LIVRE ODARANTE-DBUXIËME. 3t
Moulins fut nommé le" 2 messidor — 20 juin , pour remplacer la Réveîllère. On le trouve général à son début, comme cela était d'usage à la Convention. Parent de Santerre, il avait été employé dans la guerre de la Vendée , bous le général Turreau , lequel lui avait envoyé un jour l'ordre suivant : « Le général Moulins se portera sur Mortagne, fera désarmer et égoi^r, sans distinction d'âge et de sexe, tout ce qui se trouvera sur son passage '. » Nommé au commandement de l'armée des Alpes, employé dans l'armée de Rhin et Moselle , chai^ enfin de commander l'aile gauche de l'armée d'Angleterre , il n'avait pas réussi , dans ces diverses fonctions, à dépasser la réputation d'un homme résolu et intègre, mais profondément incapable.
De tels hommes ne pouvaient pas être une force pour le Directoire ; et ce qu'on pouvait s'en promettre de mieux , c'est qu'ils ne fussent pas un obstacle. Considérés dans leur valeur intrinsèque, ils ne valaient pas ceux qu'ils avaient remplacés. Nés d'une coalition , tes nouveaux, directeurs en représentaient les 0[Hnion8. Gohier et Moulins tenaient pour les démagogues; Rc^r Ducos, rallié à Sieyès, se rangea du cAté des modérés. Barras, resté neutre, n'était acquis qu'à ses intérêts, débattus en ce moment entre Botot, son secrétaire, et les agents de Louis XVIII.
' Moniteur du 3 octobre 1794.
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Aveuglés par leur triomphe et excités par le parti démagogique, réoi^nisé au club du Manège, les deux Conseils vont continuer à exagérer la politique de l'ancien Directoire , à laquelle mirent le comble la loi sur les otages et la loi sur l'emprunt forcé.
C'est le 22 messidor — iO juillet , que la loi des otages fut proposée au conseil des Cinq-Cents. Apportée, le 24, au conseil des Anciens, elle y fut immédiatement adoptée. Cette loi rendait personnellement et civilement responsables , d^ns chaque commune , des troubles civils , des pillages et des assassinats commis en haine de la République, les parents d'émigrés, leurs alliés et les ci-devant nobles, le^ aïeuls, aïeules, pères et mères des individus qui, sans être nobles ni parents d'émigrés, étaient notoirement connus pour faire partie de rassemblements ou de bandes d'assassins.
Ces diverses catégories de personnes, déclarées responsables et prises comme otages, devaient être réunies et entretenues, à leurs frais, dans un local désigné, sous la surveillance des autorités. Ces otages, après avoir reçu l'avertissement, signifié par un gendarme, avalentdixjours pour se rendre au lieu désigné ; et ceux qui s'en évaderaient seraient considérés et traités comme des émigrés, c'est-à-dire condamnés à mort.
Pour chaque assassinat commis sur un citoyen
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