‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 128 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. ïT · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. ïT

L'idée de constituer l'Italie sous un gouvernement unique, c'est une conception d'un autre genre, qui a pour elle et contre el).e beaucoup d'aulorilés,' et dont la réalisation dépend d'un grand nombre de choses. Aussi cette idée est-elle tout à Tait distincte et essentiellement différente de celle de rindépendance italienne. Bonaparte ne conçut, n'aima et ne poursuivit que celle-ci.

La première idée qui préoccupa naturellement Bonaparte et le Directoire, après la conquête de la Lorobardie, ce fut de créer, en Italie, un État qui, devant à la France son existence, restât son allié contre l'Autriche. C'était la tradition de la politique française, suggérée d'ailleurs par le plus ordinaire bon sens. Cette idée poussa à la conquête de Bologne et de Ferrare, afin de donner à l'État nouveau plus d'étendue et de solidité.

Le Directoire républicain ne pouvait pas songer à créer des monarchies. Ce fut donc la pensée d'une .nouvelle république qui prévalut, après quelques hésitations qui se manifestèrent néanmoins au sein du gouvernement, sur la création d'une monarchie formée avec Rome et Parme, en faveur de la maison d'Espagne. Cette proposition fut mise en avant et soutenue par Carnet '. L'État nouveau porta le nom de République Cisalpine. Il comprenait la Lombardie,

■ Voir Carnot, Réponse à BaiUeul, p. 54-5S; et une dëpédie de Bonaparte au Directoire, du l^f^y^j^r 1797. — Cotresp. de Napoléon I", t. 11, p. 373.

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le Bergamasque, le Crémasque, leBrescian,Mantoue etPeschiera, avec les forlifications, jusqu'à la rive droite de l'Adige et du Pô, le Modenais, le Ferrarais, le Bolonais et la Romagne. La nouvelle république avait environ 3,500,000 habitants.

T^ création de cette république italienne s'alliait d'ailleurs, dans la pensée de Bonaparte, avec le maintien de tous les autres États monarchiques ou oligarchiques de la Péninsule. Soutenu dans le Directoire par Carnot, il fit prévaloir l'alliance de la république française et de la république cisalpine avecle roi de Sardaigne, avec le roi de Naples, avec le grand-duc de Toscane, avec le Pape, et finalement avec l'empereur d'Allemagne.

Rewbell et La Réveillère représentaient au sein du Directoire cette politique vague et désordonnée, sans principe clair et sans but déterminé, qui croyait avoir tout dit, quand elle avait écrit à un agent militaire ou diplomatique: Révolutionnez! Bonaparte eut toujours le bon sens et le courage de lui résister, offrant sa démission plutôt que de coopérer à des mesures évidemment funestes.

Ainsi, le 10 octobre 1797, il écrivait au Directoire: « Le citoyen Botlot m'a remis votre lettre du premier jour complémentaire; il m'a dit en conséquence, de votre part, de révolutionner l'Italie. Je lui ai demandé comment cela se devait entendre; il n'a pu me donner aucune explication.... le vous ai déjà

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