‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 180 sur 204 · LIVRE QDARANTE-QUATRIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE QDARANTE-QUATRIÈME. i

de la Conslitution, ajouroa le Consdl au lendemain, à Saint-Ooud, à midi.

Une certaine émotion se manifesta dans l'assemblée et aux tribunes, où plusieurs personnes crièrent : Vive la Constitution de Can Itl! Mais la séance était levée, et l'assemblée se sépara, divisée en groupes, vivement préoccupés et visiblement déconcertés par la résolution qu'annonçait un si grand événement.

Pressé d'organiser les pouvoirs dont il venait d'6tre investi , Bonaparte , suivi des officiers généraux , monta à la salle de la commission des inspecteurs. Il nomma Lefèvre son premier lieatenant, Bertbier son chef d'état-major. Murât reçut le commandement des troupes à cfaeval , Marmont de l'artillerie. Lannes fut chargé de commander la garde du palais des Tuileries, Moreau celle du Luxembourg, Serrurier oelle de Saint-Gloud. Le général Macdonald eut la division militaire de Versailles, et le général Morand conserva celle de Paris.

ËD même temps, des ordres rapidement expédiés firent concentrer dans le jardin des Tuileries divers corps de troupes, infanterie, cavalerie, artillerie, formant , avec la garde du Corps législatif et la garde du Directoire, qui était venue exécuter spontanément le décret des Anciens , un corps d'environ cipq mille hommes. Vers onze heures, Bonaparte se rendit au jardin pour passer ces troupes en revue. Comme il sortait du palais, Bolot, secrétaire de Barras, s'approcha de lui et lui remit un pli cacheté.

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408 HISTOinE DU DIRECTOIRE.

Bonaparte prit la lettre , Bt signe de la main à Botot de s'écarier un peu, s'avança vers les troupes et les harangua.

Des personnes présentes conservèrent et publièrent, peu de jours après, les principaux traits de cette énergique allocution '.

« Soldats! dit Bonaparte, l'armée s'est unie de cœur avec moi , comme je me suis uni avec le Corps législatif. Dans quel état j'avais laissé la France, et dans quel état je l'ai retrouvée ! J'avais laissé la paix, et je retrouve la guerre. Je vous avais laissé des conquêtes, et l'ennemi presse vos frontières! J'avais laissé les arsenaux garnis, et je n'ai pas retrouvé une arme. Les canons ont été vendus; te vol a été érigé en système ; on a livré le soldat sans défense. Où sont-ils les braves, les cent mille camarades que j'avais laissés couverts de lauriers?

■ H. Tbjers, H. deBaranl«, ainsi que les divers historiens de c«Ue ëpoqiie de la révolution , rapportent ce discours comme ayant été adressé par Ronaparte i BoLot, secrétaire de Barras, arrivé au moment oii Bonaparte allait haranguer les troupes. Il est juste de dire que le Moniteur a commis, le premier, la même erreur; mais ]f> Moniteur du 19 brumaire 1 799 , comme celui du 30 juillet 4S30, comme celui du 46 mai 1Si8, fut composé avec une précipiiation bien excusable un jour de révolution.

Un peu de réflexion suQit à comprendre que Bonaparte ne pouvait pas raisonnablement demander à un secrétaire de Barras ce qu'il avait fait de cent mille camarades, ou le rendre responsable ^e la perle de l'Italie.

Quelques jours après le 1 8 brumaire, lee rédacteurs du Moniteur publièrent une relation très-exacte des événements; et ils corrigèrent, dans la brochure, i'wreur commise dans le journal.

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