LIVRE QUARANTE-DEUXIÈME
ayant -été , depuis la Révolution , fonctiouDaire public, ou soldat, ou acquéreur de biens nationaux., le Directoire devait faire déporter quatre personnes; savoir, pour le premier assassinat, quatre parents nobles d'émigrés; pour le second, quatre nobles, non parents d'émigrés; et pour le troisième, quatre parents des individus faisant partie des bandes.
Voilà l'effroyable régime auqueMa loi des otages soumettait tout département, toute commune déclarés en état de troubles, soit par le Directoire, soit même provisoirement par les autorités locales *. Cette loi laissait loin derrière elle la loi des suspects; car Qnfin, avec la loi des suspects, on ne répondait que de ses actions, tandis qu'avec la loi des otages on répondait des actions d' autrui. On conçoit ce qu'une législation aussi odieuse amassait de haîue et de mépris sur ses auteurs , et de quel cri de joie , parti du sein des Âmes soulagées et vengées , ta France entière saluera leur chute.
Établir des impôts spéciaux sur les riches, c'està-dire demander à une classe spéciale de citoyens les frais des garanties générales qui profitent à tous, ce fut, de tout temps, le propre des démagogues aspirant ans. faveurs populaires, ou des aristocrates achetant le pouvoir à prix d'or. A ce point de vue, Babeuf et les Gracques se touchent.
L'emprunt forcé de cent millions sur les riches,
' Vwr le texte de la loi des otages dans le Moniteur du 30 et du 34 messidor an VII — U et 19 juillet 1799.
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»6 HISTOIRE DU DUECTOIBE.
annoncé par le président du conseil des Cinq-^Cenls» le 36 messidor an VII — U juillet 4799, — était assurément TiD impôt, car personne ne se faisait d'iUafiions sur son rembouraeinmt. Successivement adopté, rejeté et repris, il fut voté définitivement le 1 9 thei^ midor — 6 août, — tel que l'avait proposé Destrem, député de la Haute-Garonne aux Cinq-Cents ' . Cet inpAt sur les riches devait avoir et eut le sort des diverses exactions essayées sous le régime révolutionnaire. Un raf^rt du ministre des finances, du 4 vendémiaire — > t6 septembre, — fit connaître que son produit le plus oet avait été la désaffiKtion dn pays et l'impopularité du gouvernement.
Cependant le parti démagt^ique, secondé par I* liberté laissée à la presse et exalté par le coup de main du 30 prairial , auquel il avait si puissamment contribué, voulut naturellement étendre et fortifiason influence. Drouet, l'un de ses cfaefe, obtint des inspecteurs du conseil des Anciens la faculté de disposer de la salle du Manège, dépendante des Tuileries, et si célèbre par les séances de l'Assemblée ooostitoante et de la Législative , pour y fonder une réaiikm s'occupant de politique, c'est-è-dîre un club. L'assemblée fut ouverte le < 9 messidor ao VU — 7 juillet 1 799. La majorité des deux Conseils eo fil tout d'abord partie , et les demandes d'afiSltaticm affluèrent. Drouet fut le {premier préàdeat, sous le titre de régulateur. Elle avait quatre secrétaires, sous la
1 Voir le Moniteur et K thnnidor «n VH — <S aoM 47M.