‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 184 sur 204 · LIVRE OUARANTE-OUATRIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE OUARANTE-OUATRIÈME. i

dont ils De savaienl au juste ni le but, ni les moyens, ni les chances. Ceux qui, plus expérimentés, connaissaient la prudence de Sieyès et la résolution de Bonaparte, suivaient le mouvement sans hésitation, rassurés par la valeur des hommes sur l'éventualité des choses.

Toutefois, OD remarquera que l'absence de direction dans laquelle, par calcul ou par oubli, on avait laissé les membres du parti conservateur, aura la plus grande part dans les difficultés de la journée.

Bonaparte arriva à la grille du château vers une heure. Il descendit de sa voiture avec Berthier, Murât et Lefèvre, et se rendit au château, achevai, avec son état-major. Son arrivée fut saluée par des cris de : Vive Bonaparte! auxquels quelques députés répondirent par celui de : Vive la Constitution! Il adressa la parole aux différents officiers généraux et visita les postes.

Quelques instants après Bonaparte, arrivèrent, dans la même voiture, Sieyès, Roger-Ducos et Lagarde, secrétaire général du Directoire. Ils se rendirent dans les appartements devenus depuis, sous le premier Empire, le salon des princes et le cabinet de l'Empereur : Bonaparte alla conrérer avec eux.

Le décret de translation avait assigné l'aile droite du palais au Conseil des Anciens, et l'aile gauche au

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il6 HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

Conseil des Cinq-Cents. Le premier siégea dans le salon de Mars, peint par Mignard; le second fut placé dans l'orangerie.

Les travaux d'appropriation de l'orangerie durèrent fort longtemps; ce retard échauffa les têles. It était près de deux heures lorsque le Conseil des Cinq- Cents entra en séance. La tribune avait été placée à peu près au tiers de la longueur de l'orangerie, à partir de l'entrée , et Taisant face au jardin. Un grand nombre de curieux occupaient les embrasures des fenêtres ou se tenaient debout le long des murs, rétrécissant encore davantage cette enceinte, déjà bien étroite.

Après la lecture du procès-verbal de la séance du 16, Lucien Bonaparte, qui présidait, donna la parole à Emile Gaudin pour une motion d'ordre.

Gandin fit un tableau rapide et sombre de l'état de la République, et parla en termes énergiques des dangers qui la menaçaient, désignante la fois comme responsables de cette situation les royalistes et les démagogues, et faisant appel , pour conjurer l'orage, au courage qu'avait montré le Conseil au 18 Fructidor. Il termina en demandant la formation immédiate d'une commission de sept membres, chargée de faire, séance tenante, un rapport sur les moyens de sauver la République.

La motion de Gaudin était à peine terminée, qu'une explosion formidable de cris éclata dans la salle. Groupés autour de la tribune, €1 coupant ainsi

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