LIVRE QCARANTE-DËDXIËHE
déaominatioD de notateurs. Les séances se lenaient le soif, mais quelquefois le malin, dans les circonstances extraordinaires. Le 26 messidor — ii juillet, — sept jours après son ouverture, la société comptait déjà huit cents membres reçus '.
Ainsi, les clubs, fermés le 19 brumaire an III — 9 novembre 1794, — à la demande instante de la population de Paris, étaient imprudemment ouverts de nouveau , avec l'allache générale de la majorité du Corps législatif el la complicité directe du conseil des Anciens! Les suites naturelles de cette mesure ne se firent pas attendre.
Le 24 messidor — 12 juillet, — dès la cinquième séance, des troubles graves éclataient dans les Tuileries, sur cette terrasse dite des Feuillants, qui longe maintenant la rue de Rivoli, et par laquelle on entrait alors dans la cour et dans la salle du Manège. Des rixes éclatèrent; des groupes parcoururent les rues et le Palais-Royal, en criant: A bas les chouans! et, sur le passage de ces bandes, les boutiques se fermèrent '. Dans la société, on avait déjà demandé qu'à la suite de la devise écrite sur les maisons : liberté, égalité, on rétablit les mots : ou la mort, qui avaient été effacés '.
> ifoniteur du 89 messidor aD VU — 17 juillet 4799. 3 Ibid., tô &t i% mesâ. anVll — 13 et 16 juillet 1799. 3 Ibid., aSroessidorBn Vil — 46 juillet 1799.
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3» HISTOIRE DU DIRECTOIBE.
Il est dans la nature des passions révolutioonaires de s'exalter par la condescendance qu'on leur montre. Le 28 messidor — 16 juillet, — la société demanda an Directoire , par une adresse , d'épurer les employés des ministères; le 30 — 18 juillet, — elle sollicita des mesures contre les riches; le 1" thermidor — 19 juillet, — elle poussa dans son sein le cri :auiDarm«s/ et réclama l'armement des fauboui^ avec les anciennes piques. Le 3 thermidor — SI juillet, — l'exaltation s'accrut encore, et l'on promit vengeance aux mânes de Goujon , de Soubrany, de Roume, de Darthé et de Babeuf; le 6 thermidor — 23 juillet, — CD demanda la tète des ex-directeurs, Merlin, la Réveillère etTreilhard; et, le 7, l'audace de la société du Manège alla jusqu'à braver et à menacer les pouvoirs publics. Elle rappela au Directoire que, sur la foi de promesses solennelles, ses membres l'avaient aidé à opérer le 13 Vendémiaire et le 1 8 Fructidor ; que ces promesses avaient été successivement violées, mais que la démagogie, lasse d'attendre, exigeait que les eugagemenis pris à l'occasion du 30 Prairial fussent tenus; et que la société du Manège « suspendrait ses séances, jusqu'à ce que lé -Corps législatif lui eût donné des garanties ' ».
Les atermoiements étaient devenus impossibles; cette audace des clubistes devait être ou brisée ou subie. Un arrêté du conseil des Anciens retira le
1 MoniUuT du 10 tbennidor an VU — S8 juillet 4799.