LIVRE QUARANTE-TBOISIËHE. 3t
tématique. Oq traitait en pays conquis ces cantons auxquels ou avait affiché la prétention de porter la liberté ; etZelner, plénipotentiaire de la Suisse envoyé à Paris, put dire, dans son mémoire au ministre des affaires étrangères, que « les Grisons, effrayés de l'état de la Suisse, préfèreot un joug qui auparavant ne leur inspirait que de l'horreur; les fers du Tyrol sont forgés de nouveau; la Souabe, toute prèle à embrasser un système de liberté , le repousse loin d'elle. Les voisins de l'Helvétie rejettent avec effroi des fruits qui leur paraissent empoisonnés '. »
Tels étaient les progrès que les exemples du Directoire faisaient faire aux principes de liberté !
Toutefois, quelque étranges qu'eussent été les prétextes sur lesquels on avait révolutionné la Suisse, ils n'approchaient peut-être pas de ceux en vertu desquels on détrôna le roi de Sardaigne.
Ici encore, ce furent toujours ]esp<tiriotes qui suscitèrent les troubles. Les démagogues de Gênes et de Milan ne pouvaient pas supporter cette monarchie restée debout au pied des Alpes. Dès le mois d'avril 1 798 , les comités de Milan et de Gênes avaient mis sur pied une petite armée de 4,000 hommes, qui envahit le territoire piémontais et se fit battre près du lac Majeur*. Le Directoire , qui était dans le
1 Barthélémy, Mémoiret hittoriques et dij^omatigueê , p. 138, 9. * Moniteur du 4" et du 7 mai <798.
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3M HISTOIRE DD DIRECTOIKE.
secret de ces attaques, et qui tes Tavoiisait , offrit au roi de Sardaigoe de le dérendre contre les Liguriens; niais il mit pour condilîoa à son concours qu'on livrerait aux troupes Trançaises la citadelle de Turin. Le Foi résista , longtemps , vivement -, il fellut céder. La citadelle fut remise, au commencement de juillet *, par M. de Saint-Marsan au général Brune.
La présence des troupes françaises à Tnrin ne fit qu'encourager les démagogues. Les états-majors étaient un foyer de déclamations incendiaires ; les oHlciers organisèrent des mascarades publiques, dans lesquelles le roi et sa cour étaient outragés. iLes attaques des patriotes se renouvelèrent; on les aida à s'emparer de plusieurs places imporlantes, telles que Suze , Alexandrie et Novarre. Quand le désordre fut arrivé à ce point , le Directoire fit déclarer au roi Charles Emmanuel II qu'il ne pouvait pas le prot^er contre ses propres sujets. Éclairé enfin sur la loyauté de ses protecleurs, le roi abdiqua Irès-dignemeot, le 9 décembre \ 798 , et se retira en Sardaigne '.
De tels actes montraient à l'Europe qu'il serait impossible de vivre en paix avec la France , soumise à un régime et à des hommes qui devenaient, partout et en toute occa»on, les instruments des passicms démagogiques. La création de la république romaine et de la république rhodanique, les troubles suscités
I ikmUmir do 7 ji^et 479S.
^ Voir racl« de renoncklkm au Jfomteur du t\ décembre 1798.
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