‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 146 sur 204 · LIVRE QUARÀNTB-DEUXIÈHE. 3U · texte numérisé non relu

LIVRE QUARÀNTB-DEUXIÈHE. 3U

sagesse des cbangements opérés par la Révolutloo , et qui aspiraient à jouir du repos et de ta sécurité dans un État régntièrement et définitivement constitué, inquiétés par l'esprit des Conseils, effrayés par les projets des démagogues, et médiocrement rassurés par un Directoire au sein duquel Ions les hommes d'action appartenaient aux partis ex.tréme5, soupirèrent ouvertement après une crise nouvelle, dût-elle amener une dictature , pourvu que cette crise fût la dernière , et qu'elle donnât à la France la paix dont elle avait besoin.

Dès ce moment, disent les contemporains, on eut partout le pressentiment de la cbute prochaine et défini tivedu Directoire. Barras négocia avec Louis XVIII ; Sieyès songea au générai Joubert et à Moreau ; l'opinion publique se rallia autour de Bonaparte.

Qu'est-ce que le Directoire gagnait réellement , en crédit sur l'opinion publique, en influence sur les Conseils , par les nominations nouvelles ?

Collier, nommé pendant la crise , dans la soirée du 29 prairial — il juin, pour remplacer Treilhard, n'en avait ni le savoir, ni l'expérience. C'était aussi un homme de loi, député d'Ille-et-Vilaine à la Législative, conventionnel assez obscur, élu ministre de la justice après Garât , le SO mars 1 793 , et passé depuis au tribunal de cassation. C'est là qu'était allé le trouver une candidature pour le Directoire, li avait de la droiture dans le caractère , des convictions républicaines sincères et peu de portée dans l'esprit.

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311 HISTOIKE DU DIRECTOIRE.

Entré mopinéiDenl au Directoire, il en sortira plus iDopioément encore. Quelques heures avant te coup d'Ëtat du 18 brumaire, il ne soupçonna pas, seul dans le gouvernement, la gravité de la situation ; et la partie la plus naïvement chagrine des mémoires qu'il a laissés est celle où il raconte qu'il attendait Bonaparte pour un déjeuner officiel, le jour même od le général prenait aux Tuileries, des mains de la majorité des Anciens, la direction des affaires de la France.

Roger Ducos, nommé le 1 " messidor — 1 9 juin — à la place de Merlin, avait été député des Landes à la Convention , où il avait voté la DWrt du roi. Réélu au conseil des Anciens, il eut le triste honneur de le présider, le 1 8 Tructidor an V, à l'École de médecine, pendant qu'il discuta et arrêta la liste de proscription des députés déportés à Sinnamary. Sorti du Conseil au tirage de l'an VI, et réélu par la réunion scis»ODuaire et démagogique de l'Oratoire, il fut du nombre des députés exclus par la mesure prise le S3 floréal ; et il rentra dans le département des Landes, où il reçut de la confiance de ses concitoyens, aux élections de l'an VII, les fonctions de président du tribunal criminel , à Dax. Emporté par un coup d'État, il fut rapporté par un autre; et il recevra bientôt d'un nouveau caprice de la fortune l'insigne honneur d'être le collègue de Bonaparte; mais ni alors, ni depuis, il ne montra pa^ rien de très-élevé qu'il y eût eu moins de hasard que de justice dans sa carrière.

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