‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 181 sur 204 · LIVRE QUARANTE-QUATBIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-QUATBIÈME

» Cet étal de choses ne peut durer; avant trois mois, il nous mènerait au despotisme. Nous voulons la République assise sur les bases de l'égalité, de la moralité, de la liberté civile et de la tolérance politique. Avec une bonne administration , tous les citoyens cesseront d'appartenir aux diverses factions et redeviendront Français.

}) Soldats! des factieux nous présentent comme ennemis de la République, nous qui l'avons affermie par nos travaux et par notre courage. Ne laissons personne se dire plus patriote que les braves mutilés au service de la patrie '. »

Après ce discours , interrompu a plusieurs reprises par les acclamations des troupes, Bonaparte rentra au palais, invita Botot à le suivre, et, dans un court entretien à voix assez haute pour être entendu, il fît dire à Barras d'être sans crainte, et qu'il le couvrirait efficacement contre les desseins de ses ennemis.

La revue terminée, la plus grande partie des troupes resta dans le jardin, dans les salles et dans la cour du palais jusqu'au lendemain matin. Bonaparte s'établit et passa la journée dans la salle des inspecteurs, entouré des généraux auxquels il avait donné des commandements, et avec lesquels il concerta toutes les mesures suggérées par les éventualités du lendemain.

' Mém. hiiloriqaes sur le dix-huit Bruinaire, par des témoins oculaires, etc., p. 9.

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HISTOIRE DU DIRECTOIBE.

Ces grands changements, quoique attendus ou annoncés depuis si longtemps, surprirent tout le monde. Barras, voyant Sieyès monter à cheval, le matin, dans une cour du Luxembourg, s'était moqué de sa maladresse, sans soupçonner que cet ancieu abbé allait renverser le général heureux du 9 thei^ midor et du 1 3 vendémiaire. Mandés au Conseil des Anciens, Gohier et Moulins s'y rendirent. En sa qualité de président, Gohier apposa sur l'expédition du décret la formule de la promulgation ; mais il envoya sa démission dans la soirée. Barras avait envoyé la sienne vers midi, en se retirant à sa terre de Gros- Bois. Moulins prétendit conserver ses pouvoirs; mais tes démissions déjà données de Sieyès et de Roger- Ducos, jointes à celle de Barras, plaçaient le Directoire en état de dissolution consommée.

Le mouvement inusité des troupes, éveillant la curiosité publique, avait mis promplement Paris en éveil. Fouché, ministre de la police, n'avait pas été dans le secret. Il accourut, s'offrit, fit du zèle en donnant l'ordre de fermer les barrières, que Bonaparte 6t rouvrir. Tous les autres ministres accoururent aussi et acccplèrenl le nouveau pouvoir.

Dans le public , la satisfaction fut générale et l'adhésion ardente. Des témoins oculaires exprimaient ainsi, en présence des événements, l'état de

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