‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 20 sur 204 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME. H · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME. H

Louis XVI exécuta le décret et transmit cet ultimatum comminatoire. Dès ce moment, on put considérer l'épée comme hors du fourreau. Qui pouvait raisonnablement espérer que l'empereur d'Allemagne abandonnerait, même sans négociation, les intérêts des princes dont il avait la garde, sans parler de cette prétention, peu sérieuse en elle-même, qui voulait que le chef de l'Empire s'adressât à la nation française et non au roi lui-même, son représentant constitutionnel ?

Dès le 18 février, M. de Kaiinitz fît parvenir au gouvernement français la réponse de l'empereur. Elle constatait qu'il était diiScile « de concilier les intentions pacifiques et amicales du chef de l'Empire avec le sentiment de sa dignité blessée... », et de ne point protester contre des » imputations auxquelles se trouvaient mêlés les mots de paix ou de guerre^ et accompagnées de provocations de tout genre > ».

Finalement, et à une nouvelle demande d'éclaircissement catégorique, le prince de Kaunitz répondit le 1 8 mars qu'on ne « connaît point de mesures dans les États autrichiens qui puissent être traitées de préparatifs de guerre », et « qu'il ne croit point que l'Empire et ses alliés jugeront convenable ou possible de foire cesser leur concert avant que la France fasse cesser les motifs graves qui en ont provoqué ou nécessité l'ouverture '. »

' Moniteur du U avril 1792.

' Ibid.

Les déclarations publiques du parti jacobin , dès la fin du mois de décembre précédent, rendaient les rteerves du prince de Kaunitz assez plausibles; maÏB un événement intérieur, réalisé en ce moment mème> ies rendait fort raisonnables.

Les Girondins, qui personnifiaient le parti de la guerre, venaient d'entrer au ministère, après avoir {ait renvoyer devant la Haute Cour de justice , sur la proposition de Brissot, de Yergniaud et de Guaidet, M. de Lessart, ministre des affaires étrangères, coupable d'un dernier -effort pour maintenir la paix européenne et pour pratiquer régulièrement la Gooslitution.

Avant de prendre possessi<m du ministère des affaires étrangères, le 15 mars, Dumouriez s'était présenté ta veille au soir au club des Jacobins; et là, coiffé du bonnet rouge, il avait, aux applaudissements universels, annoncé la guerre prochaine avec le poids que sa parole tirait de sa nouvelle situation'.

Un gouvernement qui avait une telle attitude et un tel langage pouvait-il loyalement se plaindre des persécutions de l'Europe ?

Poussé à la guerre par l'Assemblée, par la presse et par les clubs, Louis XVI ne crut pas devoir r^ sister à une pression si unanime. Il demanda, le 48, aux termes de la Constitution , l'autorisation jde la proposer; et l'Assemblée, régulièrement saisie du

■ Dumouriez, Mémoires, t. II, p. 117.

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