‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 157 sur 204 · LIVRE QUARANTE-TROISIÈME. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-TROISIÈME. 3i

çais, la déchéance de Pie VI et l'établissement de la république'.

La république romaine reçut, le 3 mars, une oi^nisation régulière. Elle se composa de sept départements ^, et eut cinq consuls, à l'image du Directoire. Le président du consulat était un chinii^en accoucheur, nommé Ângelucci. Il s'établit au palais du Quirinal, que venait de quitter le pape *. Sa nouvelle et éminente dignité ne sembla pas l'avoir aveuglé; il fit publier dans Rome un avis portant que « les fonctions du premier consul Augelucci ne l'empêcheraient pas de consacrer tout le temps dont il pourrait disposer au soulagement de l'humanité souffrante^. »

Le pape Pie VI avait attendu dans son palais l'arrivée des troupes françaises. J. Ange Braschi avait alors quatre-vingt-un ans, étant né à Césène, en 1717. U était dans la vingt-troisième année de son pontificat. Son énergie morale soutenait seule un corps infirme et une santé délabrée. Il demanda au général Bertliier protection pour son autorité.

• Voir, dans le MmiUur du 17 février 1798, le discours de Berthier, et, dans celui du 7 mars suivant, les détails de la proclamation de la république romaine.

> im., 19mara1798.

' Ibid., H avriH798.

* ft«J.,a« avril 1798.

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Conformément à l'espriL de ses iostructioDs, Berthier répondit qu'il n'avait pas à se pronoacer entre le peuple romain et son gouveroement '.

Après la proclamation de la république, Pie VI témoigna le désir de sortir de Rome. Ce désir répondait trop à celui du Directoire pour n'être pas exaucé. Pie VI quitta Rome le 20 février 1798, et se rendit à Sienne , avec la pensée de se retirer à Pise. Le grand-duc de Toscane s'opposa à la continuation de son voyage, avant d'avoir connu les ordres du Directoire. Le pape était accompagné d'un officier français, d'ailleurs fort brave homme, devenu plus lard général. On remarqua alors que cet officier, chargé d'accompagner et de garder le pape, se nommait Calvin*. Forcé de quitter Sienne, après une année de séjour, le pape fut dirigé sur Parme, où il arriva verslemilieudumoisd'avrill799. De Parme, Pie VI fut transféré à Briançon, à Grenoble et finalement à Valence , où il mourut le 39 du mois d'août 1 799.

lârépubliqueromaine,proclaméele15févrierl79S, vit à peine la chute des feuilles nouvelles. Née d'une fantaisie de Merlin et de La Réveillère, sans éléments d'existence sérieux, elle tomba d'elle-même, pendant le Qtois de novembre suivant, devant l'invasion des Napolitains. Il ne resta rien d'elle, pas même le modeste monument élevé , sur la place du Capitule , au général Duphot, et que le peuple mobile fît dis-

' Moniteur du 27 février 1798.

^ Ibid., 10 septembre 1798.

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paraître. Peut-être aussi est-il vrai de dire que ce n*é(ait pas ta peîae d'évoquer les ombres illustres des héros antiques du Tibre, pour les convier à la céréra<Hiie qui livrait les destinées de la patrie romaiue aux Diains d'un accoucbetir.

L'idée de renverser le gouvernement du pape Pie VI, pour le punir d'un accident fort regrettable en Ini-mènie, mais auquel il était étranger, et pour lequel il oSrût réparation, rév^ait aux moins dair- Toyants la politique tracassière et imprudente du Krectoire. Les révolutions suacâtées par ses agents &t Suisse et en Piémont la confirmèrent aux yeux de l'Eure^.

Quelques-uns de ces brosilloits, si communs en tout temps, qui prennent le nom de patrwtetf imagÎBèrent de s'aviser, au mois de janvier 1798, que le gouvernement fédéral de la Suisse n'exécutait pas à la lettre des constituticQS râlant les droits dont les ttal»tants du pays de Vaud jouissaient dès le qualorûème siècle, droits que la France avait garantis en 1564, lorsque le duc de Savoie céda ce pays à la France. Sur cette rédamattou renouvelée du moyen âge, le Directoire déclara qu'il prenait le pays de Vand sous sa protection , dirigea des troupes vers la finisse, et fit onlooner aux Corces fédérales d'évacuer le ternttHre viuidotB. Le général Ménard , à la

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tête d'une brigade détachée de l'armée d'Italie, fut chargé d'appayer les prétentions du Directoire , qui équivalaient à une véritable déclaration de guerre. Son but, masqué sous le prétexte de fonder en Suisse une république une et indivisibte, gouvernée par un Directoire de cinq membres, paraissait être de s'emparer du trésor de Berne.

La guerre fut rude et odieuse. Les cantons populaires et catholiques de Schwitz, Zug et Claris prirent les armes pour défendre leurs institutions séculaires. Ces montagnards, alliés traditionnels de la France, se défendirent avec cette bravoure connue et admirée de l'Europe. Leurs vallées et celles du haut Valais furent mises à feu et à sang. Après une lutte acharnée, Brune fit prévaloir la force ; et, dans une proclamation datée de son quartier général de Berne, le 16 mars 1798, il oi^nisa enfin la république rhodanique.

La révolution suisse s'accomplit donc rapidement, secondée par les Anglais, qui n'ayant jamais pu rompre l'alliance de la France et de la Suisse , tant que celle-ci avait obéi à une diète mobile et périodique , favorisaient dans ce pays une administration indivisible et permanente.

La Suisse soumise, le Directoire y envoya pour commissaire général Bapinat, beau-frère de Bewbell. Si les accusations dirigées contre cet agent n'étaient pas exagérées , elles seraient foudroyantes. La déprédation se montra, en Suisse, générale et sys-

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