LIVRE TRENTE-TROISIÈME
personnellement à l'Assemblée, le 13 décembre, le résultat de ses démarches. Il était satisfaisant.
L'empereur avait immédiatement déféré au désir de ta France, en ne laissant aux réfugiés que le traitement d'une simple hospitalité. Seul, l'Électeur de Trêves souffrait encore chez lui des rassemblements d'émigrés en arme^ : Louis XVI lui donnait jusqu'au 15 janvier pour les dissiper, déclarant que, passé ce terme, il le regarderait comme un ennemi '.
Il était bien évident qu'après l'exemple donné par l'empereur, et en présence de la déclaration formelle du roi , l'Électeur de Trêves ne tarderait pas à donner, lui aussi, une juste et prompte satisfaction aux griefs de l'Assemblée. La réponse de l'Électeur, datée du 21 décembre, fut en effet notifiée à l'Assemblée le 28 , par le ministre des affaires étrangères '.
Ainsi, dès les premiers pas faits dans cette voie, tout motif sérieux de guerre extérieure avait disparu. Ce n'était pas le compte de Brissot et des Girondins, qui voulaient la guerre à tout prix , pour des motifs qu'ils cachaient encore et sur des prétextes qu'on va juger.
L'engouement de cette époque pour les productions littéraires permettait qu'on lût plusieurs fois,
' itfoniteur du 16 décembre 1791.
^ Déclaration de H. de Lessart, ministre des afbires étraDgëres, à l'ABsemblée légialaUve; séance du 28 décembre 1791 ; Moniteur du 19.
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3i HISTOIRE DU DIRECTOIRE.
et avec succès, le même discours, nrissot, qui désirait avoir l'appui des JacolÛDs, leur lut, vers le milieu du m<Hs de décembre , son discours en faveur de la guerre, qu'il relut à l'Assemblée le 29 '.
Tout ce long discours de Brissot peut se résumer ainsi : « Aucune des grandes puissances européennes n'étant en état de faire la guerre à la Révcdution française , la Révolution française peut, sans danger, faire la guerre aux petites puissances qui favorisent les émigrés. »
Quant aux motifs sur lesquels cette étrange guerre, faite au nom de la Révolution française, à deux on trois petits princes du Rhin, était fondée, les voici tels que les formulait Brissot :
« Ainsi la guerre est nécessaire; la France doit l'entreprendre pour son honneur ; elle serait à jamais déshonorée, si quelques milliers de rebelles pouvaient la porter à des capitulations sur ses lois. La guerre est actuellement un bienfait national; et la seule calamité qu'il y ait à redouter , c'est de n'avoir pas la guerre , c'est de ne pouvoir pas faire cesser les maux qui résultent de l'audace des émigrés *. »
Chose curieuse à constater! Robespierre, Marat et les hommes qui , sous le nom de Montagnards , déclarèrent bientôt la guerre à Ions les souverains de l'Europe, ne la voulaient pas en 1791 , et résistèrent
' Voir le dieconra de Brissot, dans le Mimitevr du 39 et du 3t déeembre 1794 .
^ Moniteur da 3( décembre 1794.
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