LIVRE QUARANTE-DEUXIÈME. S
condition de proportionner les moyens à la grandeur d'une telle entreprise '. Il accepla donc, en vue de forcer le gouvernement anglais à la paix , la direction et la responsabilité de cette expé<lition, sauf à examiner au préalable si l'état des chantiers, des arsenaux et des finances en permettait alors la réalisa lion.
Il aborda , dès les premiers jours de janvier 1 798, les préparatifs de cette entreprise avec l'activité fiévreuse et pratique qu'il montrait en toutes choses. Le Directoire venait de mettre à la disposition du ministre de la marine, pour cet objet, un premier crédit de quatre millions. L'ingénieur Forfait fut envoyé en mission pour inspecter et activer les travaux au Havre, à Saint-Valéry, à Boulogne, -à Dunkerque et à Anvers *. Le 9 janvier , il soumet an ministère de la guerre l'organisation de l'artillerie destinée à l'opération , et demande le départ des corps déjà prêts pour les côtes de l'Océan; le < 2, il prépare un projet d'arrêté qui nomme les généraux, de l'armée d'Angleterre; enfin, le 8 février, il part de Paris pour aller visiter les côtes de l'Océan , et s'assurer par
< Voici son jugement à ce sujet : i La descente ea Angleterre.a toujours été regardée comme possible; el, la descente une fois opérée, la prise de Londres était imnianqu^le. Londres n'est située qu'à peu de marches de Calais, et l'armée anglaise, disséminée pour la défense des côtes, ne se S(ti pas réunie & temps pour couvrir celte capitale, s — Montholon, jifém. de Napoléon, t. Il, page 133.
* Corretfondance de Napoléon I", 1. 111; g janvier 1798.
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m HISTOIRE DD DIRECTOIRE.
lui-Hméme des difficultés existantes et des moyens nus
à SB disposition pour les vaincre.
Tout fut exandiné de très-près, les lieux, le p^sonnel , le matériel. Des corsaires furent expédiés de divers ports pour aller rechercher les points les pins ' vulnérables de la càte d'Angleterre '. Cet examen direct et détaillé fut décisif sur l'esprit de Bonaparte; il se prononça pour l'ajournement de l'expédition. L'expérience justifia le sentiment qu'il avait exprimé; car le corps commandé par le général Humbert, et jeté en Irlande en l'absence de Bonaparte, au mois d'août suivant, après avoir fait des prodiges de valeur et s'être emparé de Gastle-Bar, dut néanmoinB mettre bas les armes devant 30,000 hommes de troupes fraîches , commandées par lord Comwallis ' .
C'est le J3 février que Bonaparte, de retonr à Paris, soumit son remarquable rapport au Directoire. Rien n'était prêt, ni bâtiments, ni matelots.
« Opérer une descente en Angleterre , dit-il, sans être maître de la mer, est l'opératioR la plus hardie M la pins difficile qui ait été faite.
u Elle ne paraît être possiUe qne l'aimée prochaine; et alors, il est probable que les embarras qui surviendront sur le continent s'y opposeront. »
Après avoir indiqué les préparatifs nécessaires pour l'expédition, il ajoute :
« S'il n'est pas possible de se procarer exactement
1 CorreipondaTice de Najx^éon I", t. III ; 12 féTrier I7W. > JlfonAcNr un octobre 1798.
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