LIVRE QUARANTE-QUATRIÈME
douté des autres, était dans tous les esprits; mais la nature, la forme et la limite des modifications à opé> rer dans le gouvernement n'avaient été encore l'objet d'aucune délibération , même parmi ceux qui s'y montraient le plus résolus. L'idée la plus nette de ces modifications se i*édaisait , suivant l'opinion exprimée par Boulay de laMeurthe dans ses Mémoires, à - « la nécessité généralement reconnue de changer la Constitution de l'an III, de centraliser davantage le pouvoir, de lui donner plus de force et de fixité, et d'appeler à cet effet, pour faire partie du gouvernement, un général qui joignit aux talents militaires la capaùté d'on homme d'État '. »
Autour de Sieyès, âme du projet, gravitaient d'abord la majorité du Conseil des Anciens, dont les membres les plus actifs et les plus influents étaient Lemercior, député de Saintes; Cornet, député du Loiret; Régnier, député de la Meuse; Comudet, député de la Creuse, et Fargues, député des Basses- Pyrénées; ensuite une partie ardente du Conseil des Cinq-Cents, qui venait de faire porter Lucien Bonaparte à la présidence, et à la tète de laquelle étaient Boulay de la Meurthe, Emile Gaudin, député de la Vendée; Cbazal et Chabaud-Latour, députés du Gard; Cabanis, député de la Seine, et Chénier, député de Seine-et-Oise.
C'étaient là les éléments politiques de la révotutiwt
' Noie communiqBée i l'ntflur par H. Boulay de ië llnrtlie, sénateur.
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procliaiDe, éléments que venaient singulièrement fortifier les dispositions de l'opinion publique et le dévouement de l'année à Bonaparte. Ces deux forces irrésistibles , l'opinion et l'armée , avaient été d'ailleurs habilement réservées et tenues en haleine.