LIVRE QUABANTB-DBUXIÈME
tielles du succès, qui étaient, selon lui, au nombre de quatre : de bons officiers de marine ; des troupes nombreuses , pour menacer plusieurs points à la fois ; un amiral intelligent et ferme, qu'il espérait trouver dans Truguet; et enfin, 30 millions d'ai^nt comptant ', Il terminait cette lettre en suggérant de réclamer aux héritiers de Hoche de très-bonnes cartes d'Angleterre , que ce général possédait ; et ce qui montre bien l'espèce de hâte qu'y mettait le Directoire, il s'excusait, dans une nouvelle lettre du 12 novembre, d'attendre l'échange des ratifications pour diriger ses premières colonnes vers l'Océan. En attendant, il faisait partir Andréossy pour Paris, afin de faire fondre des canons du calibre de l'artillerie de campagne des Anglais, en vue de pouvoir utiliser leurs boulets*. Enfin, à peine arrivé à Paris, à son retour de Rastadt, il rédigeait, le 1 i décembre, des instructions pour l'amiral Brueys, alors à Corfou, afin qu'il amenât, en se dérobant aux escadres anglaises , six vaisseaux de ligne à Brest ; et , le 6 jan> vier 1798, Berthier était appelé k venir prendre possession de son poste de chef d'état-major de l'armée d'Angleterre.
Ainsi, dès les premiers mois de 1*798, la descente en Angleterre était arrêtée et préparée , même avant qu'on e&t vérifié si , avec les moyens dont on disposait alors, elle était sérieusement praticable.
* CoTTetpmdaaee de tfapolém I", i, ÏU, p. UM; 5 nov. 4797. » Ibid., p. 873; 4Î novembre 4797.
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L'idée d'une descente en Angleterre frappera toujours les imaginations en France. La possibilité matérielle n'en saurait être raisonnablement niée , après tant d'essais heureux; toute la difficulté résiderait dans l'adoption de moyens suffisants pour assurer le succès final.
Pendant les deux années qui précédèrent la glorieuse et funeste bataille de la Hogue , l'habile administration du marquis de Seignelay avait assuré à la France la domination des mers. Louis XIV St venir sur tes côtes de l'Océan les galères de Marseille; et un débarquement put être opéré aisément à Tingmouth , en 1 690 ' . La possibilité d'une telle opération devait sembler bien plus frappante encore , au mois de janvier 1798; l'escadre de l'amiral Morard de Galles avait débarqué en Irlande 1 8,000 hommes de l'armée de Hoche, au mois de décembre 1796 '; et un peu plus tard, le 28 août 1798, une division navale, aux ordres de Savary, réussit à mettre à terre, dans la baie de Kilula, le corps d'armée commandé par le général Humbert *.
Bonaparte n'hésita jamais à penser qu'une descente en Angleterre était et resterait toujours possible, à la
1 Voltaire, Siècle de Loua XÏV, chap. xv.
^ JVonifeur du 26 décembre 1796 et du 9 janvier 4797.
3 Ihià., 6 octobre n9B.
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