‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 15 sur 204 · LIVRE TRENTE- TROISIÈME. V · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE- TROISIÈME. V

£n effet, le manifeste du duc de BruDSWÎck est du 25 juillet 1792', et la déclaration de guerre, décrétée, sur la proposition du roi, sur !e rapport de Gensonné, et apportée à l'Assemblée par Sa Majesté en personne, est du 20 avril *.

Dès le 21 avril , Dumouriez , ministre de la guerre, envoyait aux armées françaises l'ordre d'envahir les États autrichiens.

Toute la France d'alors savait ces faits , sur lesquels i! n'est pas sans intérêt d'éclairer enûn la France d'aujourd'hui.

Si le Directoire feignait d'oublier les causes de la guerre générale, l'opinion publique ne s'y trompait pas.

On a confonda sans raison deux faits diplomatiques essentiellement distincts : les conférences qui eurent lieu au château de Pilnitz, près de Dresde, le S6 août 1791 , entre le roi de Prusse Frédéric- Guillaume Il et l'empereur d'Allemagne Léopold 11*, et la coalition contre la France, qui éclata en 1792, et dont le manifeste du duc de Brunswick, commandant en chef les forces combinées de l'Empire et df la Prusse, daté de Goblentz le 25 juillet 1792, fit connaître les* griefs et le but.

■ SoniteuT du 3 août 1792.

* Mtnmwe du 31 ivrl) 47ft.

■■ iioniUuT du 4 3 septembre 4794.

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Eo 1791 , la Prusse et l'Autriche, comme membres du corps germanique, avaient un droit incontestable à intervenir dans le règlement des intérêts des princes allemands dépossédés par la Révolution en Alsace et en Lorraine. Une entente sur ces points justifiait donc l'entrevue des deux souverains.

En outre , la France était à cette époque plongée dans une anxiété profonde. La Constitution, usée avant d'être achevée, venait d'être remise sur le métier, sans que personne pût savoir si elle aurait plus d'autorité après qu'avant sa révision. Le roi, ramené de Varennes et prisonnier aux Tuileries, ne l'avait pas encore acceptée. Au dehors, les princes français se prévalaient de ces désordres, qui n'avaient que trop de réalité, pour inciter les cours du Nord à rétablir les anciennes institutions, ou du moins à rendre au roi sa liberté.

C'était donc là, pour les grands États du continent, auxquels la situation intérieure de la France ne saurait jamais être indifférente , un motif plausible de préoccupation. La conférence de Pilnitz ne produisit et ne pouvait produire aucun traité contre la France; elle servit à manifester des dispositions pour une entente ultérieure, si les événements y donnaient lieu.

Que les émigrés attachassent une grande importance à l'accord des deux souverains , et qu'ils en exagérassent les conséquences en les accommodant à leurs vues personnelles, c'était fort naturel. La

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