · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. !7b

pontiâcal doivent donc se considérer comme suffisamment boQOrées par l'espèce de mission qu'elles remplissent, au nom de la catholiMié; et elles doivent, si elles sont sages, éviter de compromettre, par des passions personnelles, un pouvoir temporel établi dans le seul intérêt de la religion.

La liberté, au sein d'un petit État, sous la garantie du droit européen, telle est en définitive la situation que la nature et la forme des sociétés modernes assignent à la Papauté. Telle était celle que lui concevait Bonaparte, en la combinant avec l'indépendance de l'Italie.

VUT.

Donner l'Italie aux. Italiens fut la pensée constante de Bonaparte. Cette idée avait été aussi conçue et mûrie par Henri IV, assassiné au moment même où il entrait en campagne pour la réaliser '. Dans les projets de Henri IV, approuvés par Elisabeth et par Jacques I", le duc de Savoie devait prendre le titre de Roi des Alpes ; le Pape aurait eu Naples et les Vénitiens la Sicile.

S' adressant, le 17 mars 1805, à la députation chargée de lui offrir la couronne d'Italie, Napoléon I" lui disait :

' Il est intëressant d« tire dans Richelieu , if iXoire de ta Mère et duFtIc, t. I, p. i6l et suiv. j et dans Sully, Économies royaks, U m, p. 43; t. IV, p. 289, it9; t. V, p. 1î, 24; t. VII, p. 33, et t. YIII, p. 154, les projets de Henri IV sur l'IUKe, où il voulait détruire rinfluenee de la maison d'Autriche.

jbïGoOQlc

ne HISTOIRE DU DIBECTOIRE.

(c Depuis le moment où nous parûmes pour la première fois dans vos contrées, nous avons toriijours eu la pensée de ci^éer indépendante et libre la nation italienne : nous avons poursuivi ce grand projet au milieu des incertitudes dés événements:»

Faisant allusion à son retour d'Egypte et à son coup de foudre de Marengo , il ajoutait :

« Notre première volonté, encore tout couvert de sang et de la poussière des batailles, fut la réorganisation de ta patrie italienne ' .»

Les Italiens savaient qu'en s'exprimant ainsi Napoléon rappelailune vérité bien connue au delà des Alpes. Dans une lettre au cardinal Mattei, du 22 janvier 1797, Bonaparte disait :

(c Assurez tous les habitants de Rome qu'ils trouveront dans l'armée française des amis qui ne se féliciteront de la victoire qu'autant qu'elle pourra amétiorer le sort du peuple, et affranchir l'Italie de la domination des étrangers * » .

Toutefois, il est essentiel d'ajouter qu'aux yeux de Bonaparte, donner ta liberté à l'Italie, c'était tout simplement la soustraire à la domination ou à l'ingérence des étrangers, et l'aider à se constituer sous des gouvernements purement italiens.

Dans la pensée de Bonaparte, la liberté de l'Italie comportait son fractionnement. A ses. yeux, indépendance ne voulait pas dire nécessairement unité.

» CoTTeèp. de Napoléon /'* t. X, p. S87; 17 mars 1805, , . * /Wd., t. II, p. 339; 2Î janvier 1797. .

jbïGoogIc

Page 1