‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 142 sur 204 · LIVRE Q^JAKINTE-DEUXIËME. SU · texte numérisé non relu

LIVRE Q^JAKINTE-DEUXIËME. SU

par Berlier, député de la CAte-d'Or au conseil des -Cinq-Cents , contre le général Schérer, alors inspecteur géoéral des troupes françaises en Hollande, précédeoiiDent commandant en cbef des armées ■d'Italie et de Naples, et immédiatement auparavant ministre de la guerre.

Quelle était, au fond, la valeur de cette accusation, qui s'étendait à d'autres généraux ain^ qu'à divei's ■agents du Directoire? Il serait difficile de ne pas y voir surtout une arme de guerre contre le gouvemeoient qu'trn voulait reverser. Aesur^ent l'admis BÎstrBtion de la guerre, comme toutes les autres, était pleine de désordres. On n'avait pas- pu tout bouleverser de fond en comble, changer les institutions et les hommes avec une préci {Station qui rendait l'examen et la réflexion didiciles, ^non impossibles, -sans livrer passage à beaucoup d'abus. Les rapports de Saint-Just sur les armées signalent ces abus sous la Convention , et les rapports de Bonaparte les constatent encore sous le Directoire. Schérer pouvait, soit comme ministre de la guerre , soit comme gén^l -eo chef, avoir assuré les services par des moyeop dispendieux ; mais la pénurie du trésor mettait alors les marchés à la merci des fournisseurs. Nous avons sous les yeux, les comptes qu'il rendit au Directoire, an sujet de sa gestion et de ses opérations militaires, on l'an VI et en l'an VII, et l'on n'y saurait rien Ifouver de nature à justifier les accusations dont il avait été l'objet. Quand les Conseils eurent atteint

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leur but, c'est-à-dire quand ils eurent renversé Merlin, La Réveillère etTreilhard, ils découvrirent leurs vrais sentiments au sujet des malversations dont ils avaient fait tant de bruit , en refusant de les poursuivre et en les laissant dans l'oubli.

Toutefois, t'accusatiou élevée au sein des Conseils contre les généraux Schérer, Schawenboui^ et Grouchy, ainsi que contre les anciens commissaires Rivault, Faypoult, Rapinat et Amelot ' , n'avait été qu'une sorte de prise d'armes contre le Directoire. Bertrand, député du Calvados au conseil des Cinq- Cents, lui porta, le 9 prairial an VII, — 28 mai 1799, — un coup beaucoup plus rude, en demandant que le Directoire fAt dépouillé du droit que lui donnait ('article 35 de la loi du 19 fructidor de restreindre la liberté de la presse.

Assurément les mesures prises, le 19 fructidor, contre la presse, sur le rapport du girondin Baîlleul, avaient été excessives. Il n'était pas nécessaire, pour rétablir un peu d'ordre dans la presse, d'exiler tant de journalistes et de supprimer tant de journaux. L'espèce de dictature confiée au Directoire sur les feuilles périodiques, en la supposant exercée avec fermeté et avec modération, aurait pleinement suffi; mais si elle était suffisante, elle était nécessaire, avec les éléments de désordre qui existaient alors et les ' Moniteur du 23 thermidor an VII — 10 août 1799.

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