‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 132 sur 204 · LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. MB · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE ET UNIÈME. MB

,dessems. L'Autriche était l'épée de l'Angleterre sur le continent. Outre que le gouvernement anglais voyait avec dépit l'Empereur faire la paix sans lui, il devait craindre de perdre son action sur une cour qui était l'appui nécessaire de ses coalitions contre la France. /

Quant à la république de Venise elle-même, affaiblie depuis longtemps par la perte de ses lies, et plu& encore par la rivalité commerciale de la Hollande, de l'Angleterre, de la France et des États-Unis, elle était, jusqu'à la reconnaissance alors problématique du droit des neutres, à la merci de toute marine militaire assez puissante pour interdire la mer à son pavillon, et à peine en état de protéger ses négociants contre les entreprises des barbaresques. Sa réunion à l'Autriche lui ménageait la seule chance qu'elle eût alors de se relever; car elle pouvait sie promettre le prestige d'un grand Ëtat pour sa défense^ et les transactions- d'un nouveau et vaste marché pour son commerce.

CependantBoaaparte défendit longtemps Venise ', et no la livra qu'à regret, poussé par la force des' choses." Enfermé, avec le Directoire, dans l'alternalive de céder ou Venise ou Mantoue, en retour des limites du Rhin, le négociateur de Campo-Formio sacrifia Venise. 11 fit sagement pour la France, à laquelle il donnait deS limites militaires; il fit raisonnablement pour l'Italie, car l'Autriche, cantonnée à . ' Bartbë)émy,Jlf<ifinoiVet, p. 9S.

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386 HISTOIBE DU DIRECTOIRE.

Mantoue, eût été uq péril perpétuel pour la nouvelle république ilalieune.

Venise paya donc, à Campo-Formio, la rançon de rindépeudance italienne et de la paix avec l'Empereur. Les anciens gouvernements italiens restés debout étaient affranchis de l'influence autricbienne; la république cisalpine recevait en dépôt, avec ses propres destinées, l'avenir de l'Italie elle-même, car la conspiration de la sagesse et des bons exemples vaut toujours mieux, que celle d^ sociétés secrètes. Les Italiens étaient rendus à leur nationalité; c'était à eux, si leur génie les y perlait, à devenir un seul et grand peuple.

La France, qui avait conquis les deux tiers de l'Italie, faisait deux parts de sa conquête. Elle donnait la plus forte aux Italiens , pour qu'ils en fissent le boulevard de leur indépendance; elle échangeait Venise et une partie de son territoire, assemblage hybride d'éléments plus germains et slaves qu'italiens, contre les limites du Rhin et la paix avec l'Empereur, qui mettait fin aux convulsions et aux périls ■%de la révolution. La France donnait assez à l'Italie pour avoir le droit de se donner, même k ce prix, la sécurité à elle-même.

La Providence a suscité de nouveau , sous nos yeux, tous ces problèmes que la sagesse des hommes avait cru résoudre, il y a plus d'un demi-siècle. Bonaparte s'était proposé, en les résolvant, trois objets dignes de sa sagesse et de son génie. Il avait voulu donner

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