‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 150 sur 204 · LIVRE QUARANTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-DEUXIÈME

Mauége à ta société. Après quelques difficultés pour évacuer la salle , le club se transporta dans l'ancienne église des Dominicains de la rue du Bac, dits Jacobins, qui est aujourd'hui l'église de Saint-Tbomasd'Aquin. Elle s'appelait alors le Temple de la Paix, et dépendait de l'administration municipale du dixième ai'rondissement. La société, qui prit dès ce moment le nom de nouveaux Jacobins, fut inaugurée le 9 thermidor — 27 juillet, — sous la présidence de Moreau de l'Yonne , membre du conseil des Cinq- Cents; et son premier acte fut de demander une toi sévère contre quiconque proposerait de porter atteinte à la pleine liberté des clubs.

Cette prétention des Jacobins de rester libres montre assez qu'ils étaient menacés par la réaction de l'opinion publique. En effet, l'ancien langage, les anciennes démonstrations du temps de ta terreur, que l'on croyait ensevelis dans un passé lugubre et odieux, se reproduisaient de nouveau. Le doute sur l'issue favorable d'une révolution revenue à ses premiers excès , rentrait dans les esprits un instant rassurés. Le Directoire était partagé. Moulins et Gohier appuyaient les démagogues; Sieyès et Boger-Ducos étaient pour les modérés; Barras semblait neutre. Sieyès, porté au pouvoir par une coalition, mais éclairé sur les périls de la situation par l'audace de la démagogie, et sentant qu'il était impossible désormais, soit de gouverner tant de turbulence, soit de gouverner avec elle, résolut de s'en séparer avec

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éclat, sauf à se jeter, avec la France, dans les bras d'un protecteur militaire.

Le jour de la fêle du 1 août — 23 thennidor, — il était président du Directoire. Il prononça un discours courageux et énei^ique, qui était une rupture avec le parti jacolHn. Il y signalait ceux, qui , dans le renverèemenl d'un tràne, avaient vu, a non le moyen d'établir un gouvernement désiré par la oatioo , mais le droit de renverser, dans ums les temps , tOBt ce qui embarrasserut leur position individuelle; ceux qui pensent qu'affermir est toujours une lâcheté ; détruire, toujours une gloire »; ceux qui, « affamés de vengeance, s'irritent des lenteurs salutaires qne la loi commande ; qui , par le délire de leurs provocations , portent t'épouvante chez le citoyen paisible , tarissent les ressources de la richesse publique, fira{^nt de DKHt le crédit, paralysent tous les U*avaux H.

K Leur but n'est certes pas la justice ; ce qu'ils veulent, c'est enivrer la patrie de défiances; c!est porter la confusion et le découragement dans les esprits; c'est pousser les Français an désespoir ; c'est maîtriser tout dans le trouble; c'est gouveiiier, en un mot, à quelque prix que ce soit. — Français, vous savez comme ils gouvernent ' 1 »

La guerre était donc déclarée. Reculer eât été à la fois une faiblesse et un danger. Dans un message du

' Monittnr du W thennidor w VII — 13 août 1799.

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