‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 171 sur 204 · LIVRE QUARANTE-QDATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-QDATRIÈME

sa présence en Egypte n'étant alors nécessaire ni à la colonie , ni à l'armée , il s'était embarqué à Alexandrie le 22 août , et était arrivé à Fréjus le 9 octobre.

Ainsi, personne ne souleva alors contre le général Bonaparte des calomnies auxquelles l'éloignement et rignorance des faits pouvaient, quinze ans plus tard, donner seuls quelque crédit. Tout le monde voyait en lui le guerrier victorieux qui avait déjà livré et gagné vingt batailles rangées; l'administrateur qui, avec les excédants de pa propre armée, avait soldé l'armée du Rhin et les escadres de l'Océan et de la Méditerranée; l'homme d'État, qui avait créé et oi^anisé la république cisalpine ; qui avait traité, à Tolentino avec le pape ; à Gampo-Formio , avec l'Empereur; enfin le conquérant lettré qui, à l'exemple des Scipions et de Paul Emile, avait orné sa patrie des chefs-d'œuvre de Tart, fruit de ses triomphes. Sur ce passé , déjà si illustre , rayonnait l'éclat qu'il rapportait des Pyramides et du Thabor, et de ces contrées, alors légendaires, où il avait dépassé les exploits des héros du Tasse et réparé les désastres de saint Louis.

L'accueil enthousiaste fait à Bonaparte , entre Fréjus et Paris, par les populations rurales et par les populations urbaines, lui avait clairement fait connaître le vœu du pays tout entier. La France se livrait à lui. A Paris, l'empressement universel rendit le même témoignage. Son esprit et son cœur,

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3Si HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

à la hauteur d'une telle mission, entrevirent donc et acceptèrent sur-le-cfaamp cette tAche souveraine. Il était l'homme de la. nation ; ce qui lui imposait le devoir, conforme à ses précédents et à ses goùls, de n'être l'homme d'aucun parti.

Par quelle voie, par quels moyens atteindrait-il le but indiqué ainsi à l'avance? c'était encore un mystère , qu'une étude exacte de la situation des partis pourrait seule éclaircir.

Arrivé à Paris, tous ces partis se jetèrent à sa tête '. Après les avoir écoutés et jugés, il vit qu'ils se réduisaient à deux, entre lesquels son choix était nécessairement fait d'avance.

Le moins nombreux, mais le plus osé, le plus actif et le plus bruyant , c'était le parti du Manège. Son programme, qu'il venait d'exposer récemment, et que le lecteur connaît déjà, c'était une Convention, avec des comités tout-puissants, appuyant la dictature sur des supplices. Les membres de ce parti, tous anciens jacobins exaltés, avaient le général Jourdan pour chef au Conseil des Cinq Cents, et

> Voici le témoignage d'un t^oin oculaire, qui prit une grande part aux événements :

a A peine le général de l'année d'Italie et de l'Egypte est-il k Paria, que tuus les partis cherchent à se l'attacher; tous lui font des offres. En homme habile, il étudie de quel cdté est la vraie opinion publique, force morale qui tAt ou tard subjugue tout. > Tlolùx hiitoTique «ur le 1 8 bnanaiTe, par le comte de Cornet, p. 8.

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