‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 188 sur 204 · LIVRE QUARANTE-QUATRIÈME. iS · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-QUATRIÈME. iS

i< Citoyens représentants , les circonstances on TOUS vous trouvez ne sont pas ordinaires; vons êtes sur un volcan.

■discours, l'ordre des i<1ées n'est pas le même dans les deux versions. Les notes, prises debout, dans une salle encombrée, sans tribune, développées après la séance, par lee rédacteurs du jfonw ieuT, ont été rangées par eux dans uu ordre qui n'esL pas toujours conforme au procès- verbal.

Si les auteurs des deux versions s'ëlaimt concertés, ils se seraient bien évidemment entendus, sinon sur les termes du discours, au moins sur l'ordre des idées.

Il est donc impossible, en plaçant à côtéi'une de l'autre la version ■du procès-verbal et celle du Moniteur, de ne pas y trouver le fond ■absolument identique du discoure de Bonaparte, avec les mêmes traits saillants et caractéristiques , restés frappants malgré la différence des deux versions.

Tout [»'ouve que la version du procès-verbal, recueillie pendant la séance avec des facilités matérielles qui manquaient aux rédacteurs du Moniteur, est celle qui a rendu le discours avec le plus d'exactitude et depréeision. Peu t-étremèmea-t-elleétéunpeuabrégée vers la Cm. Il y a, vers la 6n du discours, dans la version du Moniteur, des phrases qui ont dû être prononcées par Bonaj'arte, parce qu'elles rentrent dans sa situation et dans son style ; le procèsverbal est allé plus droit au but. Il est plus court, sans être moins

Les éditeurs de la Correspondance de Napotéon !"■ ont adopté, pour le discours de Bonaparte, la version du /oumaî militaire. On ne s'explique pas bien les motifs de cette préférence.

Le /ouTttal militaire, rédigé par Gournay, était une publication mensuelle, in-8", contenant des documents relatifs à l'organisation et à l'admitûstration de la force publique. Il s'avait rien d'officiel.

Gournay avait lui-même emprunté le discours de Bonaparte au procès-verbal des Anciens, en y mêlant, par inadvertance, un fragment d'un discours de Laussat , député des Basses-Pyrénées.

Les éditeurs de la CorretpondatKe ont oublié de faire disparaître cette interpolation. Le fragment de Laussat se trouve dans leur discours de Bonaparte. Il forme le neuvième paragraphe. Un carlon ferait aisément disparaître cette légère erreur.

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«l HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

» Permettez-moi de vous parler avec la l'raucfaisc d'un soldat; et ^lour échapper au piège qui vous est tendu, suspendez votre jugement jusqu'à ce que j'aie achevé.

"J'étais hier tranquille à Paris, lorsque vous m'avez appelé pour me notiBer le décret de translation et me charger de l'exécuter. Aussitôt, j'ai rassemblé mes camarades, nous avons volé à votre secours. Eh bien, aujourd'hui on m'abreuve déjà de calomnies, on parle de César, on parle de Cromwel, on parle de gouvernement militaire. Le gouvernement militaire! St je l'avais voulu, serais-je accouru prêter mon appui à la représentation nationale ?

» Citoyens représentants, les moments pressent; il est essentiel que vous preniez de promptes mesures. La République n'a plus de gouvernement; quatre directeurs ont donné leur démission; j'ai cni devoir mettre en surveillance le cinquième, en vertu du pouvoir dont vous m'avez investi. Le Conseil des Cinq-Cents est divisé; il ne reste que le Conseil des Anciens; c'est de lui que je tiens mes pouvoirs; qu'il prenne des mesures, qu'il parle, me voilà pour exécuter. Sauvons la liberté, sauvons l'égalité! — »

Lenglet, député du Pas-de-Calais : Et la Constitution ?

« La Constitution! reprend Bonaparte, vous l'avez vous-mêmes anéantie. Au 18 Fructidor, vous l'avez violée; vous l'avez violée au 2â Floréal; vous l'avez violée au 30 Prairial; elle n'obtient plus le respect de personne.

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